Humiliation en Ukraine

25 janvier 2014 09:33; Act: 25.01.2014 12:51 Print

«Après m'avoir battu, ils m'ont déshabillé»

Un manifestant partisan de l'opposition ukrainienne, battu et humilié par les forces spéciales de la police, s'est déclaré vendredi déterminé à poursuivre la lutte contre le pouvoir en Ukraine.

Les abus policiers ont été filmés.
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«J'envisage de continuer à préparer la révolution», a assuré Mykhaïlo Gavryliouk, 34 ans, au cours d'une conférence de presse. Une vidéo publiée jeudi sur YouTube montrait un homme nu dans la neige et portant des traces de coups, avec des policiers des unités Berkout le prenant en photo. Le ministère de l'Intérieur a présenté ses excuses pour des actes «inadmissibles» et promis d'enquêter.

M. Gavryliouk a raconté avoir été arrêté lors des violents affrontements qui ont opposé police et manifestants entre dimanche et jeudi à Kiev et ont fait au moins deux morts, cinq, selon l'opposition. «Après m'avoir attrapé, ils m'ont donné des coups de matraque, sur les jambes, sur la tête, sur le torse», a-t-il affirmé.

«Après m'avoir battu, ils m'ont déshabillé complètement et m'ont jeté au sol», a-t-il raconté. «Quand j'étais à terre, nu, ils m'ont mis le pied sur la tête comme des joueurs de football et ont pris des photos», a-t-il poursuivi.

Raisons politiques

Originaire de l'Ouest ukrainophone, M. Gavryliouk a estimé qu'il avait subi cette humiliation pour des raisons politiques, les policiers, qui s'exprimaient en russe, semblaient venir de l'Est de l'Ukraine, plus proche de la Russie. Il s'est présenté comme un Cosaque, faisant allusion aux paysans ukrainiens qui aux XVIè et XVIIè siècles ont créé des campements militaires dans le sud de l'Ukraine pour échapper à la domination russe et polonaise.

«Je suis un Cosaque, j'en ai fait le serment et je vais défendre le peuple ukrainien», a-t-il souligné. Il a affirmé que les policiers avaient coupé avec un couteau sa mèche typique des Cosaques, puis qu'ils lui avaient demandé de crier «J'aime les Berkout», ce qu'il a refusé. Emmené par la police, il a dit avoir été battu jusqu'à perdre connaissance puis a été emmené à l'hôpital, avant de retrouver la liberté.

L'UE attend du pouvoir des «pas concrets» pour ramener le calme

L'Union européenne a souligné samedi attendre du pouvoir ukrainien des «pas concrets» pour «stopper la spirale de violence et d'intimidation» afin de ramener le calme dans le pays. Elle entend elle-même participer au processus.

«Mes entretiens à Kiev ont montré le besoin d'une série de pas concrets pour d'abord commencer à reconstruire la confiance en stoppant la spirale de violence et intimidation», a déclaré le commissaire à l'Elargissement Stefan Füle, à l'issue d'une visite dans la capitale ukrainienne.

Il a relevé avoir fait part à ses interlocteurs des «profondes inquiétudes» de l'UE face à l'escalade de la crise en Ukraine, «soulignant la nécessité de mettre fin au cycle de violence, et de lutter contre l'impunité des auteurs de violations des droits humains».

Cette étape «doit être complétée dans un deuxième temps par un processus politique sans exclusive conduisant à la stabilité en Ukraine», a-t-il ajouté, cité par un communiqué.

«L'UE va rester engagée»

M. Füle a indiqué avoir discuté lors de ses entretiens «d'une série de pas dans cette direction» et avoir assuré ses interlocuteurs, du pouvoir, de l'opposition et de la société civile, que «l'UE va rester engagée dans ce processus pour les aider à calmer la situation et trouver une issue à la crise».

Il a rappelé que dans ce but, Catherine Ashton, la représentante de la diplomatie européenne, devait se rendre à son tour à Kiev les 30 et 31 janvier.

(ats/afp)