Senior blessée à Nice (F)

26 mars 2019 18:14; Act: 26.03.2019 18:14 Print

«J'ai 73 ans: qu'est-ce qui peut m'arriver?»

Les autorités françaises ont livré, lundi, des précisions sur la septuagénaire blessée lors d'une manifestation de gilets jaunes à Nice. Elle avait été interviewée juste avant sa blessure.

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Geneviève Legay, la septuagénaire blessée lors de l'acte 19 des gilets jaunes dans la ville de la Côte d'Azur (F), avait répondu aux questions de CNews en marge de la manifestation, alors que la situation était encore calme.

Avec une cinquantaine d'autres manifestants, la militante et porte-parole d'Attac 06 se trouvait sur la place Garibaldi, qui fait partie de la zone où il y a interdiction de manifester à Nice, note le Huffington Post.

«L'arrêté (ndlr: notifiant l'interdiction de manifester à cet endroit), on ne l'a pas eu. Donc on a donné rendez-vous à 10 h pour se rassembler pacifiquement», explique-t-elle au micro de la chaîne d'information (voir vidéo ci-dessus). «On ne va pas aller agresser ni le président chinois, ni le président français (...) On quittera (la place) quand on voudra. Après, s'ils (ndlr: les forces de l'ordre) prennent la force, on verra bien.»

«Vous n'avez pas peur, Madame?», l'interroge le journaliste. «Non. Vous savez, j'ai 73 ans: qu'est-ce qui peut m'arriver? Moi je me bats pour mes petits-enfants, 50 ans que je suis sur le terrain, donc voir ce que je vois aujourd'hui, c'est à pleurer», répond-elle. «Vous allez rester ici place Garibaldi?» lui demande encore le journaliste. «Je resterai ici tant que je le déciderai moi», conclut avec aplomb Geneviève Legay. Quelques minutes plus tard, elle a été bousculée lors d'une charge des forces de police pour disperser les manifestants.

«Pas touchée intentionnellement»

La septuagénaire blessée n'a «pas été touchée intentionnellement» et n'a eu «aucun contact avec un agent de sécurité». Elle est tombée après avoir été «poussée», a déclaré lundi le procureur de la République de Nice. «Elle a été poussée, la chute est intervenue alors que les forces de l'ordre intervenaient pour une action de dispersion», a indiqué Jean-Michel Prêtre lors d'une conférence de presse, précisant que la septuagénaire «présentait une plaie à l'arrière du crane».

Mais «il est difficile de savoir qui exactement était derrière elle», a-t-il ajouté. Selon le procureur, qui «exclut qu'elle était en train de courir» et soit tombée seule, il y avait derrière elle trois personnes, «un journaliste qui filmait, une autre manifestante et une autre personne à la casquette marron». «On ne voit pas qui la pousse», mais «elle n'a pas été touchée par les forces de sécurité», a-t-il assuré. Interrogée par les enquêteurs, la septuagénaire a assuré ignorer que la manifestation était interdite sur la place.

Des plaintes visant la police et le préfet des Alpes-Maritimes ont été déposées lundi par la famille de la victime.

(cga/afp)