Attentat raté de Notre-Dame

10 octobre 2019 18:49; Act: 10.10.2019 19:12 Print

«Devenues le visage du jihad au féminin»

Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris.

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Inès Madani, Ornella Gilligmann et Sarah Hervouet (de gauche à droite) ont été condamnées respectivement à 30, 25 et 20 ans de prison. Entre 25 et 30 ans de prison ont été requis contre les deux principales accusées de l'attentat raté près de Notre-Dame, à Paris. Elles doivent connaitre leur sort lundi 14 octobre. Cinq femmes comparaîtront lundi aux assises, à Paris, pour avoir tenté de perpétrer un attentat près de la gare de Lyon, en septembre 2016. Des bonbonnes de gaz avaient été découvertes dans une voiture. (Samedi 21 septembre 2019) Ornella G. était fichée «S» en raison de ses velléités de départ vers la Syrie. Arrêtée avec son compagnon mardi sur une aire d'autoroute près d'Orange (sud), elle avait été déférée devant le juge plus tôt dans la journée. La garde à vue de son compagnon a été levée. (Samedi 10 septembre 2016) Ornella G., une des suspectes dans la tentative présumée d'attentat aux bonbonnes de gaz, a été mise en examen et écrouée samedi soir. (Samedi 10 septembre 2016) Le procureur de la République de Paris François Molins a fait un point sur le déroulement des événements liés à l'attentat déjoué en France lors d'une conférence de presse initialement prévue à 17h30 et qui s'est finalement tenue à 18h. (vendredi 9 septembre 2016) Le but du commando des 3 femmes arrêtés juste à temps était de perpétrer un attentat à la gare de Lyon à Paris. La zone a été sécurisée. (vendredi 9 septembre 2016) L'arrestation du compagnon de l'une des trois suspectes interpellées dans l'enquête sur la voiture chargée de bonbonnes de gaz. Arrêté jeudi soir, il est connu des services de renseignement français pour islamisme radical. (Vendredi 9 septembre 2016) Le véhicule contenant au moins six bouteilles de gaz (dont cinq pleines), a été découvert jeudi 8 septembre non loin de la cathédrale de Notre Dame à Paris. Quatre personnes ont été arrêtées. La principale suspecte - fille du propriétaire de la voiture - et deux de ses amies. Elles préparaient un attentat imminent à la gare de Lyon à Paris. (Vendredi 9 septembre 2016) Un policier contrôle une voiture à Boussy-Saint-Antoine, au sud de Paris. (8 septembre 2016) Un homme, menotté, est conduit dans l'appartement où des suspectes se trouvent. (8 septembre 2016) La police avait lancé un avis de recherche jeudi pour retrouver la jeune fille qui avait l'intention de faire exploser la gare de Lyon avec des bonbonnes de gaz. (9 septembre 2016) Une femme arrêtée jeudi soir à Boussy-Saint-Antoine, au sud de Paris. (8 septembre 2016) Des policiers inspectent l'appartement d'une des filles arrêtées. (8 septembre 2016) Contrôles près de l'immeuble des suspectes. (8 septembre 2016) Le véhicule d'une des femmes arrêtée est emmené par les forces de sécurité. (8 septembre 2016) Un policier fait le gué devant l'immeuble où habitent les suspectes. (8 septembre 2016)

Une faute?

Des peines de 25 et 30 ans de réclusion criminelle ont été requises jeudi respectivement contre Ornella G. et Inès M., jugées devant la cour d'assises spéciale de Paris pour l'attentat raté près de Notre-Dame en septembre 2016.

Ces deux femmes et leurs deux co-accusées «sont devenues le visage du jihad au féminin», a déclaré l'avocate générale. Elles ont été «le bras armé» du groupe Etat islamique et ont montré «une détermination sans faille», a poursuivi la magistrate, qui ne souhaite pas que son nom soit dévoilé.

Les peines de réclusion requises contre Inès M. et O. sont assorties d'une période de sûreté des deux tiers.

«Le seul élément» qui a conduit le parquet à ne pas requérir la réclusion criminelle à perpétuité contre Inès M. «est son âge au moment des faits», a expliqué l'avocat général Jean-Michel Bourlès, dans ce réquisitoire à deux voix. Inès M. avait 19 ans en septembre 2016.

Coup de couteau

«Je ne peux pas ne pas avoir d'espoir en l'être humain et Inès M. doit (...) savoir que la société croit qu'elle est capable d'évoluer», a ajouté le magistrat.

Le parquet général a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté des deux tiers contre Sarah H., qui avait porté un coup de couteau à un policier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 8 septembre 2016.

«Le sang a coulé dans ce dossier et c'est Sarah H. qui en est l'auteur», a expliqué l'avocate générale. «Nous ne pouvons pas faire des paris beaucoup trop risqués. La preuve du désengagement (de l'islam radical), c'est à Sarah H. de l'apporter».

Une peine de 20 ans de réclusion assortie d'une période de sûreté des deux tiers a également été requise contre Amel S., qui avait hébergé Inès M. et Sarah H. chez elle, à Boussy-Saint-Antoine (Essonne) peu après l'échec de leur tentative d'attentat à la voiture piégée près de Notre-Dame.

Toutes les trois avaient été interpellées alors qu'elles préparaient une attaque.

(nxp/afp)