Etats-Unis

15 mai 2019 10:05; Act: 15.05.2019 10:41 Print

«Ce texte punit les victimes de viol»

L'Etat américain de l'Alabama est en passe d'accepter l'interdiction totale de l'avortement, même en cas d'abus sexuel.

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Le texte validé mardi pourrait contribuer à déclencher une bataille judiciaire susceptible d'aller en Cour suprême, but avoué des opposants à l'avortement. (Photo: AFP)

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Le Sénat de l'Etat de l'Alabama a adopté mardi le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l'avortement, avec une interdiction quasi totale --même dans des cas de viol ou d'inceste-- et prévoyant des peines allant jusqu'à l'emprisonnement à vie pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

Le texte a été transmis pour promulgation par le Sénat majoritairement républicain au cabinet de la gouverneure républicaine de l'Etat, Kay Ivy. S'il est approuvé, il pourrait contribuer à déclencher une bataille judiciaire susceptible d'aller en Cour suprême, but avoué des opposants à l'avortement.

Le texte prévoit que les médecins pratiquant l'avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'«anomalie létale» du foetus.

«Ce texte punit les victimes de viol»

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a déjà fait savoir qu'elle saisirait la justice pour empêcher l'application de ce texte. «Ce texte punit les victimes de viol et d'inceste en les privant encore plus du droit à disposer de leur propre corps et en les obligeant à donner naissance», selon l'ACLU.

L'organisation féministe américaine National Organization for Women a qualifié la loi d'«inconstitutionnelle», estimant que sa mise en application «renverrait les femmes de l'Etat aux jours noirs durant lesquels les parlementaires contrôlaient leur corps, leur santé et leur vie».

L'objectif avoué des promoteurs du texte est de se retrouver devant la Cour suprême des Etats-Unis, dominée depuis l'élection du président Donald Trump par des conservateurs, pour la convaincre de revenir sur sa décision emblématique de 1973, «Roe v. Wade» qui a reconnu le droit des femmes à avorter tant que le foetus n'est pas viable.

Une «étape majeure» saluée

Le président du Sénat de l'Etat, Will Ainsworth, a salué «une étape majeure dans la défense des droits de l'enfant à naître», ajoutant: «Alors que des Etats libéraux approuvent l'avortement tardif ou post-natal, Roe doit être combattu et je suis fier que l'Alabama ouvre la voie».

«Vous venez de violer vous-même l'Etat de l'Alabama», a déclaré pour sa part Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat, après le rejet par les sénateurs d'un amendement demandant des exceptions à l'interdiction de l'avortement.

«Vous dites à ma fille: tu ne comptes pas dans l'Etat de l'Alabama ... Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte», a-t-il ajouté, la voix parfois tremblante d'émotion.

Le projet avait été adopté début mai par la Chambre des représentants de l'Alabama. Plusieurs Etats conservateurs envisagent des lois anti-avortement tandis que des Etats libéraux cherchent à garantir le droit à l'interruption volontaire de grossesse en l'inscrivant dans leurs Constitutions.

Trois cents nouvelles règles

Depuis le début de l'année, 28 des 50 Etats américains ont mis en place plus de 300 nouvelles règles afin de limiter l'accès à l'avortement, selon l'Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l'IVG.

La Géorgie a adopté début mai une loi qui interdit l'avortement dès que les battements du coeur du foetus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse, quand de nombreuses femmes n'ont pas encore conscience d'être enceintes soulignent les détracteurs de ces législations dites «battement de coeur».

Des textes similaires adoptés dans le Kentucky et le Mississippi ont été bloqués par des tribunaux et il est probable que la loi de Géorgie connaisse le même sort. Des mesures comparables sont en passe d'être adoptées dans l'Ohio, le Missouri et le Tennessee.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Paul le 15.05.2019 10:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Charia chrétienne

    Voilà où en sont les États-Unis.

  • Geoffrey_ le 15.05.2019 11:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    inommable

    Super USA. IMMONDE

  • George Wxyz le 15.05.2019 12:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le cauchemar américain

    Quand le président d'un pays le fait reculer de plusieurs dizaines d'années, comment être étonné qu'un état se pense au moyen âge?...

Les derniers commentaires

  • Vero1974 le 15.05.2019 20:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pénible

    Il est aujourd'hui PROUVÉ que dans les pays où l'avortement est autorisé et le planning familial existant, les avortements sont en baisse. Il est PROUVÉ que dans les pays où il est interdit, les femmes avortent quand même, à coup d'aiguilles à tricoter et autres horreurs qui les font mourir. Enfin, les pays où l'avortement est interdits sont aussi les pays où si vous avez un enfant hors mariage, vous serez désavouée par une société patriarcale et probablement à la rue, bébé avec. Ce débat est d'un autre âge et lire ces ânerie me rend dingue. N'avortez pas, mais laissez les autres tranquilles.

  • Cynthia le 15.05.2019 19:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    avortement

    Il faut durcir la loi et questionner les raisons qui poussent a l'avortement mais pas le limiter a ce point. Si la vie de la mère est a risque ou si c'est un viol, je suis pour l'avortement. Si c'est juste pour ce débarrassés du bébé parce c'est possible, c'est très limite

    • Vero1974 le 15.05.2019 20:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Cynthia

      Et qui fixe cette limite ? Vous ? Que chacun se mêle de ses affaires et tout ira mieux. C'est de la morale à 2 balles, il faut arrêter ce fantasme de la femme qui avorte la fleur à la bouche youplaboum. Ce n'est jamais si simple, mais c'est son choix sa vie. Des mômes j'en ai 4, je serais incapable d'avorter je pense, mais je me battrais pour que mes filles gardent ce droit: un enfant c'est toute une vie,c'est du temps, de l'argent, de l'angoisse, alors on le fait quand on le veux, quand on le peux.

  • Kitty le 15.05.2019 14:01 Report dénoncer ce commentaire

    Bravo!

    Bravo pour cette décision!

  • George Wxyz le 15.05.2019 12:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le cauchemar américain

    Quand le président d'un pays le fait reculer de plusieurs dizaines d'années, comment être étonné qu'un état se pense au moyen âge?...

  • PB le 15.05.2019 12:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ça en dit long

    Et ils se disent civilisés!!!! Sans vouloir du mal à personne j aimerais bien voir une personne pour cette loi médiévale être victime d abus sexuel. Va t elle garder l enfant non désiré ou va t elle chercher par tout les moyens d avorter