Genève

25 avril 2019 20:30; Act: 25.04.2019 20:30 Print

Des pigeons tués à la carabine en pleine rue

par Jérôme Faas - La semaine passée, des employés des CFF ont tiré sur des volatiles. Ils en avaient le droit. La pratique, réglementée, est rare à Genève.

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Un homme qui tire au fusil sur des pigeons cachés dans le passage sous-voies de la gare, à côté de l'hôtel Cornavin, voilà qui n'est pas banal. Filmée dans la nuit du 17 au 18 avril par un lecteur, la scène l'a interpellé: que faisaient ces employés du «service de l'hygiène» des CFF? Gottlieb Dandliker, inspecteur cantonal de la faune, explique que l'activité, très rare au bout du lac, poursuit un but de salubrité publique: empêcher les volatiles de remplir un lieu de leurs excréments, nocifs en matière d'hygiène.

Le tir de pigeons nécessite le feu vert du canton et doit être effectué par des professionnels, garantissant que l'animal soit tué sur le coup et que le public soit en sécurité. «A Genève, on autorise cette activité de manière très restrictive», indique Gottlieb Dandliker. Le canton compte quelque 2300 couples de pigeons nicheurs, qui font plus de 5000 petits par an. Autant dire que les réguler par balles relèverait de la mission impossible. «Le plus efficace, c'est de limiter la nourriture. Malgré la loi interdisant de nourrir les animaux sauvages, il y a des gens qui le font beaucoup trop», observe l'inspecteur de la faune.

Il existe cependant quelques cas particuliers et exceptionnels où l'usage d'une carabine 22 long rifle se justifie, «lorsque les oiseaux représentent une nuisance majeure et qu'il n'existe pas d'autre moyen de lutter contre». Les CFF bénéficient ainsi d'une autorisation annuelle pour tirer les pigeons sur leur domaine, de même que l'Aéroport de Genève et les TPG. En 2018, 22 pigeons ont été tués à Cornavin, 23 à Cointrin, et un à Lancy Pont-Rouge.