Soupçons de fraude électorale (GE)

09 mai 2019 16:18; Act: 10.05.2019 08:15 Print

L'Etat ne remet pas en cause le scrutin du 19 mai

par Jérôme Faas - La chancellerie ne dispose pas d'élément susceptible de vicier le vote. Les Verts s'inquiètent que les employés n'aient pas pu s'exprimer en interne.

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Les opérations électorales du 19 mai sont maintenues. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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«Concernant la votation du 19 mai, aucun élément porté à notre connaissance, en l'état, ne remet en cause l'intégrité et le bon déroulement du scrutin.» La chancellerie d'Etat a réagi par communiqué, ce jeudi après-midi, à la perquisition menée jeudi matin dans les locaux du Service des votations. Pour rappel, le Ministère public y avait diligenté une perquisition, dans le cadre d'une procédure ouverte pour des soupçons de fraude électorale. Autrement dit, pour l'heure, le report ou l'annulation du scrutin gargantuesque de la mi-mai, qui porte sur de nombreux sujets cantonaux (caisse de retraite des fonctionnaires, imposition des entreprises, assurance-maladie, notamment) et fédéraux (imposition des entreprises, loi sur les armes, entre autres) n'est pas à l'ordre du jour. Le Conseil d'Etat, lui, ne s'exprime pas.

Cour des comptes en attente

Président de la Cour des comptes (qui a récolté les témoignages initiaux des dénonciateurs, des employés du Service des votations désignant un de leurs collègues), François Paychère indique «ne pas être en mesure de dire si des mesures ont été prises pour assurer la régularité de cette opération électorale». La Cour a très rapidement transmis l'affaire à la justice, dès lors, «nous n'avons pas eu les moyens de nous faire une idée de l'ampleur de la fraude, ni de déterminer si des opérations passées ont été faussées.»

Pour François Paychère, «c'est la chancellerie qui est garante du bon déroulement du scrutin, ainsi que la commission électorale centrale, composée d'un membre par parti». La Cour des comptes, pour l'heure, n'investiguera pas plus avant, afin de ne pas doublonner avec l'enquête judiciaire. Mais après coup, elle pourrait être amenée à faire un audit. «Si on nous le demandait, on étudierait cette possibilité. Se poserait alors la question de savoir si on est outillé pour le faire.»

«Il faut aller au bout du scrutin»

Jean Romain, le président PLR du Grand Conseil, estime pour sa part que «l'on ne peut pas imaginer faire quoi que ce soit sur la votation du 19 mai. Il faut d'abord vérifier si le soupçon est raisonnablement fondé. On ne va pas suspendre tout ce qui est dans le pipeline pour le moment. Sur ce scrutin, en tout cas, vu tous les efforts déployés par les partis pour expliquer les enjeux, il faut aller au bout.»

Les partis, pour l'heure, sont discrets. Le MCG exige que toute la lumière soit faite, l'UDC considère que la démocratie est en danger et demande des comptes au Conseil d'Etat. Gérard Deshusses, président du PS, juge que c'est à la chancellerie de décider des suites à donner, vu l'absence d'éléments en sa possession. «En tant que parti, on en reste là. Wait and see, on ne peut rien dire de plus, si ce n'est qu'on est très attentif et très inquiet.»

Les Verts inquiets de l'omerta interne

Le président des Verts, Nicolas Walder, estime que, sans connaître l'ampleur de la fraude, il est impossible de savoir si la votation doit avoir lieu. Mais il juge «préoccupant qu'il ait fallu attendre que la Cour des comptes soit saisie par des employés» pour que l'affaire sorte. «Que ces collaborateurs n'aient pas pu s'exprimer au sein du Service des votations inquiète. J'attends que le Conseil d'Etat prenne des mesures pour qu'en interne, si un employé découvre une malversation, il puisse s'en ouvrir à sa hiérarchie.»

Le président du PDC, Vincent Maitre, se dit pour sa part confiant. «La perquisition ne tombe pas du ciel. J'imagine que si la justice a des indices suffisants, elle prendra immédiatement les mesures conservatoires nécessaires pour garantir la sécurité du scrutin du 19 mai. On en attend également de même du Conseil d'Etat. C'est la priorité absolue.»