Genève

23 juin 2019 14:31; Act: 23.06.2019 15:30 Print

Un projet pour corriger la loi sur la police

par Jérôme Faas - Ensemble à Gauche a déposé au Parlement un texte que portent aussi les Verts, l'UDC et le MCG. Objectif: en finir avec l'organisation en silos.

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Ensemble à Gauche veut rétablir la gendarmerie. (Photo: Keystone/Martial Trezzini)

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Un projet de loi visant à modifier l'actuel texte sur la police (très critiqué par les troupes et qui avait été adopté par le peuple avec 54 voix d'écart en 2015) sera débattu jeudi en commission parlementaire. Ce projet, dont le dépôt intervenu le 14 mai est passé inaperçu, émane d'Ensemble à Gauche (EàG). Fait notable, il a aussi été signé par des députés des Verts, du MCG et de l'UDC. Réunis, ces quatre partis pèsent 43 sièges sur 100 au Grand Conseil.

Le texte d'Ensemble à Gauche poursuit trois buts principaux: rétablir la gendarmerie, en finir avec l'organisation en silos (police-secours, police de proximité, police routière, police internationale) et rapatrier à Genève la formation des agents, à ce jour délocalisée à Savatan (VD).

La formation genevoise «de qualité très supérieure»

«Nous ne désirons pas revenir à la situation qui prévalait avant 2015, explique le député Jean Batou (EàG). Nous avons travaillé à amender les points les plus critiques de la nouvelle loi.» Il insiste sur sa volonté de voir disparaître les silos. «La distinction entre police de proximité et police-secours, notamment, est particulièrement absurde. Nous désirons garder les missions mais supprimer les services séparés avec des hiérarchies séparées.» Il veut aussi que Genève recommence à former ses policiers, car «de l'avis de tous, le cursus genevois était de qualité très supérieure à celui proposé actuellement».

«Pas de veto» de Mauro Poggia

Le fait que les députés du MCG aient signé ce texte tendrait à démontrer que le nouveau conseiller d'Etat chargé de la police, Mauro Poggia, lui-même MCG, est ouvert à la discussion. «En tout cas, il n'a pas donné un veto à ses élus», remarque Jean Batou.

Police sur le terrain, pas dans les bureaux

Quant à savoir si EàG, parti culturellement éloigné des forces de l'ordre, ne s'est pas fait instrumentaliser par les syndicats policiers, il conteste. «Ces points n'ont aucun rapport avec les revendications syndicales telles que salaires, heures supplémentaires, etc. Ce qui figure beaucoup dans notre texte, c'est que la police doit être sur le terrain et pas dans les bureaux. Nous avons beaucoup parlé avec eux d'une police citoyenne, qui réfléchit et ne se contente pas d'obéir. Il est positif que la police réfléchisse à sa mission de service public.»