Contestation

04 mars 2011 17:00; Act: 04.03.2011 18:03 Print

Vent de révolte sur la mosquée genevoise

Une bagarre a eu lieu vendredi à midi à la mosquée du Petit-Saconnex. La révolution de Jasmin fait des émules dans le canton.

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La prière du vendredi a été perturbée à la mosquée de Genève. (Photo: Keystone)

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Il y a comme un vent de contestation qui souffle sur la mosquée de Genève. Vendredi midi, des échauffourées ont eu lieu dans l'enceinte même du lieu de culte et à la sortie de la prière, selon le site de la «Tribune de Genève». En cause: la direction serait trop proche de l'Arabie Saoudite et de la Ligue islamique mondiale.

La bagarre a débuté lorsque Youssef Ibram a été empêché de prêcher. «Des membres de la communauté égyptienne m'ont agressé et ont déchiré ma djellaba», confirme l'Imam. «Plusieurs véhicules de police se sont rendus sur les lieux avant que la situation ne se calme vers 14h», indique Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police.

«Antécédants»

Un témoin de la bagarre raconte: «C'était déplorable. Cela dur depuis plusieurs années. Mais aujourd'hui, les fidèles en ont assez. Ils veulent vivre leur foi en toute liberté. C'est une contestation citoyenne.»

Selon nos informations, ces tensions sont nés il y a deux semaines, après le prêche d'un Imam souhaitant ouvertement une réforme de la mosquée. Une altercation a même eu lieu la semaine dernière déjà, alors que des tracts étaient distribués.

Au centre de la contestation: la Ligue islamique mondiale et le consulat d'Arabie Saoudite, accusé d'être le tuteur des Imams et d'avoir installé des caméras de surveillance dans la mosquée.

Au contraire, pour Youssef Ibram, cette affaire a trait au licenciement des anciens cadres de la fondation culturelle islamique du Petit-Saconnex. «Depuis plus d'un an, je ne prêche plus le vendredi à la mosquée, mais au consulat d'Arabie Saoudite, seul lieu qui m'accueille à Genève», indique-t-il.

Dépôt de plainte?

L'Imam conclut: «Des proches m'ont recommandé de porter plainte contre mes agresseurs. J'hésite encore.»

«La situation est bouillante, estime un fidèle. Je pense que ça ne va pas s'améliorer à l'avenir. Dans les couloirs de la mosquée, on peut déjà entendre "Direction dégage".»

(rle/sha)