Genève

08 novembre 2019 06:05; Act: 08.11.2019 09:13 Print

Pas d'aide avant des mois pour les aînés en détresse

par Jérôme Faas - Pro Senectute, qui croule sous une demande croissante, ne parvient plus à fournir vite un appui social aux seniors.

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La fondation suisse Pro Senectute (subdivisée en fondations et associations cantonales) fournit de nombreux appui aux aînés depuis 1917. (Photo: Keystone/Christian Beutler)

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«Comment peut-on laisser ainsi sans aide une vieille dame qui parle mal français?!», peste David. Ce proche d’Ana*, titulaire d’un permis C, retraitée depuis mars, relate qu’elle vit depuis avec 466 fr. d’AVS par mois (son loyer étant payé par ailleurs). Il y a peu, elle a sollicité Pro Senectute afin qu’un assistant social la guide. Elle attendra. «L’arrivée en grand nombre de nouvelles situations ne nous permet pas (...) d’envisager un délai d’attente à moins de trois mois», lui a-t-on répondu le 25 octobre. Pour David, «c’est un scandale!»

Directeur de l’association Pro Senectute Genève, Joël Goldstein ne louvoie pas. «En fait, trois mois, c’était il y a deux ans. Là, c’est quatre mois, quatre mois et demi. 124 personnes attendent. La semaine passée nous avons eu trois expulsions de logement et 60 personnes en coupure de droit aux prestations complémentaires. Tous les autres cas, on ne peut même pas les regarder.» C’est grave: des aînés comme Ana, à la situation «pas du tout enviable, risquent de sombrer dans la dépression et de déserter la vie administrative. Or, avec des budgets très serrés, le moindre retard de paiement peut déclencher un effet boule de neige catastrophique», observe Joël Goldstein.

Avec quatorze postes dédiés à la consultation sociale pour 2600 aînés suivis, il dit «avoir alerté les autorités que ne pouvons pas faire face. On a vu Thierry Apothéloz (conseiller d’Etat chargé du Social) en octobre. Le canton réalise qu’il nous faut plus de moyens. On a bon espoir de pouvoir créer des postes d’assistants sociaux. Il nous en manque trois. On attend une réponse d’ici la fin de l’année.»

*prénom d’emprunt