Espagne

12 juin 2019 17:49; Act: 12.06.2019 21:50 Print

«Défendre la république et voter n'est pas un délit»

Politiquement explosif, le procès des douze indépendantistes catalans jugés pour rébellion s'achève mercredi. Le jugement sera connu d'ici quelques mois.

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Après quatre mois d'audiences, le procès historique de 12 indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 s'achève. Le jugement sera connu d'ici plusieurs mois. (Mercredi 12 juin 2019) L'avocat de l'ex-vice-président catalan Oriol Junqueras a assuré mardi que son client n'avait pas commis de délit de rébellion, alors que le procès s'achève mercredi. (Mardi 11 juin 2019) Cinq indépendantistes catalans incarcérés, élus aux dernières législatives, sont sortis temporairement de prison mardi pour prêter serment comme parlementaires tout en promettant fidélité à leur cause. (Mardi 21 mai 2019) Carles Puigdemont a fait appel jeudi de l'interdiction qui lui a été faite de se présenter aux élections européennes du 26 mai. (Jeudi 2 mai 2019) Des milliers de militants pour l'indépendance de la Catalogne ont défilé samedi à Madrid pour dénoncer le procès de leurs dirigeants jugés pour la tentative de sécession de l'Espagne en 2017 et réclament un référendum d'autodétermination. (Samedi 16 mars 2019) L'ancien dirigeant catalan Carles Puigdemont est candidat pour les élections européennes de fin mai. Il a été choisi samedi pour être tête de liste d'un parti séparatiste catalan. (Dimanche 10 mars 2019) L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy témoigné au procès des ex-dirigeants séparatistes, les accusant d'avoir voulu «liquider la souveraineté nationale». (Mercredi 27 février 2019) Jeudi en fin de journée, près de 40'000 personnes ont manifesté à Barcelone pour protester contre le procès des dirigeants catalans. (21 février 2019) Des dizaines de milliers de manifestants sur le Paseo de Gracia de Barcelone. (21 février 2019) Les manifestants étaient nombreux à Barcelone ce jeudi 21 février pour protester contre le procès de 12 ex-dirigeants politiques et associatifs. (21 février 2019) Plus de 200'000 manifestants ont défilé à Barcelone contre le procès des indépendantistes. (Samedi 16 février 2019) Le principal accusé au procès des indépendantistes catalans, l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras (photo), a annoncé jeudi qu'il refuserait de répondre aux questions de l'accusation. (14 février 2019) Les Catalans de Suisse sont mobilisés mardi soir contre le procès des dirigeants indépendantistes qui a débuté en Espagne. (13 février 2019) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Barcelone, dénonçant le procès qui s'est ouvert à Madrid de dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne. (Mardi 12 février 2019) Le procès historique de douze dirigeants indépendantistes catalans a commencé ce mardi à Madrid. (12 février 2019) Le procès des indépendantistes catalans s'est ouvert à Madrid ce mardi 12 février 2019. Les indépendantistes catalans arrivent au tribunal dans un fourgon de la police. (12 février 2019) Le procès contre douze dirigeants indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017 commencera le mardi 12 février, a indiqué le parquet espagnol. (Vendredi 1 février 2019) Après des semaines de tensions, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a renoué un dialogue «effectif» jeudi avec le gouvernement séparatiste catalan. (20 décembre 2018) L'ancien président catalan Carles Puigdemont et cinq leaders indépendantistes en attente de jugement ont déposé une plainte devant le Comité des droits de l'Homme de l'ONU. (Jeudi 20 décembre 2018) Le gouvernement espagnol a averti les autorités séparatistes de Catalogne qu'il reprendrait en main le maintien de l'ordre dans la région si elles n'étaient pas capables de l'assurer. (Mardi 11 décembre 2018) Un an après avoir menacé l'unité de l'Espagne avec une tentative de sécession, l'ancien président catalan Carles Puigdemont tente depuis son exil de rassembler tous les séparatistes derrière lui. (Samedi 27 octobre 2018) Le parlement catalan a voté une résolution visant à abolir la monarchie en Espagne, provoquant l'ire du pouvoir central. (Jeudi 11 octobre 2018) La commémoration du premier anniversaire du référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par Madrid s'est terminée par des incidents entre la police régionale et les séparatistes. (Mardi 2 octobre) Des militants séparatistes ont bloqué une voie de train à grande vitesse, des autoroutes et des artères de Barcelone lundi. Les militants réclament la rupture avec Madrid. Ici sur la capture écran d'un tweet l'on peut observer la gare de Gérone complètement bloquée au petit matin ce lundi. (1er octobre 2018) Des militants séparatistes ont bloqué une voie de train à grande vitesse, des autoroutes et des artères de Barcelone lundi. Les militants réclament la rupture avec Madrid. (1er octobre 2018) Un an après une opération de police musclée, des milliers de manifestants indépendantistes ont défilé jeudi soir à Barcelone. (20 septembre 2018) La police catalane est accusée d'agir de façon «arbitraire» contre les personnes retirant les rubans jaunes indépendantistes. (Lundi 27 août 2018) Puigdemont est à nouveau à Bruxelles. Il promet de continuer à défendre la juste cause du peuple catalan. (28 juillet 2018) Arrêté en mars en Allemagne à la frontière, Carles Puigdemont va retourner en Belgique samedi après l'annulation des mandats d'arrêt européens par Madrid. (Mercredi 25 juillet 2018) Le mandat d'arrêt européen contre l'ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati a été formellement levé lundi par un tribunal d'Édimbourg après la décision la semaine dernière de la Cour suprême espagnole de renoncer à cette procédure. (lundi 23 juillet 2018) Le juge chargé de l'enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne en octobre dernier a retiré jeudi les mandats d'arrêt internationaux contre l'ex-président catalan Puigdemont. Cinq dirigeants indépendantistes ayant fui à l'étranger sont aussi concernés. (19 juillet 2018) Le chef du gouvernement espagnol reçoit lundi le président du parti socialiste catalan Miquel Iceta pour apaiser les tensions. (Lundi 9 juillet 2018) Le gouvernement espagnol a donné son feu vert à l'entrée en fonction du nouveau gouvernement indépendantiste catalan de Quim Torra. Ce dernier n'inclut plus de «ministres» incarcérés ou exilés, condition indispensable à la levée de la tutelle imposée à la Catalogne. (1er juin 2018) Le premier Ministre Mariano Rajoy ne devrait pas survivre à une motion de censure vendredi. Celui qui a combattu l'indépendance de la Catalogne devrait tomber après une alliance entre la gauche, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans. (1er juin 2018)

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Après quatre mois d'audiences, le procès historique de 12 indépendantistes catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 s'est achevé mercredi en Espagne. Le tribunal rendra d'ici plusieurs mois sa décision ultra-sensible politiquement.

Anciens membres du gouvernement catalan, ex-présidente du parlement régional ou dirigeants d'associations indépendantistes, ces séparatistes ont été jugés pour avoir organisé le 1er octobre 2017 un référendum d'autodétermination, interdit par la justice et émaillé de violences policières, suivi le 27 du même mois d'une vaine déclaration d'indépendance votée par le parlement catalan.

Neuf d'entre eux sont en détention provisoire depuis plus d'un an. Des centaines de témoins - dont l'ancien chef du gouvernement Mariano Rajoy - auront été entendus par la Cour suprême, plus haute instance judiciaire espagnole, dont le jugement est attendu à l'automne et ne pourra pas faire l'objet d'un appel.

Les accusés ont déjà prévu de saisir la Cour européenne des droits de l'homme. L'ex-vice-président catalan Oriol Junqueras, incarcéré depuis novembre 2017, était le principal accusé en l'absence de l'ancien président régional, Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique où il échappe aux poursuites. Il encourt 25 ans de prison.

«Voter (...) et défendre la république depuis un parlement ne peut pas constituer un délit», a-t-il déclaré avant que le procès ne s'achève. «Le mieux pour tout le monde, pour la Catalogne, pour l'Espagne, pour l'Europe, est de ramener la question sur le terrain politique», a-t-il ajouté, en appelant au «dialogue» pour résoudre la crise catalane.

«Nous le ferons de nouveau», a déclaré pour sa part devant la presse le président catalan Quim Torra en référence à la tentative de sécession.

Manifestation à Barcelone

A Barcelone, plusieurs milliers d'indépendantistes ont manifesté dans la soirée en solidarité avec ceux qu'ils qualifient de «prisonniers politiques». «Quand la condamnation interviendra, nous devrons pratiquer une désobéissance civile massive», a déclaré Silvia Macia, une manifestante.

La justice et le gouvernement espagnols n'ont cessé pour leur part de marteler durant le procès que les accusés n'étaient pas jugés pour leurs idées mais pour avoir enfreint la loi.

Condition indispensable du délit de rébellion, dont sont accusés neuf des douze indépendantistes, l'existence ou non d'un soulèvement violent aura été la question centrale de ce procès. Le parquet n'a pas hésité à qualifier les évènements de 2017 de «coup d'Etat».

Les juristes sont en revanche divisés sur le sujet tandis que la défense a balayé l'accusation de rébellion, affirmant que la violence était venue quasi-exclusivement de la police le jour du référendum.

Pour les avocats des séparatistes, ils ont été coupables, dans le pire des cas, de désobéissance, délit sanctionné d'une simple peine d'inéligibilité.

Espagne polarisée

Les points de vue diamétralement opposés des deux parties reflètent le débat tout aussi polarisé hors de la Cour suprême.

Plus d'un an et demi après la tentative de sécession, la Catalogne est toujours gouvernée par les indépendantistes et profondément divisée, tandis que la question catalane reste au centre du débat politique national.

Le socialiste Pedro Sanchez, chef du gouvernement espagnol qui a entamé des tractations avec les partis pour être reconduit au pouvoir, cherche à se passer du soutien des séparatistes catalans.

Ceux-ci lui ont rendu la vie impossible depuis le début du procès, précipitant notamment la convocation de législatives anticipées en avril en refusant d'approuver le budget de l'Etat.

Pour l'analyste politique Josep Ramoneda, dans ce contexte, «il est assez hypothétique que les gouvernements espagnol et catalan puissent se mettre à dialoguer», les séparatistes persistant à réclamer un référendum d'autodétermination dont Madrid ne veut pas entendre parler.

Et «quelle qu'elle soit, la sentence sera interprétée par le mouvement indépendantiste comme un élément auquel s'accrocher pour tenter de mobiliser à nouveau», estime Oriol Bartomeus, professeur de sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • pas anarchiste le 12.06.2019 18:26 Report dénoncer ce commentaire

    vivre dans une boule anarchiste

    "Voter (...) et défendre la république depuis un parlement ne peut pas constituer un délit»" si ce pas dans les règles établis légalement (possible ) oui ce un délit, et que un gouvernement régional , (cantonal serai ici) déclare une république indépendante de façon unilatéral, oui ce un délit,la bas et ici aussi le serai

  • Trump le 12.06.2019 19:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    tout

    ce cirque est la preuve que la démocratie n existe pas ... sauf pour le Kosovo la ça fonctionne bizarrement ... la Crimée non etc ...

Les derniers commentaires

  • Trump le 12.06.2019 19:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    tout

    ce cirque est la preuve que la démocratie n existe pas ... sauf pour le Kosovo la ça fonctionne bizarrement ... la Crimée non etc ...

    • pas anarchiste le 12.06.2019 19:45 Report dénoncer ce commentaire

      Trump

      situation politique, historique ou social pas du tout comparable !

  • pas anarchiste le 12.06.2019 18:26 Report dénoncer ce commentaire

    vivre dans une boule anarchiste

    "Voter (...) et défendre la république depuis un parlement ne peut pas constituer un délit»" si ce pas dans les règles établis légalement (possible ) oui ce un délit, et que un gouvernement régional , (cantonal serai ici) déclare une république indépendante de façon unilatéral, oui ce un délit,la bas et ici aussi le serai

    • Hulot le 12.06.2019 19:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @pas anarchiste

      La seule façon de procéder serait de faire voter l'Espagne dans son ensemble, car jusqu'à nouvel ordre la Catalogne fait partie intégrante de l'Espagne! Et alors les chances d'obtenir l'indépendance serait très mince!

    • Le Tout Sans Anarchie le 12.06.2019 21:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @pas anarchiste

      Absolument pas, d ailleurs les anglais et les canadiens ont prouvés qu après un bon débat d une année sur la question il est tout à fait possible de laisser voter un peuple sur son auto détermination.