Genève

08 avril 2019 22:00; Act: 08.04.2019 22:10 Print

Une vingtaine de policiers suspectés de corruption

Le quartier chaud des Pâquis est l’épicentre d’un scandale qui éclabousse les forces de l’ordre. Des agents auraient tissé des liens avec un proxénète.

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Image d'illustration. (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Le téléphone du patron d’une enseigne érotique des Pâquis doit donner des cauchemars à plusieurs agents genevois. Car ce smartphone contiendrait des dizaines de messages, des photos mais aussi des vidéos, tous aussi compromettants les uns que les autres pour une vingtaine d’agents, a révélé samedi le site ghi.ch. Gendarmes, policiers municipaux ou membres du Groupe prostitution seraient mouillés, a renchéri hier rts.ch. Les documents ont été dénichés par la brigade de criminalité informatique, elle-même sollicitée par la Brigade financière.

C’est en effet cette dernière qui a soulevé le lièvre. Alertée par les rentrées fiscales plus que modestes déclarées par le proxénète, elle a décidé d’enquêter plus à fond. Et le téléphone a parlé. Pour le malheur des amis du patron du sex center. Ces policiers sont poursuivis pour, notamment, soupçons de corruption, violation du secret de fonction et acceptation d’un avantage.

L’Inspection générale des services de police (IGS) a ouvert une vaste enquête qui risque de faire des vagues. Certains prévenus auraient notamment participé financièrement à la location d’appartements pour des prostituées. Pour de l’argent, d’autres auraient recruté des filles de joie pour le compte de leur copain proxénète. Ce dernier aurait même fourni aux agents jeunes femmes et alcool pour des partouzes, dont certaines auraient été filmées, détaille le site de la RTS. Même un membre de l’IGS serait mouillé dans ce scandale. Ces dérapages se seraient produits durant près de six ans.

(frs)