Genève

03 octobre 2016 19:55; Act: 04.10.2016 07:47 Print

Une offre d'emploi cause une vague anti-frontaliers

par David Ramseyer - Un électricien genevois s'est vu refuser sa postulation car il n'avait pas de certificats français. Émoi sur le web. Mais il s'agissait d'une erreur.

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(Photo: Simon Battensby)

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«Il faudrait traîner cette boîte en justice pour discrimination de travailleurs locaux», s'énerve un internaute. Un autre estime que la population locale est abandonnée. Un troisième utilisateur de Facebook juge que «les boîtes temporaires (...) préfèrent largement les frontaliers». Objet de leur courroux: le sort d'un Genevois doté d'un CFC (certificat fédéral de capacité) d'électricien qui a dernièrement postulé pour un emploi au bout du lac. L'ouvrier a envoyé son offre auprès d'une entreprise de travail temporaire, via la plateforme jobup.ch. Il a reçu une réponse surprenante: sa candidature a été rejetée car il n'avait pas de diplômes... français, tels qu'un CAP, un BAC ou un BEP.

De nombreux messages anti-frontaliers sont alors apparus sur les réseaux sociaux en fin de semaine dernière. Leurs auteurs voyaient dans ce refus une discrimination envers un travailleur genevois. La société recruteuse a aussi été clouée au pilori sur le web.

Malheureuse manipulation

Sauf qu'il s'agissait d'une erreur de saisie informatique et jamais la société BM Emploi SA n'a sciemment évincé les postulants locaux. La porte-parole de jobup.ch confirme que le CFC figurait en tête de liste d'un des quatre diplômes requis dans l'offre d'emploi. «Mais en remplissant son annonce sur notre site, l'entreprise a fait une fausse manipulation, précise Fanny Comba. C'est comme si les postulants devaient avoir tous les certificats!» Conséquence: l'ensemble des prétendants au poste a reçu une réponse négative. L'annonce a été rapidement retirée, puis corrigée. Les candidats, eux, ont été rappelés.

Pas de réactions face aux attaques

L'entreprise BM Emploi SA, basée à Yverdon (VD) et qui possède une filiale à Genève notamment, admet son erreur informatique. «Oui, on s'est trompé dans la mise en page de notre annonce, note son codirecteur Hervé Borne. Bien évidemment, les CFC figurent toujours dans nos critères d'embauche. Nous ne faisons pas de discrimination et nous ne pourrions pas nous permettre de tricher».

La société assure ainsi être régulièrement contrôlée et appliquer les conventions collectives de travail. Elle n'a pas souhaité commenter les attaques dont elle a fait l'objet sur les réseaux sociaux.