Ville de Genève

17 avril 2019 15:31; Act: 18.04.2019 07:37 Print

Comme le Canton, la Ville touche le jackpot

par Jérôme Faas - Les comptes 2018 des collectivités publiques genevoises sont florissants. La Municipalité a présenté ce mercredi un excédent de 93,6 millions.

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Sandrine Salerno, conseillère administrative chargée du Département municipal des finances et du logement. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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Mêmes causes, mêmes effets: la Ville de Genève s'appuyant sur les estimations fiscales du Canton, quand ça rigole à la tour Baudet, ça se gondole au Palais Eynard. Puisque fin mars, le Canton avait présenté des comptes 2018 bien plus riants que prévu (excédent de 222 millions alors qu'était budgété un déficit de 187 millions), il était prévisible que la Municipalité allait profiter de chiffres similaires. C'est chose faite. Ce mercredi, elle a présenté un résultat positif de 93,6 millions, alors que son budget était à l'équilibre.

Comme à l'Etat, les rentrées fiscales se sont révélées bien meilleures qu'escomptées. Les impôts des personnes physiques ont rapporté 51,4 millions de plus que prévu (+9,3%), alors que ceux des personnes morales - les entreprises - ont bondi de 30,8 millions (+17,4%). L'explication de cette bonne fortune est double: d'une part, la conjoncture qui repart à la hausse, un effet particulièrement visible depuis 2017 pour les sociétés. D'autre part, les correctifs apportés aux dix dernières années, qui «rapportent» plus de 35 millions.

Régularisations de fraudeurs

La conseillère administrative Sandrine Salerno attribue cette dernière manne aux régularisations des fraudeurs. «Cet effet est lié à l'entrée en vigueur de l'échange automatique des données et à la possibilité d'avoir, une fois dans sa vie, droit à une amnistie fiscale.» Plusieurs contribuables ont manifestement choisi cette option, qui a également un effet positif sur les loyers encaissés par la Gérance immobilière municipale.

RFFA, la réforme qui fait peur

Nantie de 93,6 millions inattendus, la Ville a néanmoins joué la carte de la prudence. Le Conseil administratif a choisi d'affecter 82,2 millions à la réserve conjoncturelle créée l'an passé et déjà lestée de 22,4 millions. L'idée est d'anticiper les déficits que la Municipalité prévoit en cas d'acceptation par le peuple, en mai, de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA). Ces pertes sont évaluées à 90 millions sur cinq ans, de 2020 à 2024. «Nous verrons si les effets de la réforme fiscale seront catastrophiques comme le prédit la gauche», expose la socialiste Sandrine Salerno. «En tout état de cause, ces déficits, on pourra les mettre à zéro en utilisant cette réserve conjoncturelle.»