Procès de Jawad Bendaoud

05 décembre 2018 18:06; Act: 05.12.2018 18:06 Print

«Il a logé ces salopards en connaissance de cause»

Des victimes des attentats du 13 novembre 2015 en France ont raconté leur vie brisée mercredi à la cour d'appel, au procès de Jawad Bendaoud, le logeur de deux jihadistes, qu'elles accusent de complicité.

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Les mots les plus durs sont venus de Patrick J., qui a perdu sa fille, Nathalie, dans l'attaque contre la salle de spectacles parisienne du Bataclan (90 morts). «J'ai été choqué des peines prononcées par le tribunal correctionnel», qui, en février, a relaxé Jawad Bendaoud, a-t-il dit à la cour. «Je suis certain qu'il (Jawad Bendaoud, ndlr) a logé ces salopards en parfaite connaissance de cause», a-t-il affirmé, réclamant des «peines exemplaires» pour Jawad Bendaoud et Youssef Aït Boulahcen.

Jawad Bendaoud est jugé pour avoir logé deux jihadistes, dont Abdelhamid Abaaoud, l'un des organisateurs des attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, au nord de la capitale. Youssef Aït Boulahcen comparaît pour «non dénonciation de crime terroriste».

Gaétan H. était au Bataclan le 13 novembre. Le 18 novembre 2015, quand les deux jihadistes ont été tués dans l'assaut des forces de l'ordre à Saint-Denis, dans le squat de Jawad Bendaoud, il a ressenti «un soulagement passager», parce qu'il a alors «compris qu'ils pouvaient avoir des complices partout».

Romain R., qui était pour sa part assis à une terrasse parisienne prise pour cible, reproche à Jawad Bendaoud de se défendre en se faisant passer pour un voyou, éloigné des jihadistes. «Il est moralement impossible d'accepter ce type de défense», a-t-il estimé. Romain R. revient sur des déclarations de Jawad Bendaoud, qui a expliqué avoir loué son squat à des call-girls, sans se préoccuper de ce qu'elles faisaient dedans. «De la même façon, vous vous dédouanez des terroristes», a-t-il accusé.

Sarah Z. a été victime d'un «double attentat»: elle a été «projetée» par l'explosion d'un kamikaze au Stade de France, puis a vécu de près l'assaut du Raid, car elle habite à Saint-Denis. «J'ai pensé que les jihadistes venaient me chercher», a raconté la jeune femme. «Laissez les personnes en liberté comme ça. Mais vous ne savez pas quel préjudice on a subi. (...) J'ai 26 ans. On dirait que j'en ai 40», a-t-elle dit à la cour.

(afp)