Genève

06 mars 2019 20:45; Act: 07.03.2019 09:26 Print

Future patinoire: «Il faut avancer à pleine vitesse»

par David Ramseyer - Le site pour édifier l'écrin du GSHC au Trèfle-Blanc a toujours la cote, alors que l'Etat y a écarté le projet privé étudié depuis des années.

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(Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Les mirages n'apparaissant pas que dans les déserts surchauffés, mais aussi sur la glace. Le projet de future patinoire du Genève-Servette HC (GSHC), au Trèfle-Blanc à Lancy (GE), s'est évanoui. Enlisé, peu lisible, le complexe à 300 millions porté par des investisseurs canadiens n'a pas convaincu le conseiller d'État chargé des sports. Thierry Apothéloz l'a recalé, a révélé la «Tribune de Genève».

Le magistrat entend cependant remettre rapidement l'ouvrage sur le métier. La future patinoire est une «priorité» pour lui, et le Trèfle-Blanc reste «l'unique site envisagé, souligne Henri Della Casa, porte-parole du conseiller d'État. La majeure partie des parcelles concernées est aujourd'hui propriété du Canton». D'ici à la fin de l'été, Thierry Apothéloz souhaite que le choix du financement - public, privé ou mixte - soit entériné, «pour avancer sans délai dans le projet de construction». Les Vernets, où évoluent les Aigles, ne répondent plus aux exigences de la Ligue suisse de hockey.

Plusieurs options

Pour le GSHC, les choses sont claires. Comme pour l'État, le site du Trèfle-Blanc reste «une priorité absolue, proclame ainsi le directeur général du club, Christophe Stucki. Les infrastructures nécessaires, notamment en matière de mobilité, y existent déjà». Mais sur le projet en lui-même, la maison grenat se dit ouverte à toutes les options. Elles vont d'une patinoire seule, à un grand complexe «avec un concept novateur, pour autant que le business plan tienne la route et garantisse des conditions-cadres correctes pour le club».

La liste de voeux de Genève-Servette pour son futur écrin comporte tout de même quelques incontournables: une capacité de 10'000 spectateurs et davantage de loges VIP qu'aux Vernets. Mais surtout, «le grand public devra bénéficier de meilleures conditions que maintenant en matière de visibilité depuis les tribunes, de sécurité, d'accueil, de bars et de toilettes», insiste Christophe Stucki.

Sur le mode de financement du projet, le GSHC n'a pas de préférences. Par contre, il espère que le dossier avancera «à pleine vitesse». En matière d'infrastructures, «nous sommes derniers de la classe au sein de l'élite suisse, note le directeur général. La Ligue fait monter la pression. Elle nous a déjà demandé des éclaircissements en vue de l’obtention de la licence pour la saison prochaine». Un sésame que les instances nationales de hockey pourraient refuser au club, si aucun projet sérieux ne lui est présenté d'ici l'été? «Je n'en sais rien, lâche Christophe Stucki. Ce qui est sûr, par contre, c'est qu'elles risquent d'exiger à court terme une nouvelle adaptation des Vernets. Cela représentera évidement des coûts supplémentaires et inutiles.»

Rester sur place?

Certains souhaitent cependant que les Aigles continuent de voler au bord de l'Arve. Dans un projet de motion, daté du 5 février dernier, le conseiller municipal PLR Simon Brandt propose la construction d'une seconde grande patinoire aux Vernets, à la place des locaux actuels de la voirie. Celle-ci pourraient en effet devoir quitter les lieux, dans le cadre du plan urbanistique Praille-Acacias-Vernets. «Dans ce cas, pas besoin d'acheter ou de déclasser les terrains, car ils appartiennent déjà à la Ville, argumente l'élu. On pourrait aussi mutualiser l'entretien des deux surfaces de glace.»

Cette option avait déjà été étudiée avant le projet du Trèfle-Blanc, relève le conseiller administratif chargé des sports, Sami Kanaan. «Sauf qu'il n'y a aujourd'hui aucune solution concrète pour reloger la voirie. Cela pose donc un problème de timing. Reconstruire aux Vernets pourrait prendre beaucoup de temps.»