CRS lynché par des «gilets jaunes»

05 décembre 2018 21:17; Act: 06.12.2018 07:48 Print

«Il prenait des coups de pied dans la tête»

Le manifestant qui a aidé un CRS à échapper à un passage à tabac, samedi à Paris, a accepté de témoigner. Il nie être un «policier infiltré».

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Alors que les «gilets jaunes» prenaient d'assaut l'Arc de Triomphe, samedi, un CRS a été violemment pris à partie par un groupe de manifestants. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre le policier se faire pousser au sol et être roué de coups par une nuée d'individus. Grâce à l'intervention d'un homme qui le tire de là, le CRS parvient à échapper à un lynchage en règle. Son casque dans la main, il prend la fuite au pas de charge.



Dans les innombrables commentaires qui ont accompagné ces images sur les réseaux sociaux, certains affirmaient que le bon samaritain était en fait un «policier infiltré». Faux, rétorque le principal intéressé, qui a accepté de se confier à France 2, mardi: «Je suis un citoyen normal, ouvrier, je ne fais partie d'aucun syndicat. Je suis un «gilet jaune». C'est tout.»

Miguel Henriques Paixao, ouvrier dans la chimie, se trouvait au milieu du chaos lorsqu'il dit avoir vu «un CRS qui était en difficulté sur le côté». «J'observe, je suis derrière dans les lacrymogènes. Et là, à un moment, ils le mettent par terre et je vois que son casque s'enlève et qu'il prend des coups de pied dans la tête», raconte le manifestant. Craignant le pire, Miguel accourt «pour essayer de l'aider, tout simplement». Le policier, visiblement sonné, quitte rapidement les lieux.

L'ouvrier dit avoir agi sans réfléchir, par instinct. Il raconte avoir essuyé «des tirs de flashball» dans le dos et dans le bras, alors qu'il avait juste «balancé quelques pommes, rien de plus». «Moi à la base, je n'étais pas là pour faire de la casse, je ne suis pas un casseur, rien du tout», assure Miguel.

(joc)