Présidentielle US

12 janvier 2016 06:41; Act: 12.01.2016 07:50 Print

«Il n'y a pas d'examen religieux aux Etats-Unis»

Visant Donald Trump, la diplomatie américaine estime que les propos anti-islam sont du «grain à moudre» pour les extrémistes.

storybild

Une manifestation à Dallas contre l'accueil des réfugiés syriens. Face à ce groupe hostile aux réfugiés défilait une contre-manifestation dénonçant l'islamophobie. (12 décembre 2015) (Photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Les discours antimusulmans proférés aux Etats-Unis durant la campagne pour la présidentielle de novembre sont du «grain à moudre» pour la propagande de groupes islamistes armés, a mis en garde lundi la diplomatie américaine. Donald Trump est notamment visé.

Le département d'Etat, qui d'habitude ne se mêle pas de la politique intérieure américaine, s'est bien gardé de citer le nom d'un candidat à la Maison-Blanche, mais il a clairement fait allusion au milliardaire, qui multiplie les déclarations hostiles à l'islam et aux musulmans, dont certaines ont justement été utilisées récemment dans une vidéo des islamistes somaliens shebab.

Trump repris par des islamistes

«Il n'y a pas d'examen religieux ici aux Etats-Unis et il ne doit pas y en avoir et tout commentaire contraire peut être perçu par des extrémistes comme du grain à moudre», a taclé le porte-parole du ministère des affaires étrangères, interrogé sur d'éventuelles protestations de pays musulmans devant la tournure de la campagne électorale aux Etats-Unis.

«Le simple fait que les commentaires d'un candidat ont été utilisés dans une vidéo de recrutement pour un groupe extrémiste soutient parfaitement mon argument», a expliqué le porte-parole.

Il faisait allusion au fait que Donald Trump est apparu dans une vidéo des shebab somaliens, affiliés à Al-Qaïda, destinée à attirer de nouvelles recrues, appelant les musulmans américains à «fuir l'atmosphère oppressive de l'Occident pour les terres de l'islam».

Appui des suprématistes

Celui qui fait la course en tête des sondages côté républicain, malgré ses déclarations à l'emporte pièce contre les musulmans ou les immigrés latino-américains, a notamment proposé de fermer les frontières aux musulmans après les attentats djihadistes de Paris le 13 novembre (130 morts) et de San Bernardino en Californie le 2 décembre (14 morts).

Un groupe suprématiste blanc a annoncé lundi avoir passé 200'000 appels téléphoniques automatiques aux électeurs de l'Iowa pour leur demander d'appuyer la candidature de Donald Trump à l'investiture républicaine en vue de l'élection présidentielle.

«Nous n'avons pas besoin de musulmans» aux Etats-Unis, a écrit le parti de la liberté américaine sur son site Internet.

(nxp/ats)