Maire russe

25 février 2011 12:08; Act: 25.02.2011 12:47 Print

Il regrette de ne pas pouvoir fusiller les SDF

Le maire d'une ville russe de Sibérie orientale a créé vendredi une polémique après avoir regretté la veille devant les députés locaux de ne pas pouvoir fusiller les sans-abri.

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Interrogé sur les mesures à prendre face au nombre croissant des SDF à Tchita, le maire Anatoli Mikhalev, membre du parti Russie unie de Vladimir Poutine, a répondu: «Malheureusement, on n'a pas de licence pour tirer sur les sans-abri et on n'a pas de moyens légaux pour en venir à bout».

Réagissant aux critiques d'ONG et de la presse, il s'est justifié vendredi en disant qu'il s'agissait d'une «blague».

Le nombre de sans-abri en Russie est compris entre 150'000 et 350'000, selon le ministère de l'Intérieur, mais des experts estiment qu'ils sont de 1,5 à 4,2 millions sur une population totale de 141,2 millions d'habitants, selon des statistiques citées vendredi par le quotidien des affaires Vedomosti.

«Les fonctionnaires et les citoyens lambda ne se rendent pas compte de l'ampleur du problème», souligne Vedomosti dans un éditorial.

«L'Etat peut soit nettoyer les rues et les gares des SDF, soit soigner cette maladie sociale (...). Pour l'instant il choisit la première option», poursuit le journal.

Selon Anna Fedotova, responsable de l'ONG «Gare de Koursk. Enfants sans-abri», la plupart de ces derniers deviennent des sans-abri à cause de l'Etat.

«Il s'agit par exemple de ceux qui sortent des orphelinats et attendent pendant des dizaines d'années que l'Etat ne leur octroie un logement», a-t-elle expliqué au journal Novyé Izvestia.

«J'espère que le maire Mikhalev, qui incarne l'Etat et propose de résoudre les problèmes sociaux en tuant des gens, sera jugé ou démis de ses fonctions», a ajouté Mme Fedotova.

(afp)