Genève

21 novembre 2019 13:15; Act: 21.11.2019 13:15 Print

Camps de ski: le Canton face à un vrai casse-tête

par Jérôme Faas - La Cour des comptes demande à l'Etat de dissiper le flou autour des sorties à la neige, mises en danger par un arrêt du Tribunal fédéral.

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Les camps de ski coûtent au total entre 300 et 400 francs par enfant. (Photo: Keystone/Jean-christophe Bott)

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En matière de camps de ski, le Département de l’instruction publique (DIP) songe à réduire la voilure. «Clairement, la réduction de l’offre est une possibilité» si le financement de ces semaines à la neige devait être du seul ressort du canton, a indiqué ce jeudi la secrétaire générale Paola Marchesini. Son intervention faisait suite à la présentation, par la Cour des comptes, d’un audit sur la gestion de ces camps. Les magistrats estiment que l’actuel «flou» autour de leur organisation doit être dissipé.

L'arrêt du Tribunal fédéral, une épine dans le pied

Alors que les camps de ski, ainsi que l’a relevé la magistrate Isabelle Terrier, constituent «une activité quasi unanimement considérée comme importante pour le développement de l’enfant, notamment au niveau de ses compétences sociales», leur existence même se trouve menacée par un arrêt du Tribunal fédéral datant de décembre 2017. Celui-ci a jugé que tout ce qui est compris dans l’enseignement obligatoire de base doit être gratuit. Or, jusqu’à présent, le financement parental de ces semaines oscille entre 66% et 83% du total, avec un plafond par enfant fixé à 300 francs.

«Un enseignement fondamental ne peut être facultatif»

Pour l’instant, le DIP a trouvé une parade pour préserver cette activité destinée aux élèves de 10e année du cycle d’orientation. Rendre la participation «fortement recommandée» plutôt qu’obligatoire, «ce qui légitime la participation financière demandée au parents», explique Isabelle Terrier. Mais la Cour juge donc que ce bricolage ne peut perdurer et qu’une vraie politique doit être arrêtée. Le DIP doit fixer «les objectifs pédagogiques des camps en lien avec le Plan d’études romand (PER)». Autrement dit, «s’il s’agit d’un enseignement fondamental, alors il ne peut plus être facultatif. Si, au niveau politique, on décide que ces camps sont réellement importants, alors ils deviennent obligatoires.»

Le DIP fait donc face à un vrai casse-tête. D’une part parce que ces camps, jusqu’alors, «n’ont jamais eu un lien direct, explicite, avec le PER. Mais ils participent à la dynamique de groupe et à la découverte partagée», expose Paola Marchesini. Or, si le DIP désirait rétablir leur caractère obligatoire, «l’école devrait prouver qu’ils participent de manière indubitable au plan d’études».

Les camps pour compléter les heures de gym?

L’une des portes de sortie pourrait consister à s’appuyer sur la difficulté que rencontre aujourd’hui le DIP à offrir trois heures de gymnastique par semaine. La Confédération l’impose, mais l’école genevoise ne parvient pas à faire face à cette injonction, «par manque de salles de gymnastique». Dans ce cadre, «le camp pourrait compenser» intelligemment ce déficit, envisage la secrétaire générale.

Le DIP a donc mis sur pied un groupe de travail. Il planche actuellement sur les objectifs des sorties scolaires définis dans le cadre du PER, par conséquent leur nature obligatoire ou non et par ricochet leur financement. Les travaux se clôtureront début 2020.