France

13 février 2019 19:03; Act: 14.02.2019 13:06 Print

Un an de semi-liberté pour le boxeur gilet jaune

Le père de famille qui a frappé deux gendarmes, le 5 janvier, a dû rendre des comptes devant la justice française, mercredi.

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L'ex-boxeur Christophe Dettinger a été condamné mercredi à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté, et 18 mois de sursis avec mise à l'épreuve. Il avait violemment frappé deux gendarmes le 5 janvier lors de l'acte 8 des «gilets jaunes».

Le procureur avait requis trois ans dont un de sursis avec mise à l'épreuve et demandé le maintien en détention du prévenu, pour un geste d'une «violence inouïe» contre deux gendarmes, dont l'un s'est vu prescrire 2 jours d'ITT et l'autre n'a toujours pas repris le travail, après 40 jours. L'ancien champion de France 2007 et 2008 des lourds-légers, écroué depuis son interpellation, en risquait sept pour «violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l'autorité publique».

Le 5 janvier, lors de la huitième journée de manifestations des «gilets jaunes», mouvement social émaillé de violences, qui dure depuis trois mois, l'ancien champion, père de famille de 37 ans, fonctionnaire en banlieue parisienne, a été filmé assénant une série de coups de poing à un gendarme sur une passerelle surplombant la Seine à Paris, avant de frapper un de ses collègues à terre.

«Il frappe, vise la tête»

«Christophe Dettinger se prépare, réajuste ses gants. Il frappe, vise la tête. Il est dans la toute-puissance. Ces scènes sont d'une violence inouïe et doivent être sanctionnées», avait déclaré le représentant du ministère public, demandant son «maintien en détention».

«J'ai voulu empêcher une injustice et j'en ai créé une autre»: l'ex-boxeur Christophe Dettinger regrette une «erreur» qu'il explique par la «violence» subie par les «gilets jaunes» lors des manifestations.

«Pas en état»

L'atmosphère est électrique dans la salle bondée du tribunal correctionnel de Paris. Le «boxeur», cheveux ras et fine moustache, a les traits tirés. Sur les bancs de la défense, ses avocats ont reçu le renfort d'Henri Leclerc, doyen des pénalistes et inlassable défenseur des libertés. En face, un seul des deux gendarmes frappés lui fait face, sanglé dans son uniforme, képi à la main, assis devant ses avocats. Son collègue, toujours en arrêt, «n'est pas en état» de se présenter, expliquent ses avocats.

A l'extérieur, Jérôme Rodrigues, blessé à l'oeil lors d'une manifestation le 26 janvier et devenu un emblème du combat contre les violences policières, est venu apporter son «soutien» au prévenu. Il a annoncé mercredi dans un post Facebook avoir «perdu son oeil».

«Bam, bam, bam. Je ne comprenais pas»

L'audience démarre avec la projection de vidéos amateur, devenues virales. »Je cherche ma femme, je vois des coups de matraque de gendarmes donnés à des «gilets jaunes». Bam, bam, bam. Je ne comprenais pas. Je vois une dame au sol, un coup de pied et un coup de matraque levée, c'est là que je me jette sur le gendarme et je tape«, a-t-il dit d'une traite, très calme.

«Vous êtes en colère?», demande la présidente. «Je défends cette dame au sol. Quand je vois une injustice, je réagis. Tout est allé très, très vite», répond-il. Un débat s'engage pour savoir si un des gendarmes a ou pas donné un coup de pied à une femme à terre. Cette dernière, petit gabarit et cheveux fuschia, viendra à la barre confirmer qu'elle a «pris des coups». «Je me suis mise en boule. J'avais peur de perdre mon dentier. Ben oui, j'ai un dentier à 37 ans», dit-elle, relevant la tête vers la présidente.

«J'aurais dû juste pousser»

La présidente concède que Christophe Dettinger «a pu penser» qu'il y avait eu un coup de pied ou de matraque. »Oui, madame la présidente. Il y a une colère extrême qui est montée et voilà«, dit Christophe Dettinger, qui a «honte, tellement honte». Le procureur veut savoir l'effet que cela lui fait de voir un homme à terre être roué de coups. «Ce n'est pas une belle image. En voulant empêcher une injustice, j'en ai créé une autre», répond le «boxeur».

Comme dans les matches de boxe, »il y a des règles dans la vie«, assène le procureur. «Cela faisait huit manifs qu'il n'y avait pas de règle», rétorque le prévenu, avant d'ajouter, encore, qu'il regrette. «J'aurais dû juste pousser». Pourquoi les choses dégénèrent sur cette passerelle surplombant la Seine en marge de l'acte 8 de la contestation sociale? Le prévenu explique que les »gilets jaunes« étaient comme pris dans une nasse, avec des issues bouchées et la passerelle pour seul débouché.

A la barre, l'un des gendarmes frappés explique qu'il avait été positionné sur le premier tiers de la passerelle et non au bord pour éviter de devoir utiliser des troupes pour garder un escalier qui menait à la passerelle. «Economie d'effectifs».

Il nie avoir donné des coups de matraque comme le prétend Christophe Dettinger, dont les poings l'ont fait vacillé à plusieurs reprises, alors qu'il avait reçu l'ordre de reculer. Le «boxeur» répète qu'il n'est pas un «sale gitan, un casseur de flic», mais qu'il a «tapé ceux qui avaient tapé».

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • bobo le 13.02.2019 19:47 Report dénoncer ce commentaire

    dommage

    Le mouvement des gilets jaunes était honorable à la base malheureusement c'est devenu le ralliement de tous les extrêmes politiques et des voyous. La mouvement a été infecté par les casseurs. Les gilets jaunes ne savent même plus ce qu'ils veulent...

  • Boby le 13.02.2019 19:34 Report dénoncer ce commentaire

    Question

    Qui va se promener avec des gants plombés...?

  • Unpoing Ctou le 13.02.2019 19:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    boxeur karateka

    ... il n'a pas juste "foutu un coup de poing" il a donné des coups de pieds à un policier au sol !! c'est Inacceptable !

Les derniers commentaires

  • France le 17.02.2019 10:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre

    5 ans au minimum Pauvre Monsieur Pauvre France ou allez vous de cette manière Assez vos GJ

  • Fg le 14.02.2019 16:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vh

    Ce type est un héros

    • Et toi.. le 14.02.2019 19:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Fg

      T'es un zéro

    • Luc le 14.02.2019 21:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Fg

      Et bien moi, une personne qui frappe à coups de pieds une personne au sol avec visiblement l'intention de faire un maximum de dégâts, n'a que mon mépris, il sera à sa place en prison. Rien ne peut excuser son comportement.

  • Tiroukreyvh le 14.02.2019 11:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les loups sont de retour

    La justice laxiste impose une nouvelle loi et c'est aux préfets d'interdir aux récidivistes violents de manifester, un comble. On laisse un doigt de violence s'installer et ça vous mange le bras. Comme pour les chiens, à partir de 3 ou 4 individus violents en présence d'une cible, l'effet de meute s'installe et ça dégénère très vite. Par rapport à ça la police maîtrise, les dérapages sont en proportion exceptionnels. C'est comme aux USA où deux flics sont fumés par jour alors si par an, 3 à 4 policiers tirent les premiers pour survivre, on en fait un scandale. Relativisons, Albert E =MC2

  • Rene La Canne le 14.02.2019 11:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Coloro

    La justice française ????une mauvaise copie du bébête show de l époque

  • Mike Dep le 14.02.2019 07:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Circulez il n'y a rien à voir.

    Ceci n'est pas un jugement mais un encouragement à la violence. Il serait temps que ces juges de salon prennent conscience de la situation explosive qui règne aujourd'hui en France. Ils avaient là une occasion de montrer aux voyous qui ont besoin de se défouler les limites à ne pas dépasser. Au lieu de cela ils ont préféré rester dans le laxisme total, ce qui va donner des ailes aux gilets jaunes et aux casseurs dans les jours à venir. Attitude irresponsable des juges qui va probablement déboucher sur des drames.