Genève

19 mars 2019 07:03; Act: 08.05.2019 14:01 Print

Voyage virtuel dans le temps à la Maison Tavel

par Maria Pineiro - Grâce à la numérisation de la maquette Magnin et à un dispositif technologique de réalité virtuelle les visiteurs seront immergés dans la Genève de 1846.

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C'est à un véritable voyage dans le temps que la Maison Tavel invite ses visiteurs entre mi-avril et mi-juillet. Au programme, une immersion virtuelle et totale dans Genève en 1846. L'occasion de vivre la révolution Fazyste au plus près.

Pour ce faire, rien n'a été ménagé grâce à la collaboration entre la Ville et la Fondation Artanim. Le visiteur plongera dans l'histoire genevoise grâce à une batterie de matériel technologique: lunettes de réalité virtuelle, casque, capteurs et ordinateur embarqué sur le dos. Pour rendre l'immersion encore plus impressionnante, la salle sera équipée de ventilateurs, vibreurs, diffuseurs d'odeurs et autres dispositifs vibrants. «C'est époustouflant de réalisme. A tel point qu'à la fin, on n'a plus envie d'enlever le masque», s'enthousiasme David Matthey, médiateur culturel du Musée d'art et d'histoire.

On s'y croit vraiment

Chaque visiteur, par groupe de quatre, aura son avatar numérique. L'aventure débute au sommet du Salève, avec l'invitation à monter dans une diligence, direction la cité de Calvin. «On a recréé un engin motorisé qui reproduit les secousses du trajet», détaille Caecilia Charbonnier. La cofondatrie d'Artanim qualifie l'expérience de la Maison Tavel de «fiction historiquement juste». «On s'y croit vraiment», complète David Matthey qui a testé le dispositif.

Le groupe arrive à Genève la veille de la révolution emmenée par James Fazy qui verra la ville entrer dans la modernité tant sur le plan politique qu'urbanistique. Tout au long de l'expérience, les participants peuvent entrer en interaction avec les passants et leurs compagnons de voyage. Une partie du parcours se déroule de nuit, avant que les remous sociaux ne forcent les visiteurs du futur à repartir précipitamment par montgolfière le matin venu.

Pour monter ce projet, la Ville de Genève a collaboré avec la Fondation Artanim qui a travaillé sur les images numérisées du relief Magnin (ndlr: maquette en 3D de Genève en 1850). «Nous y avons ajouté les décors, les passants ou encore les intérieurs», souligne Caecilia Charbonnier. Le projet a pu se concrétiser notamment grâce à la volonté du Département de la culture de mettre ce travail en open data.

Pas un gadget

Attention toutefois à ne pas confondre cette expérience de réalité virtuelle avec un jeu. «Il n'y a pas de points à gagner, image David Matthey. Il s'agit d'une expérience de réalité virtuelle construite par des spécialistes de la période.» Le médiateur insiste sur le lien entre le relief Magnin et l'expérience. «Ne pas les présenter sur le même site n'aurait pas eu de sens. Nous avons également enrichi l'aspect virtuel de documents d'époque, comme des images d'illustration. La réalité virtuelle n'est pas un gadget, elle peut être pertinente dans le cadre d'un musée, c'est une manière de donner à voir, à comprendre l'histoire avec des moyens contemporains.»

L'expérience dure quelque 15 à 20 minutes, sans compter la préparation. L'entrée se fait par groupes de quatre et est au prix de 10 fr. sur réservation. Une fois le temps d'exposition terminé, le dispositif voyagera en Europe.