Pays-Bas

17 mai 2017 22:03; Act: 17.05.2017 22:03 Print

Amsterdam allume son 1er «bordel municipal»

Un établissement autogéré a été lancé avec le soutien de la Ville dans son fameux quartier chaud.

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En dix ans, le nombre de vitrines a fortement diminué à Wallen. (Photo: Getty-Images)

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Wallen, épicentre de la prostitution à Amsterdam, a vu 14 nouvelles vitrines s’allumer mardi. My Red Light a ouvert ses portes. Les Néerlandais l’ont surnommé le «bordel municipal», mais les autorités assurent qu’elles n’ont joué qu’un rôle de facilitateur dans la création de cette structure unique en son genre. Son objectif: permettre aux travailleuses du sexe d’exercer leur métier en toute indépendance.

La prostitution est légale aux Pays-Bas, mais la régularisation se heurte au trafic d’êtres humains et au crime organisé. Depuis dix ans, la police a ainsi fermé nombre des légendaires vitrines où les femmes exposent leurs charmes. Conséquence: le prix des emplacements s’est envolé, obligeant les prostituées à payer des loyers exorbitants.

La mairie a tenté de briser le cercle vicieux. Grâce à son appui, My Red Light s’est installée dans quatre bâtiments confisqués à Charles Geerts, figure de la pègre. Une institution d’aide sociale y offre soutien et formations, aussi bien dans le domaine des massages que de la comptabilité.

De la prostitution «propre»?

«On est impatients, confie Marieke de Ridder, membre du comité. Si ça marche, on aura un tout nouveau modèle pour la prostitution.» Certains sont moins enthousiastes. «On ne peut pas savoir si une femme donne son argent à un proxénète, estime la chercheuse Karin Werkman. Les seuls bénéficiaires de cette opération sont les clients, qui peuvent se dire qu’ils profitent d’une prostitution «propre». Mais c’est une illusion.»

(arg)