Ville de Genève

08 novembre 2018 17:59; Act: 09.11.2018 13:13 Print

«Je n'ai pas additionné des bouteilles de champagne»

par Jérôme Faas - Manuel Tornare, ex-conseiller administratif de la Ville, explique que tous ses frais professionnels étaient justifiés et utiles à la collectivité.

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Manuel Tornare a été conseiller administratif de la Ville de Genève de 1999 à 2011. (Photo: Keystone)

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Accusé par la Cour des comptes d’une gestion très laxiste de ses notes de frais en 2017, le Conseil administratif a rendu publique ce jeudi matin la totalité des dépenses professionnelles de ses membres au cours des dix dernières années - soit la période 2007-2017. Selon les chiffres issus de ces tableaux, à la moyenne annuelle des frais remboursés, Manuel Tornare (PS) est l’élu le plus dépensier avec 41’700 francs, suivi par Guillaume Barazzone (PDC/38’800 fr.) et Sami Kanaan (PS/29’000 fr.).

Placé malgré lui sous le feu des projecteurs, l’ancien conseiller administratif Manuel Tornare affirme en préambule que tous ces frais sont justifiés. «Tous ont fait l’objet d’un double contrôle que j’avais mis en place dans mon département.» Il précise ensuite qu'il a toujours refusé de posséder une carte de crédit de la Ville. «Car après, il y a toujours un moment, un jour ou l’autre, où vous oubliez votre carte personnelle et où vous utilisez l’autre. C’est trop dangereux.»

Il est aussi utile de préciser que le tableau fourni par l’Exécutif présente des dépenses, mais qu’il est impossible d’en déduire leur caractère abusif ou non. Ainsi Sami Kanaan, relativement dépensier, sort-il blanc comme neige de l’audit de la Cour des comptes.

Voyages à l'étranger

Sur le fond, Manuel Tornare indique d’une part qu’il voyageait beaucoup pour le compte du Conseil administratif. Il s’est notamment déplacé plusieurs fois à Shanghaï, pour l’Exposition universelle, où Genève, Bâle et Zurich avaient obtenu un stand. Il assurait aussi la gestion de l'association internationale des maires francophones à Paris. «J’étais délégué par le Conseil administratif pour le représenter à l’étranger.»

Dépenser un peu pour recevoir beaucoup

Il souligne d'autre part que ses frais de représentation, qui tournent autour de 10’000 francs par an, total plus élevé que celui de la majorité de ses collègues, sont aussi l’illustration d’une méthode. «Je faisais beaucoup de déjeuners de travail. A mon sens, on arrive mieux à convaincre les gens autour d’une table qu’en leur envoyant des courriers comminatoires.» Et de citer un don de 400’000 francs pour rénover l’Orangerie de Mon-Repos ou un héritage de 2,5 millions récupéré au profit de la Ville. «Si vous croyez que je n’ai pas dû aller manger avec des gens pour cela…»

«Ni poupées gonflables ni champagne»

Et de conclure. «Tous ces frais étaient légitimes et légitimés. Je n’ai pas additionné de poupées gonflables à des bouteilles de champagne. Tout cela s’est déroulé dans un cadre institutionnel. Genève est une ville internationale, et cela nous rapporte. Si on décide de ne plus sortir de nos murs, de se replier sur nous-mêmes comme l’UDC le préconise, il faut le dire!»