Culture

03 février 2011 16:54; Act: 03.02.2011 17:38 Print

Vernier et Meyrin veulent une Usine bis

par Raphaël Leroy - Les deux communes genevoises se mobilisent pour ériger un espace culturel alternatif. Le manque d'offre est pointé du doigt.

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L'espace devrait accueillir des concerts et des soirées ainsi que des lieux de création. (Photo: Keystone)

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Implanter un lieu de culture alternative autogéré entre Vernier et Meyrin: c'est le souhait de plusieurs conseillers municipaux écologistes des deux villes genevoises. Au cœur de cette idée, un constat: la population des deux communes ne cesse d’augmenter avec plus de 50’000 habitants aujourd’hui alors que l’offre culturelle alternative est en chute libre. Mardi, le Conseil municipal de Vernier a donc suivi celui de Meyrin en acceptant une motion «pour un espace culturel intercommunal.»

L'exemple: l'Usine

«Concrètement, il s’agit de créer ou de réhabiliter une halle en une salle de concert de 500 à 1’200 places et éventuellement d’y inclure des locaux de répétions, d’exposition et de théâtre», indique Damien Boccard, Conseiller municipal à Meyrin. «Le meilleur fonctionnement de ce type de lieux est l’autogestion avec un subventionnement intercommunal, poursuit-il. L’exemple à suivre est celui de l’Usine.» Un espace soutenu à hauteur de 1,2 millions de francs par la Ville de Genève. Quant à l’emplacement des locaux, ils pourraient se situer dans le futur dépôt des TPG à Cointrain, au bout de la piste de l’aéroport.

Certes, des lieux festifs existent déjà dans ces deux villes, comme le Moa, Weetamix ou l’Undertown. «Mais ils ne sont pas alternatifs à proprement dit et ne proposent pas de locaux de création», pour Leyla Ahmari, Conseillère municipale à Vernier. «Il s’agirait aussi de répondre aux nuisances des jeunes par la mise à disposition de moyens d’expression plutôt que par la répression», selon elle.

Divergences de vues

Du côté du Conseil administratif verniolan, on soutient majoritairement la démarche. Le Maire, Thierry Apothéloz, parle de collaboration «intéressante et pertinente» en matière culturelle, avant de rappeler que les deux villes collaborent déjà pour l’accueil familial. En revanche, sa conception du futur lieu alternatif diffère radicalement de celle des parlementaires. «Les lieux de fêtes ou d’exposition existent déjà à Vernier et Meyrin. En revanche, les lieux de création n’existent pas. C’est là que l’on doit agir!» Et le Maire de prendre en exemple les ateliers du BAT 43 à la route des Acacias. De son côté, le magistrat en charge de la culture, Thierry Cerutti, applaudit la démarche intercommunale mais s’inquiète de voir arriver une certaine «faune» sur sa commune.

Reste que le futur établissement ne devrait pas voir le jour avant plusieurs années. La balle est désormais dans le camp de la commission de la culture de Meyrin et dans celles du Conseil administratif de Vernier qui est invité à prendre contact avec les autorités meyrinoises pour identifier d’éventuels partenaires pour le projet.