Ville de Genève

21 novembre 2019 14:49; Act: 21.11.2019 19:26 Print

Huit heures payées pour cinq et demie travaillées

par Jérôme Faas - La Cour des comptes juge que la Municipalité doit harmoniser son système d'indemnités versées aux employés. Elle épingle la voirie.

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Les employés de la voirie préposés au ramassage des déchets sont rémunérés selon le principe "fini-parti". (Photo: Keystone/Salvatore di Nolfi)

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Les indemnités versées par la Ville de Genève à ses employés pour compenser les nuisances horaires (travail de nuit, du week-end, etc.) et autres inconvénients sont encore trop disparates. La Cour des comptes l'a constaté dans un audit qu'elle a rendu public ce jeudi. Elle a noté que le nouveau règlement, adopté par le Conseil administratif en juin et en cours de consultation syndicale, va dans le bon sens et devrait permettre d'économiser 2,8 millions. Elle a cependant encore identifié 2 millions supplémentaires d'économies potentielles.

La Cour a notamment observé que, selon les services, le travail de nuit débute à 18 heures, 19 heures, 20 heures ou 22 heures. Dans la même veine, les heures travaillées le week-end ne sont pas toutes rémunérées au même taux horaire.

Deux francs par porte fermée

Les juges ont aussi isolé des «principes d'indemnisation discutables». Il en va ainsi des indemnités pour horaire décalé dont bénéficient certains collaborateurs de la voirie lors du passage à l'heure d'été. De même, ils s'étonnent des indemnités spéciales vacances et absences, qui couvrent... la perte d'indemnité lors des vacances et des absences. Une autre indemnité accordée «sans fondement juridique suffisant» a été débusquée: celle versée aux concierges d'école pour fermer les locaux le soir, qui varie en fonction du nombre de portes (22 francs par soir plus 2 francs par salle occupée).

Huit heures payées, cinq et demie travaillées

La Cour s'est enfin penchée sur les employés du service Voirie Ville propre affectés à la levée des déchets. Ces quelque cinquante collaborateurs officient selon le principe du «fini-parti»: leur travail cesse une fois la tâche accomplie. Du coup, alors qu'ils sont rémunérés sur la base d'une journée de huit heures, ils n'accomplissent en réalité que cinq heures et demi en moyenne. Un potentiel d'économie de 1,6 million de francs se niche ici.

Le secrétaire général de la Ville de Genève, Gionata Buzzini, juge «difficile à expliquer» cette pratique «historique», et assure que le Département de l'environnement urbain et de la sécurité réfléchit au problème. «Mais changer n'est pas si facile que ça. Cela implique une réflexion globale sur l'organisation du travail.» En effet, rallonger les tournées suppose de faire rouler des camions au centre-ville durant l'après-midi; et confier des tâches additionnelles aux employés ne va pas de soi «compte tenu de leur formation».

La Ville de Genève a accepté sept des huit recommandations de la Cour des comptes.