Genève

29 septembre 2019 17:50; Act: 30.09.2019 10:07 Print

Vague blanche en mémoire du petit Thomas

par Léonard Boissonnas - Un millier de personnes environ ont participé dimanche à une marche en souvenir du garçon retrouvé mort dans le Rhône. Le corps de son père aurait été découvert plus tôt dans le fleuve.

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Vive émotion ce dimanche après-midi lors de l’hommage rendu à Thomas, le garçon de 4 ans retrouvé sans vie à la hauteur du barrage de Verbois, il y a une semaine, après une journée passée avec son père. Près d’un millier de personnes se sont rassemblées à 13h30 sur la plaine de Plainpalais pour une marche blanche, à l’appel de la famille du petit. Le cortège s’est ensuite dirigé dans le calme et presque silencieusement en direction de Lancy, sur la place du Premier-Août, située devant le cimetière où a été enterré Thomas, vendredi. C’est là que la mère du garçon, très émue, a pris la parole. Elle a remercié «la famille, les amis, les anonymes», qui l’ont soutenue depuis cette «tragédie».

«Nous avions donné l'alerte»

La maman a poursuivi son discours en mettant en cause les autorités «qui se reconnaîtront» et qui, selon elle, avaient été averties: «Nous avions donné l’alerte, a-t-elle dit. Beaucoup ont entendu notre petit ange pleurer, beaucoup ont entendu les propos et les intentions horribles de cet agresseur envers moi mais aussi envers notre petit ange Thomas. Ne restez plus impassibles. Agissez et protégez les enfants. Aujourd’hui vous êtes peut-être témoins de situation semblable, où la haine peut mettre en danger la vie d’un enfant. Rendons-nous compte que garder le silence, c’est aussi être complices. Combien faudra-t-il de petits Thomas pour que les autorités agissent?», s’est-elle interrogée, avant de remercier les participants et d’aller se recueillir au cimetière avec ses proches, dans l’intimité. Un lâcher de ballons blancs a clôturé la marche.

Au sein de la foule, proches, anonymes, voisins, étaient quasiment tous vêtus de blanc. Certains tenant un bouquet de fleurs blanches à la main, d’autres affichant un portrait de Thomas sur leur T-shirt. Tous tenaient à être présents en souvenir de l’enfant, mais aussi en soutien aux proches, à l’image de Wilfried, trentenaire qui a vu l’invitation sur Facebook: «Je suis venu pour rendre hommage à la famille, dit-il. C’était un petit garçon, c’est horrible. La cruauté humaine n’a pas de limite. Faire cette marche, c’est faire preuve d’humanité.»

«Tous unis dans notre communauté»

Marisa, habitante d’Onex, où vivait le père de Thomas, est venue accompagnée de sa fille, de son beau-fils et de ses petits-enfants. Elle est encore sous le choc : «C’est de la folie tout simplement, une catastrophe, juge-t-elle. Dans notre quartier, tout le monde en parle. Nous sommes venus, car si on ne peut rien faire, au moins nous pouvons montrer que nous sommes présents.» Portugaises, Maria et Palmira sont venues par solidarité: «Nous ne sommes pas des proches, mais nous sommes tous unis dans notre communauté, expliquent-elles. Nous avons aussi des enfants et des petits-enfants, ça nous touche. Dans ce genre d’histoire, les parents se disputent et ce sont les enfants qui paient.»

Egalement présent, le conseiller administratif de Lancy, Damien Bonfanti, est venu en tant qu’autorité, mais aussi en tant que père, explique-t-il: «Ce geste est incompréhensible, déclare-t-il. Nous avons été informés mercredi. C’était un enfant du quartier de la Chapelle. Il était scolarisé à l’école Le Sapay. Le conseil municipal a observé une minute de silence à sa mémoire, jeudi. Nous sommes tous fortement peinés. Malheureusement, on vit dans une société compliquée. Maintenant, il faut voir si on peut éviter ce type de situation et s’il est possible de repérer des signes avant-coureurs.» Bella, restauratrice, connaît les grands-parents de Thomas: «C’est malheureux, déplore-t-elle. J’ai appris la nouvelle lundi matin par un ami de la famille. Dans la communauté portugaise, tout le monde est très choqué. J’ai assisté à l’enterrement vendredi et je suis venue car, étant moi-même maman, c’était important d’être solidaire avec la mère de Thomas.»