Etats-Unis

14 juin 2016 11:43; Act: 14.06.2016 12:24 Print

Tout un lycée derrière sa «guerrière sans soutif»

Renvoyée chez elle parce qu'elle ne portait pas de soutien-gorge, Kaitlyn, 18 ans, a sonné la révolte dans son école et sur les réseaux sociaux.

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C'est cette tenue qu'un professeur de Kaitlyn a jugée «inappropriée». (Photo: Facebook)

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L'histoire commence le 25 mai 2016. Kaitlyn Juvik, 18 ans, est convoquée dans le bureau du vice-principal de son lycée d'Helena (Montana). Le problème: un professeur s'est plaint de la tenue portée par la demoiselle. Il la juge «inappropriée». Ce jour-là, Kaitlyn est vêtue d'un haut noir dénudant ses épaules. La jeune femme a pris soin d'ajouter des autocollants au niveau des tétons pour une simple et bonne raison: elle ne porte pas de soutien-gorge. Et c'est justement cela qui gêne fortement le corps enseignant.

Rien, dans le règlement du lycée d'Helena, ne fait référence au port, ou non, du soutien-gorge. Accusée de «violation du code vestimentaire», Kaitlyn est renvoyée chez elle. Ni une ni deux, elle crie à l'injustice sur Facebook: «Voilà le haut que je portais quand j'ai été mise dehors! On ne voit pas à travers et il n'est pas inapproprié! Et on ne voit vraiment pas que je ne porte pas de soutien-gorge à moins de regarder de très près!», s'indigne-t-elle. La mésaventure de la jeune Américaine aurait pu se perdre dans les méandres du web, mais il n'en est rien, raconte «Les Inrocks».

Un véritable combat féministe

Rapidement, ses camarades se joignent à elles pour exprimer leur indignation et peu à peu, ce qui était à l'origine le coup de gueule d'une lycéenne incomprise prend des allures de revendication féministe. En signe de solidarité, des centaines de jeunes filles débarquent au lycée sans soutien-gorge. Certains garçons, eux, en portent sous leur T-shirt. Une amie de Kaitlyn crée le groupe Facebook No Bra, No Problem (Pas de soutien-gorge, pas de problème) pour défendre «l'égalité entre les genres, les droits des femmes, et pour le confort». Aujourd'hui, ce groupe compte plus de 7000 abonnés.

Interrogée par différents médias américains, qui l'ont surnommée la «guerrière sans soutif», Kaitlyn estime que «si rien n’est montré, et que les seins sont couverts, les filles devraient avoir le droit de ne pas porter de soutien-gorge». Galvanisée par toute l'attention dont elle fait l'objet, la lycéenne voit grand: elle rêve désormais d'engager un débat sexuel sur le «body shaming» (le jugement négatif du physique d'autrui) et la sexualisation des femmes. «Porter un soutien-gorge est un choix personnel, c’est mon corps. En quoi ça concerne les autres?» conclut-elle, expliquant qu'elle a l'impression d'étouffer quand elle porte un soutif.

(joc)