Kenya

24 juillet 2015 19:40; Act: 24.07.2015 22:01 Print

«Combattre le terrorisme, le thème central»

Barack Obama est arrivé vendredi soir au Kenya pour une visite sous haute sécurité dans un Etat durement frappé ces dernières années par les insurgés islamistes somaliens shebab.

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27.07 L'Ethiopie doit «faire plus» en matière de droits humains, a affirmé lundi dans la capitale du pays, Barack Obama. Le président américain s'exprimait lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn. L'Ethiopie, partenaire-clé des Etats-Unis en matière de lutte antiterroriste, est régulièrement accusée de bafouer les droits humains et de faire taire les voix dissidentes. 26.07 Le président américain a appelé les Kényans à tourner définitivement la page du tribalisme et à lutter activement contre la corruption. «Le Kenya est à une croisée des chemins, à un moment fait de dangers, mais aussi de promesses énormes», a lancé le président américain, régulièrement interrompu par les applaudissements nourris de l'auditoire, visiblement conquis, du complexe sportif de Kasarani, dans la capitale kényane. 25.07 Au premier jour de sa visite au Kenya, le président américain a salué le dynamisme d'un continent devenu «l'une des régions du monde à la plus forte croissance». «Les gens sortent de la pauvreté, les revenus sont en hausse, la classe moyenne croît et les jeunes gens comme vous exploitent les technologies pour changer la façon dont l'Afrique fait des affaires», a-t-il lancé en ouverture d'un sommet mondial sur l'entrepreneuriat à Nairobi. Barack Obama continuait samedi de faire la une des journaux kényans quelques heures après son arrivée à Nairobi, première étape d'une courte tournée africaine qui le conduira ensuite en Ethiopie. L'avion du président américain, Air Force One, a touché le sol kényan à l'aéroport international de Nairobi vers 20h00 (heure locale, 17h00 GMT). Barack Obama, qui doit participer au sommet mondial de l'entrepreneuriat dans la capitale kényane, effectue sa première visite dans le pays depuis qu'il a accédé à la Maison Blanche en 2009. Obama a été accueilli à sa descente d'avion par le président kényan Uhuru Kenyatta, à qui il a serré la main et donné une brève accolade. Le président américain doit prononcer samedi un discours lors du sommet sur l'entrepreneuriat et s'entretiendra avec Uhuru Kenyatta des questions économiques, sécuritaires et de respect des droits de l'Homme. )

Une faute?

Barack Obama, qui participe samedi au sommet mondial de l'entrepreneuriat dans la capitale Nairobi, effectue sa première visite dans le pays depuis qu'il a accédé à la Maison Blanche en 2009.

Le président américain, qui a descendu seul la passerelle de l'avion présidentiel, a d'abord reçu un bouquet de fleurs offert par une petite fille avant de serrer la main et de donner une brève accolade à son homologue Uhuru Kenyatta.

M. Obama a ensuite salué un parterre de responsables kényans, avec lesquels se trouvait sa demi-soeur Auma, a signé un livre d'or et est monté à bord de sa limousine. Il a pris la direction de son hôtel, où il a dîné avec une partie de sa famille kényane, dont la matriarche «Mama Sarah», avec laquelle il n'a pas de lien de sang mais qu'il considère comme sa grand-mère.

Une partie de Nairobi sera complètement verrouillée jusqu'à dimanche soir et le départ de M. Obama vers l'Ethiopie et le siège de l'Union africaine.

«Un lieu de dynamisme incroyable»

Vendredi après-midi, le moment habituellement le plus embouteillé de la semaine, les voitures avaient déjà déserté les rues. Dans la soirée, une foule de Kényans ont malgré tout accueilli dans le centre le passage du convoi présidentiel.

Le président américain prononcera un discours lors du sommet sur l'entrepreneuriat puis s'entretiendra avec Uhuru Kenyatta de questions économiques, sécuritaires et de respect des droits de l'Homme.

«L'Afrique est un lieu de dynamisme incroyable, où se trouvent certains des marchés les plus en croissance au monde, des gens extraordinaires, d'une résilience extraordinaire», a-t-il déclaré avant de partir de Washington.

Sur le plan sécuritaire, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, constituent la principale source d'inquiétude: ils ont mené au Kenya des attaques de grande ampleur, dont la tuerie du centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 (67 morts), et le massacre à l'université de Garissa (nord-est) qui a coûté la vie à 148 personnes en avril.

«Karibu Obama»

L'excitation est montée depuis plusieurs semaines au Kenya autour de cette visite.

Uhuru Kenyatta espère lui-même qu'elle aidera le pays, première économie régionale, à redorer une image ternie ces dernières années par les problèmes sécuritaires et à s'affirmer comme une plaque tournante sur le continent.

Vendredi les deux principaux journaux du pays ont partagé la même «Une»: «Karibu Obama» («Bienvenue», en swahili).

Le quotidien The Standard a promis une «spectaculaire réception pour l'enfant du pays», tandis que le président Kenyatta a évoqué «les liens d'amitié mais aussi de famille» qui unissent Barack Obama et le Kenya, dans une tribune dans le Daily Nation.

Ces dernières semaines, les autorités de Nairobi ont lancé pour l'occasion une grande campagne d'embellissement: les nids-de-poule ont été rebouchés, les rues balayées, le marquage des routes repeint et de nouveaux trottoirs construits.

Thème central: le combat contre le terrorisme

Cette visite du président Obama, né d'une mère américaine et d'un père kényan à Hawaï, a longtemps été empêchée par l'inculpation du président Kenyatta par la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans des violences postélectorales fin 2007-début 2008. Ces poursuites ont été abandonnées en décembre.

M. Kenyatta a affirmé que son vice-président, William Ruto, lui-même toujours poursuivi par la CPI pour crimes contre l'humanité et ouvertement homophobe, serait présent lors des réunions du gouvernement avec Barack Obama. Le vice-président n'était cependant pas à l'aéroport pour accueillir le président américain.

Les droits des homosexuels devraient être abordés pendant la visite, bien que le président kényan ait affirmé que la question n'était pas officiellement «au programme».

«Le combat contre le terrorisme sera le thème central. Nous avons travaillé en étroite coopération avec les services américains», a-t-il précisé.

Une cible de premier plan

Nairobi avait été en 1998 le théâtre d'un attentat meurtrier d'Al-Qaïda contre l'ambassade américaine, faisant 224 morts.

«Le président américain est une cible de premier plan, donc un attentat, ou même une tentative, permettrait aux shebab d'être sur le devant de la scène», a averti Richard Tutah, expert en sécurité.

Plusieurs centaines d'agents du Secret Service, l'agence chargée de la sécurité du chef d'Etat américain, sont arrivés au Kenya ces dernières semaines. Selon les autorités kényanes, 10.000 policiers ont aussi été déployés dans la capitale.

(afp)