Affaire Tariq Ramadan

09. September 2019 11:30; Akt: 09.09.2019 13:00 Print

Victime genevoise: «Son visage s'est transformé»

L'islamologue suisse, inculpé pour des viols qu'il réfute, a lancé une contre-offensive médiatique la semaine dernière. Dimanche, le témoignage de sa victime genevoise a été diffusé dans la presse française.

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«Brigitte» a raconté à «Libération» une nuit de sévices subie en 2008 dans la chambre d'un hôtel genevois. Le journal français avait rencontré la plaignante suisse grâce à l'aide d’une autre plaignante au mois de juillet 2018.

Celle qui est désormais quinquagénaire accuse Tariq Ramadan de l'avoir piégée, brutalisée et violée une nuit entière, du 28 au 29 octobre 2008. «Il ne faut pas perdre de vue que nous, victimes, nous avons été séduites par Tariq Ramadan (...) Nous avons brutalement découvert l’imposture. Avant les autres!».

Elle décrit un traquenard subi dans un luxueux hôtel genevois. L'islamologue aurait prétexté le besoin de repasser son costume pour monter avec «Brigitte» dans sa chambre. Une fois entrée, le calvaire a commencé pour la Genevoise, convertie durant son adolescence à l'islam. «Au moment où il s'est redressé, son visage s’est transformé», raconte-t-elle.

«Il m'a alors redemandé si j'étais des RG»

Après avoir été basculée sur le lit, elle a tenté de repousser son agresseur. «Il me disait qu'il n'y avait que deux catégories de femmes qui refusaient d'embrasser: les prostituées et les espionnes. Il m'a alors redemandé si j'étais des RG (ndlr: les renseignements généraux, soit les services secrets français). Je n'ai pas crié de peur qu'il me frappe. Il s'est mis à m'insulter. J'ai eu peur de mourir. J'étais terrifiée et paralysée.»

«Brigitte» pensait que son calvaire prendrait fin lorsque Tariq Ramadan s'endormirait: «Il ne dort jamais. Il y avait des pauses et puis les violences redémarraient.» Après une nuit de violences et d'humiliations, elle est finalement parvenue à s'enfuir au petit matin. Si elle n'a pas porté plainte plus tôt, la Genevoise explique qu'il a été dans un premier temps «impensable» d'aller voir la justice. «J'étais persuadée qu’on ne me croirait pas.» Passée cette phase de culpabilisation, «tu te demandes pourquoi tu es montée, tu te dis que tu l'as peut-être un peu cherché…», la Genevoise a commencé à poster anonymement son histoire sur le net, avant de se rendre compte qu'elle n'était pas la seule.


«Brigitte» dit avoir eu un déclic en février 2018, au moment de la garde à vue de l'islamologue et de sa mise en examen.

(cga)