Présidentielle 2012

21 février 2011 08:38; Act: 21.02.2011 08:45 Print

«DSK» ne dévoile pas ses ambitions

Le socialiste Dominique Strauss-Kahn n'a pas livré dimanche ses intentions concernant la prochaine élection présidentielle, tout en peaufinant son image de possible candidat.

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«DSK» ne s'est pas exprimé sur l'éventualité d'un second mandat à son poste de directeur général du FMI (Fonds monétaire international). (Photo: Reuters)

Une faute?

Se livrant à un numéro d'équilibriste dans le journal télévisé de 20h de France-2, Dominique Strauss-Kahn a refusé d'évoquer directement les questions de politique intérieure, qui sont restées en toile de fond de l'interview.

Le favori des sondages a dit ne pas croire «du tout» que sa fonction internationale «crée une distance avec les Français». «Ça crée une vision de la France par rapport au reste du monde et ça aide à comprendre ce que sont nos avantages et puis nos difficultés», a-t-il ajouté, admettant toutefois que la «rencontre avec les Français» lui manque.

«Je suis un homme plus libre que je n'ai jamais été car aujourd'hui j'ai la possibilité de dire à tous les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète ce qui va et ce qui ne va pas», a-t-il affirmé.

«Souffrance »

«DSK» a critiqué implicitement la politique de Nicolas Sarkozy, se disant «très préoccupé parce que la crise, celle dont on parle depuis trois ans, est loin d'être terminée».

«Chacun voit bien que dans la population, il y a une souffrance qu'il n'y a pas ailleurs» en France et en Europe, a-t-il expliqué.

«Qu'il faille que les pays aient des finances publique qui tiennent la route, c'est vrai. (...) Ce qu'il faut, c'est être capable de relancer la croissance malgré cela, et il y a certains pays qui réussissent mieux que d'autres», a-t-il constaté, citant l'Allemagne.

«D'autres politiques économiques doivent pouvoir être engagées, plus actives», a-t-il insisté. «On n'échappe pas à mener des politiques raisonnables. (...) Pour autant, on peut le faire de façon juste».

«Ce qui compte, c'est qu'est ce qui se passe dans la rue pour le monsieur qui tous les jours cherche un boulot, qui ne le trouve pas, qui a du mal a payer ses notes d'électricité ou son loyer. On ne peut pas rester aux considérations générales sur la croissance, les grands chiffres macro-économiques», a insisté Dominique Strauss-Kahn, répondant ainsi à un reproche souvent adressé à son encontre.

Mission à remplir

Le directeur général du FMI n'a pas dit ses intentions quand à son avenir au sein de l'organisation internationale, alors que son épouse Anne Sinclair a confié ne pas souhaiter qu'il effectue un second mandat, dans «Le Point» paru jeudi.

«Dans les mois à venir, j'ai une mission à continuer à remplir, je la remplis», a-t-il simplement répondu.

«Honnêtement, j'ai le sentiment que dans toute ma vie publique, et aujourd'hui au FMI, je m'occupe des problèmes des gens», a-t-il conclu. «C'est mon travail de tous les jours».

Selon un sondage «Viavoice» que publie lundi «Libération», Dominique Strauss-Kahn recueille 54% d'opinions positives, en tête des personnalités de l'opposition, là où Nicolas Sarkozy n'obtient que 30%.

(ap)