France

12 janvier 2019 11:42; Act: 13.01.2019 05:52 Print

«Gilets jaunes»: mobilisation en hausse

L'acte IX de la contestation des gilets jaunes s'est terminé samedi sur une augmentation de la mobilisation et quelques heurts à Paris et en province.

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Emmanuel Macron a lancé mardi le grand débat national par un échange-marathon de plus de 6h30 heures avec 600 maires normands inquiets et eux-mêmes déterminés à témoigner des «fractures» françaises. (Mardi 15 janvier 2019) Des dizaines de milliers de «gilets jaunes» sont attendus partout en France. Il s'agit de l'acte 9 de leur contestation contre la politique sociale et fiscale du gouvernement. (Samedi 12 janvier 2019) (Samedi 12 janvier 2019) Les «gilets jaunes» préparent de nouveaux rassemblements samedi, à Paris mais aussi à Bourges. (Jeudi 10 janvier 2018) L'ex-boxeur «gilet jaune» accusé d'avoir frappé des gendarmes restera écroué dans l'attente de son procès, renvoyé au 13 février. (Mercredi 9 janvier 2019) Alors que le défilé parisien, parti des Champs-Elysées, s'était déroulé sans heurts dans la matinée, des tensions sont apparues dans l'après-midi à Paris, avec des jets de projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes sur les quais de Seine, près de l'Hôtel de Ville. Un feu s'est également déclaré dans une péniche-restaurant amarrée près du musée d'Orsay et plusieurs scooters et une voiture ont été incendiés sur le boulevard Saint-Germain où des barricades de fortune ont été érigées A Rouen, où au moins entre 1000 et 2000 personnes défilaient, un manifestant a été touché à la tête par des tirs de lanceurs de balles de défense et au moins deux «gilets jaunes» ont été interpellés A Rouen, les manifestations ont été particulièrement denses. (Samedi 5 janvier 2019) A Rouen et à Bordeaux, les commerçants étaient particulièrement soucieux de l'Acte VIII des gilets jaunes. (Samedi 5 janvier 2019) Les «gilets jaunes» ont prévu de se mobiliser un huitième samedi consécutif pour l'«acte VIII». (Samedi 5 janvier 2019 A couple look out from a shop as a security official walks on a street in Rouen, north-western France on January 5, 2019, during a nationwide day of demonstrations by 'Yellow Vest' (Gilets jaunes) anti-government protesters. - France's 'yellow vest' protestors were back on the streets as a government spokesman denounced those still protesting as hard-liners who wanted only to bring down the government. Several hundred protestors gathered on the Champs Elysees in central Paris, where around 15 police wagons were also deployed, an AFP journalist said. Marches were underway in several other cities across France. (Photo by CHARLY TRIBALLEAU / AFP) Les «gilets jaunes» appellent samedi à une reprise du mouvement lors de l'«acte VIII», sur toutes les «places symboliques» des villes françaises. (Vendredi 4 janvier 2019) A woman walks through smoke passing burning material during a rally by 'Yellow Vest' (Gilets jaunes) anti-government protesters in Rouen, north-western France on January 5, 2019, during a nationwide day of demonstrations. - France's 'yellow vest' protestors were back on the streets as a government spokesman denounced those still protesting as hard-liners who wanted only to bring down the government. Several hundred protestors gathered on the Champs Elysees in central Paris, where around 15 police wagons were also deployed, an AFP journalist said. Marches were underway in several other cities across France. (Photo by CHARLY TRIBALLEAU / AFP) Arrêté près des Champs-Elysées mercredi soir, le leader des «gilets jaunes» Éric Drouet estime son interpellation «politique» à sa sortie de garde à vue. (Jeudi 3 janvier 2019) En décembre, le climat des affaires est tombé à son plus bas niveau en deux ans. Le commerce de détail a souffert du mouvement des gilets jaunes. (21 décembre 2018) Les députés français ont adopté dans la nuit de jeudi à vendredi les mesures d'urgence promises aux «gilets jaunes». (21 décembre 2018) Macron jongle entre les aides et l'organisation d'un grand débat pour sortir de la crise. (Mardi 18 décembre 2018) Le président français doit trancher mardi avec les ministres sur les contours de la «grande concertation nationale» promise aux «gilets jaunes». (18 décembre 2018) Le premier ministre Edouard Philippe concède, dans un entretien au quotidien «Les Echos», ce dimanche 16 décembre 2018, «des erreurs». D'après un sondage, Emmanuel Macron est de moins en moins apprécié de l'opinion 76% des Français se disent «mécontents» (+3 points) de leur président. (15 décembre 2018) En cet Acte V de journée de mobilisation des Gilets jaunes, on dénombre un peu moins de manifestants. Une centaine de gardes à vue sont néanmoins à déplorer pour la seule ville de Paris. (samedi 15 décembre 2018) Manifestations à Nantes. (15 décembre 2018) Paris, 15 décembre 2018. Une «Marianne» face aux CRS, à Paris. (15 décembre 2018) Paris, 15 décembre 2018. Les premiers «gilets jaunes» convergeaient samedi sur les Champs-Elysées, encadrés par un dispositif sécuritaire d'ampleur, pour l'«acte V». (15 décembre 2018) 8000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dans la capitale, appuyés par 14 véhicules blindés à roues de la gendarmerie. (15 décembre 2018) Autour de l'arc de Triomphe, des fourgons de gendarmes mobiles étaient positionnés peu après 7h, tandis qu'un canon à eau était aperçu sur les Champs-Elysées. (15 décembre 2018) Dans un froid mordant, des manifestants arrivent par groupes. (15 décembre 2018) Malgré les promesses du président Macron, de nombreux «gilets jaunes» entendent manifester samedi. Une centaine de lycées étaient bloqués, vendredi en France, dans le cadre du mouvement de contestation de lycéens nés dans le sillage de celui «gilets jaunes». Un mois après le début de leur mouvement, les «gilets jaunes» maintenaient la pression vendredi à la veille d'un «acte V». (14 décembre 2018) Dans son allocution lundi soir, Macron annonce une volée de mesures pour apaiser les «gilets jaunes». Le chef de l'Etat français a décrété «l'état d'urgence économique et sociale». (10 décembre 2018) 8'000 membres des forces de l'ordre étaient disposés à Paris et 89'000 dans toute la France. (Samedi 8 décembre 2018) Vers 18h, «il y a eu 1'385 interpellations» et «ce chiffre va encore progresser», a annoncé M. Castaner, le Ministre de l'Intérieur français. (Samedi 8 décembre 2018). La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a déploré samedi soir «des scènes de chaos» dans la capitale et des «dégâts incommensurables» pour l'économie et l'image de la ville. (Samedi 8 décembre 2018) Des voitures et du mobilier urbain ont été incendiés, des vitrines saccagées et des magasins pillés. (Samedi 8 décembre 2018) Des premières scènes de casse et de pillages ont été enregistrées en début d'après-midi, à Paris. (Samedi 8 décembre 2018) Des véhicules blindés ont été utilisés. (Samedi 8 décembre 2018) Quelque 31'000 «gilets jaunes» manifestaient à la mi-journée en France pour la quatrième grande journée d'action qui a déjà donné lieu à plus de 700 interpellations, dont 575 à Paris, selon le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez. (Samedi 8 décembre 2018) Vers 13 heures, on comptait désormais plus de 700 interpellations de «gilets jaunes». (Samedi 8 décembre 2018) Environ 70 personnes ont été arrêtées samedi en amont d'une manifestation de «gilets jaunes» à Bruxelles, en Belgique, où le quartier des institutions européennes a été entièrement bouclé. (Samedi 8 décembre 2018) Vers midi, peu de heurts s'étaient produits entre «gilets jaunes» et forces de l'ordre dans la capitale française. (Samedi 8 décembre 2018) (Samedi 8 décembre 2018) Le Premier ministre français Edouard Philippe s'est exprimé vers 11 heures pour préciser que 481 personnes avaient été interpellées et 211 placées en garde à vue. (Samedi 8 décembre 2018) Une partie du dispositif de sécurité des forces de police prévu pour faire face à la mobilisation attendue des «gilets jaunes» a fuité sur internet. Une enquête a été ouverte. (Samedi 8 décembre 2018) La tension montait samedi matin aux abords des Champs-Elysées, à Paris, où les forces de l'ordre ont lancé les premiers gaz lacrymogènes contre des «gilets jaunes». (Samedi 8 décembre 2018) De nombreux «gilets jaunes» ont rejoint les Champs-Elysées, dans la capitale française, pour ce quatrième samedi de mobilisation. (Samedi 8 décembre 2018) (Samedi 8 décembre 2018) Près de 350 personnes ont été interpellées en début des manifestations des «gilets jaunes». En outre, 127 personnes avaient été placées en garde à vue, vers 10h30. (Samedi 8 décembre 2018) (Samedi 8 décembre 2018) Des véhicules blindés ont également été mobilisés. (Samedi 8 décembre 2018) La Tour Eiffel et Le Louvre étaient fermés au public, comme d'autres édifices. (Samedi 8 décembre 2018) Les forces de l'ordre fouillaient les manifestants avant de les laisser passer, afin d'éviter des débordements, comme le week-end passé. (Samedi 8 décembre 2018) La France redoute une nouvelle journée de violence lors de la quatrième journée de mobilisation des «gilets jaunes». (Samedi 8 décembre 2018) Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé qu'il allait rencontrer des «gilets jaunes libres». (Vendredi 7 décembre 2018) Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner a estimé que «tout laisse à penser que des éléments radicaux, des factieux, vont à nouveau tenter de se mobiliser samedi», lors de la manifestation des gilets jaunes. (Vendredi 7 décembre 2018) Les autorités françaises font tout pour éviter une nouvelle explosion de violence samedi à Paris en marge du mouvement des «gilets jaunes». (7 décembre 2018) La préfecture a appelé les commerces des Champs-Elysées à fermer leurs portes pour le 4e samedi de grogne à venir. Les musées devraient également être fermés. (jeudi 6 décembre 2018) L'exécutif défend mercredi son plan de sortie de crise devant l'Assemblée nationale, au lendemain d'annonces visant à apaiser les «gilets jaunes» et à réduire le risque d'un nouveau week-end de violences. (5 décembre 2018) Le gouvernement «suspend pour six mois» la hausse de la fiscalité sur le carburant et les tarifs du gaz et de l'électricité «n'augmenteront pas pendant l'hiver», a annoncé mardi le Premier ministre Édouard Philippe pour tenter de sortir de la crise des «gilets jaunes». (mardi 4 décembre 2018) Le Premier ministre Édouard Philippe va annoncer ce mardi un moratoire sur la hausse de la taxe sur les carburants prévue le 1er janvier. (mardi 4 décembre 2018) Pour remettre en état le seul Arc de Triomphe, il faudra des centaines de milliers d'euros, estime le président du Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval, ce dimanche 2 décembre 2018. Une statue de Marianne, symbole de la France, à l'intérieur de l'Arc de Triomphe. (dimanche 2 décembre 2018) L'arc de triomphe a été tagué. (dimanche 2 décembre 2018) Des voitures ont été brûlées à Paris. (dimanche 2 décembre 2018) Des vitrines commerçantes ont été attaquées et des commerces ont été pillés. (dimanche 2 décembre 2018) A Toulouse, dans le sud de la France, le bilan des manifestations qui ont dégénéré est lourd. Sur les 57 blessés qui sont à déplorer, on dénombre 48 policiers. (dimanche 2 décembre 2018) Un conducteur est décédé suite à un carambolage à cause d'un barrage de «gilets jaunes» près d'Arles (dimanche 2 décembre 2018) Emmanuel Macron a remercié les forces de l'ordre et les pompiers. Il s'est également rendu sur les lieux de manifestations. (Dimanche 2 décembre 2018) Quelques centaines de personnes étaient déjà rassemblées avant 8 heures le matin devant les barrages des forces de l'ordre. (Samedi 1 décembre 2018) Troisième jour de mobilisation nationale des gilets jaunes sur les Champs-Elysées (Samedi 1 décembre 2018) Deux véhicules de police ont été détruits lors d'incidents vendredi à la fin d'une manifestation d'environ 300 «gilets jaunes» à Bruxelles. (Vendredi 30 novembre 2018) La pétition en ligne sur change.org. contre la hausse du carburant à la pompe a dépassé le million de signataires ce jeudi. Un vrai succès! (29 novembre 2018) «Je soutiens les gilets jaunes. Je suis très respectueux de leur cause. Je suis ça avec tristesse et frustration(...). Leur mouvement est compréhensible», a déclaré Michel Polnareff au quotidien Le Parisien.(Mercredi 28 novembre 2018) Brigitte Bardot soutient le mouvement des «gilets jaunes». «Avec vous», écrit-elle sur Twitter. (Mercredi 28 novembre 2018) Franck Dubosc, Pierre Perret, Kaaris ont manifesté sur les réseaux sociaux leur soutien aux «gilets jaunes.» (Mercredi 28 novembre 2018) Face au mouvement des «gilets jaunes», Emmanuel Macron a annoncé vouloir limiter l'impact des taxes carburant et une «grande concertation». Il n'entend toutefois pas renoncer à sa stratégie sur l'environnement et le nucléaire. (Mardi 27 novembre 2018) Une barricade en feu sur le haut de l'avenue des Champs-Elysées, devant l'Arc de Triomphe. (Samedi 24 novembre 2018) C'est sur l'avenue des Champs-Elysées, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, que les incidents ont été les plus marquants. (Samedi 24 novembre 2018) Il y a eu au total 130 personnes placées en garde à vue, dont 42 à Paris. (Samedi 24 novembre 2018) 106'301 «gilets jaunes» ont été recensés samedi à 17h00 dans toute la France, dont 8000 à Paris. (Samedi 24 novembre 2018) Le président Emmanuel Macron a exprimé sa «honte» face à ces incidents, dénonçant ceux qui ont «agressé» les forces de l'ordre et «violenté d'autres citoyens». (Samedi 24 novembre 2018) La manifestation des «gilets jaunes» samedi sur les Champs-Elysées a donné lieu à des échauffourées et des interpellations. (Samedi 24 novembre 2018) Seize policiers ont été blessés lors d'échauffourées lors de manifestations des gilets jaunes. L'un des policiers a eu la main arrachée par une grenade. (Mercredi 21 novembre 2018) (Mercredi 21 novembre 2018) Troisième jour de blocage et une première condamnation: les «gilets jaunes» poursuivaient lundi les opérations de blocage en ciblant autoroutes et dépôts pétroliers, tandis que les autorités affichaient leur fermeté. (19 novembre 2018) La conductrice qui, prise de panique samedi matin, a tué une manifestante à Pont-de-Beauvoisin en Savoie, a été mise en examen pour violences volontaires avec arme par destination ayant entraîné la mort sans intention de la donner. (Lundi 19 novembre 2018) Au lendemain de la mobilisation qui a rassemblé près de 288'000 personnes dans toute la France, la mobilisation continue par endroits. (dimanche 18 novembre 2018) Des barrages ont été tenus par les «gilets jaunes» dans la nuit du 17 au 18 novembre. Quelque 288'000 personnes se sont mobilisés la veille contre la hausse des prix du carburant. On déplore un mort et quelque 400 blessés au lendemain de ce mouvement social. (dimanche 18 novembre 2018) Une manifestante est décédée samedi matin en Savoie après avoir été heurtée par une voiture lors d'un barrage organisé par les «gilets jaunes» et 227 personnes ont été blessées dont sept gravement au cours d'autres incidents, a indiqué le ministère de l'Intérieur. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) Près de 283'000 personnes ont participé à 2000 rassemblements recensés dans tout le pays, au cours desquels 117 personnes ont été interpellées dont 73 placées en garde à vue. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) A Quimper, deux policiers ont été blessés après avoir été volontairement heurtés par un véhicule. L'un des deux a dû être hospitalisé, selon la préfecture. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) Près de Bordeaux, quatre membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés en fin de journée lors de heurts avec les manifestants lors d'une opération d'évacuation du péage de Virsac, sur l'A10, où la circulation était filtrée depuis la matinée, selon la préfecture. (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) (Samedi 17 novembre 2018) Rennes, le 17 novembre 2018. Rennes, le 17 novembre 2018. Dans le Bas-Rhin, un piéton est entre la vie et la mort. On dénombre par ailleurs au moins 16 blessés en fin de matinée ce 17 novembre 2018. Ici, la mobilisation à Vendenheim, dans l'est de la France. Une manifestante a été tuée à un barrage en Savoie quand la conductrice, dont la voiture était secouée par les manifestants, a été prise de panique et a appuyé sur le champignon pour se tirer de ce mauvais pas. (17 novembre 2018) A Morbecque, même la mairie s'est mise aux couleurs de la protestation contre la hausse des prix du carburant. (17 novembre 2018) Un manifestant en colère. (17 novembre 2018) Un autre manifestant en colère. (17 novembre 2018) Un conducteur professionnel en colère. (17 novembre 2018)

Une faute?

La mobilisation des «gilets jaunes» a connu un vif rebond samedi en France, où plus de 80'000 protestataires ont défilé contre la politique d'Emmanuel Macron, sans heurts majeurs, à trois jours d'un débat national censé apaiser leur colère.

Quelque 84'000 manifestants ont été recensés dans toute la France, selon la police, soit un chiffre nettement en hausse par rapport à samedi dernier où le ministère français de l'Intérieur avait dénombré 50'000 personnes, après un essoufflement du mouvement en fin d'année.

«Il y a un regain assez formidable depuis une semaine et qui va encore s'accentuer», a prédit Thibault Devienne, 23 ans, un «gilet jaune» de Juvisy, en banlieue parisienne, venu défiler dans les rues de la capitale.

Violences moins nombreuses

Si plusieurs manifestations ont été émaillées de heurts, notamment à Paris, Bordeaux (sud-ouest), Toulouse (sud-ouest), Bourges (centre) et Caen (ouest), les violences ont été globalement moins nombreuses. Au total, 244 personnes ont été interpellées, dont 201 ont été placées en garde à vue, selon le ministère de l'Intérieur. «Les violences ont pu être contenues grâce à un dispositif important, mobilisant 80'000 membres des forces de sécurité intérieure, axé sur la mobilité, la réactivité et la capacité à interpeller, qui a fait la démonstration de son bien-fondé», s'est félicité le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

A Paris, où 8000 personnes ont défilé «dans le calme» et «sans incident grave», «la responsabilité l'a emporté sur la tentation de l'affrontement», a salué M. Castaner dans une déclaration transmise à l'AFP.

«Macron démission»

Le ministre a toutefois condamné sur Twitter les agressions dont ont été victimes des journalistes. «Dans notre démocratie, la presse est libre. Dans notre République, la liberté d'informer est inaliénable. Violenter des journalistes, c'est attenter à l'une et à l'autre», a-t-il écrit.

A Paris, le cortège des «gilets jaunes» a défilé dans le calme, encadré par un service d'ordre, les rues résonnant des habituels «Macron démission». «Macron qui dit qu'il faut encore faire des efforts mais non ! Les gens n'en peuvent plus», expliquait Virginie Pieru, directrice de crèche en banlieue parisienne.

Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour repousser des manifestants qui leur lançaient des projectiles dans le secteur des Champs-Elysées et autour de l'Arc de Triomphe, point d'arrivée de la manifestation, selon des journalistes de l'AFP.

Manif à Bourges

Un total de 149 personnes ont été interpellées à Paris, notamment pour port d'arme prohibée ou participation à un groupement en vue de commettre des violences, a indiqué la police. Parmi elles, 108 ont été placées en garde à vue.

Ailleurs en France, les manifestants ont été nombreux à défiler. Comme à Bourges, une ville du centre du pays de 66'000 habitants où ils étaient environ 6300 à manifester dans une ambiance bon enfant. En fin d'après-midi, des heurts ont toutefois éclaté entre des groupes et les forces de l'ordre.

Deux «gilets jaunes» de 17 et 28 ans ont été blessés par des tirs de policiers. Au total 19 personnes ont été interpellées. «On veut la dissolution de l'Assemblée. Macron doit arrêter de faire la sourde oreille et s'apercevoir du mal-être», plaidait William Lebrethon, 59 ans, un artisan dans le bâtiment venu protester contre «les abus de pouvoir».

«Grand débat national» dès mardi

Cette hausse de la mobilisation en France intervient alors que le président Emmanuel Macron et son gouvernement lancent mardi un «grand débat national», dont l'ambition est de calmer la colère des «gilets jaunes».

Depuis le 17 novembre, ces Français issus des classes populaires et moyennes dénoncent la politique fiscale et sociale du gouvernement, qu'ils jugent injuste, et réclament plus de pouvoir d'achat. Ces «gilets jaunes» sont restés insensibles aux concessions annoncées par M. Macron mi-décembre.

Et le mouvement, dont l'impact sur l'économie française est sévère d'après les autorités, reste populaire dans l'opinion publique malgré les violences. Pour reprendre la main sur son quinquennat, le président français a fait de la consultation nationale sa priorité.

L'enjeu est de taille, au moment où la défiance vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique en France, au premier chef Emmanuel Macron, est au plus haut, selon une enquête d'un institut français de recherches politiques, le Cevipof.

«Du cash, du concret»

«C'est pour nous endormir ce truc. Ce qu'il faut, c'est du cash, du concret, le plus tôt possible», a d'ores et déjà répondu un couple de manifestants, Jean-Luc Dugast et sa compagne Marie-Thérèse Augusto.

Ce mouvement des «gilets jaunes» a commencé à se répandre dans le monde, contre les politiques économiques des gouvernements, mais dans des proportions plus modestes qu'en France. Ainsi des centaines de personnes, beaucoup revêtues d'un gilet jaune, ont défilé samedi à Londres pour dénoncer l'austérité et réclamer des élections générales anticipées.

Au Canada, plusieurs groupes de «gilets jaunes», ou «yellow vests» en anglais, ont été formés ces derniers jours sur Facebook, l'un d'eux comptant plus de 100'000 membres, avec des propos virulents portés contre le Premier ministre Justin Trudeau.

En Belgique, où le mouvement a démarré en novembre comme en France, un homme qui participait à un barrage filtrant sur une autoroute de l'est du pays est mort vendredi soir renversé par un camion.

(nxp/afp)