Faune

09 décembre 2011 08:27; Act: 09.12.2011 08:48 Print

Les rats pratiquent l'entraide

Les rats savent être généreux et partageurs, selon une étude.

Une faute?

Lorsqu'ils ont le choix entre savourer des pépites de chocolat ou bien libérer un congénère enfermé dans une petite cage, les rats préfèrent en général voler au secours de leur prochain, selon une étude américaine qui démontre que l'empathie est un sentiment naturel.

La science avait déjà mis en évidence que l'altruisme n'était pas réservé à l'être humain mais existait par exemple chez les singes. Mais l'étude, menée par des spécialistes du cerveau de l'Université de Chicago et publiée jeudi dans la revue «Science», «est la première à mettre en évidence chez le rat un tel comportement suscité par un sentiment d'empathie», a déclaré Jean Decety, l'un des auteurs de la recherche.

Pour mener leur étude, les laborantins ont réparti 30 rats deux par deux dans des cages où l'un d'entre eux était pris au piège dans un petit enclos. Le rat en (relative) liberté donnait des signes d'agitation lorsque son compagnon était enfermé.

Après trois à sept jours, la plupart des rongeurs parvenaient à ouvrir la porte de l'enclos enfermant l'autre animal. Une fois qu'ils avaient compris comment procéder, ils commençaient systématiquement par ouvrir la porte dès qu'ils entraient dans la cage.

Le rat est partageur

Pour mesurer plus avant l'altruisme du rat, les chercheurs ont mis à disposition de leurs sujets des pépites de chocolat. En temps normal, chaque rat dévorait la totalité du repas. Mais lorsque son compagnon était enfermé, dans la moitié des cas, le rat l'a libéré afin de partager le chocolat avec lui... même s'il a parfois commencé le festin tout seul.

«Le rat pourrait manger tout le chocolat à lui tout seul. Mais il ne le fait pas. Cette découverte nous a fait l'effet d'un choc», a déclaré la neurobiologiste Peggy Mason.

Les chercheurs ont constaté que l'altruisme était plus répandu chez les rates que chez les mâles.

Les prochaines étapes de l'étude pourraient consister à chercher les différences biologiques entre les rats altruistes et les autres.

En attendant, Mme Mason estime que l'étude donne une leçon à l'être humain: «Lorsque nous agissons sans empathie, nous le faisons à l'encontre de nos dispositions biologiques. Si les gens écoutaient davantage leur héritage biologique, ils s'en porteraient mieux».

(afp)