Russie

28 février 2015 16:55; Act: 28.02.2015 19:25 Print

«J'espère que Poutine ne vous tuera pas»

Deux semaines avant son assassinat, Boris Nemtsov avouait craindre pour sa vie dans un entretien et le journaliste qui l'interrogeait lui avait souhaité bonne chance.

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12.05 Les proches de l'opposant russe, assassiné en février en plein centre de Moscou, ont rassemblé dans un rapport des «preuves exhaustives» de la présence de forces militaires russes en Ukraine. Une version que le Kremlin dément vigoureusement depuis des mois. 07.04 Plusieurs centaines de partisans de l'opposant russe Boris Nemtsov se sont recueillis mardi matin au pied du Kremlin, sur le pont où il a été assassiné il y a tout juste quarante jours. 31.03 Le Tribunal municipal de Moscou a inculpé de «meurtre commandité» les cinq suspects arrêtés après l'assassinat en février de l'opposant russe Boris Nemtsov. 11.03 Le principal suspect du meurtre de l'opposant russe Boris Nemtsov, Zaour Dadaïev (photo), a avoué, a déclaré mercredi un membre du Conseil consultatif pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin après l'avoir vu en prison. Mais il a manifestement été torturé. 09.03 La piste islamiste privilégiée par la police russe dans l'enquête sur le meurtre de l'opposant Boris Nemtsov est «absurde» et «répond à un ordre du Kremlin», a affirmé lundi à l'AFP son ami Ilia Iachine. 08.03 Zaour Dadaïev, qui était le chef adjoint d'un bataillon de police tchétchène selon les agences de presse russes, a été arrêté samedi en Ingouchie, république voisine de la Tchétchénie, dans l'instable Caucase russe. Il a reconnu avoir participé au meurtre de Boris Nemtsov. 06.03 Ganna Douritska, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov qui avait été témoin du meurtre à Moscou de cet opposant russe, a annoncé subir des menaces depuis son retour en Ukraine, a annoncé vendredi le Parquet général ukrainien, ajoutant avoir donné l'ordre de prendre des mesures pour «assurer sa sécurité». 04.03.2015 Plusieurs suspects ont été identifiés dans l'enquête sur l'assassinat de l'opposant Boris Nemtsov, a annoncé mercredi le directeur du FSB, les services de sécurité russes. 03.03 La dépouille mortelle de Boris Nemtsov doit être exposée de 10h à 14h pour un dernier hommage au Centre Sakharov, musée consacré aux droits de l'homme et à l'académicien dissident soviétique Andreï Sakharov. 02.03 Ganna Douritska, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov, qui avait été témoin du meurtre de cet opposant russe et s'était plainte d'être «retenue» en Russie, a pu quitter le pays lundi soir pour se rendre à Kiev. 02.03 L'opposant russe assassiné avait accumulé des «preuves» de la présence de soldats russes en Ukraine qu'il était sur le point de publier, a affirmé lundi son ami Ilia Iachine. 02.03 La compagne ukrainienne de l'opposant russe Boris Nemtsov, tué par balles à Moscou, s'est plainte lundi d'être retenue en Russie, sa mère ayant de son côté appelé à l'aide les autorités de Kiev craignant pour la sécurité de sa fille. 02.03 Les enquêteurs russes ne semblaient pas avoir beaucoup avancé lundi pour retrouver les auteurs du meurtre de l'opposant Boris Nemtsov, trois jours après les faits. Et cela malgré l'engagement du président Vladimir Poutine à «tout faire» pour châtier les tueurs. 02.03 Au lendemain de la marche en hommage à Boris Nemtsov, qui a réuni des dizaines de milliers de Moscovites, la presse russe se faisait l'écho lundi du choc causé par le meurtre de l'opposant et ancien vice-Premier ministre russe, assassiné vendredi près du Kremlin. 01.03 Plusieurs milliers de Russes se sont rassemblés dimanche en début d'après-midi dans le centre de Moscou pour participer à une marche dans Moscou en hommage à Boris Nemtsov, l'opposant et ancien vice-Premier ministre russe assassiné près du Kremlin. 28.02 Deux semaines avant son assassinat, Boris Nemtsov avouait craindre pour sa vie dans un entretien et le journaliste qui l'interrogeait lui avait souhaité bonne chance. L'opposant russe russe Boris Nemtsov a été tué par balle en plein centre de Moscou dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait 55 ans. Abattu par balle à 55 ans juste à côté du Kremlin, Boris Nemtsov avait notamment été l'un des chefs de file de la vague de contestation sans précédent qui avait marqué en 2011-2012 la campagne électorale de Vladimir Poutine, alors candidat pour un troisième mandat de président. Boris Nemtsov se promenait avec une jeune femme sur le Grand Pont de pierre, juste à côté du Kremlin, lorsqu'il a été abattu de quatre balles. Boris Nemtsov avait pris position dans la crise en Ukraine, critiquant notamment la politique menée par Vladimir Poutine dans le conflit, comme ici, lors d'un rassemblement, à Moscou. Il avait été vice-Premier ministre du président Boris Eltsine dans les années 1990. Dès l'annonce du drame, des centaines de Moscovites sont venus se recueillir et déposer des bouquets de fleurs.

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Près de deux semaines avant son assassinat vendredi en plein centre de Moscou, l'opposant au Kremlin Boris Nemtsov confiait à un hebdomadaire russe à faible tirage ses craintes et celles de sa famille quant à sa sécurité. «Vous savez, oui... un peu», répondait l'ancien vice-premier ministre au journaliste de l'hebdomadaire Sobessednik qui lui demandait s'il avait peur que le président russe Vladimir Poutine s'en prenne à lui.

«Mais malgré tout, je n'ai pas si peur de lui. Si j'avais très peur, je ne dirigerais pas un parti d'opposition et je ne ferais pas ce que je fais», nuançait-il début février dans les colonnes de ce journal qui a connu son heure de gloire dans les années précédant la chute de l'URSS.

L'opposant, qui s'est attiré nombre d'ennemis en dénonçant l'«agression russe en Ukraine», racontait discuter fréquemment politique avec sa mère Dina Eidman, 87 ans, à qui M. Poutine a présenté ses condoléances samedi. «Elle est catégoriquement opposée à ce qui se passe en Ukraine. Elle estime que c'est une catastrophe et un cauchemar total. Mais ce qui l'inquiète plus que l'Ukraine, c'est Poutine», raconte M. Nemtsov.

Nombreuses menaces

«A chaque fois que je l'appelle, elle radote: Quand est ce que tu arrêteras de blâmer Poutine? Il va te tuer! », poursuit-il. «Elle a réellement peur qu'on me tue très prochainement à cause de mes prises de position». Boris Nemtsov a reçu au fil des ans de nombreuses menaces.

Les enquêteurs russes ont cité parmi les motifs possibles de son assassinat la piste islamiste pour son soutien à Charlie Hebdo et celle d'«éléments radicaux» impliqués dans le conflit en Ukraine. «J'espère malgré tout que le bon sens prévaudra et que Poutine ne vous tuera pas», plaisante alors le journaliste de Sobessednik. «Si Dieu le veut. Je l'espère aussi», lui répond Boris Nemtsov.

Preuves contre Moscou

Le président ukrainien Petro Porochenko a affirmé que Boris Nemtsov a été assassiné parce qu'il s'apprêtait à divulguer des preuves de l'implication de Moscou dans le conflit séparatiste en Ukraine.

«Il disait qu'il allait révéler des preuves convaincantes de l'implication des forces armées russes en Ukraine. Quelqu'un avait très peur de cela, ils l'ont tué», a dit M. Porochenko, ajoutant que M. Nemtsov lui avait confié il y a quelques semaines qu'il possédait la preuve du rôle joué par la Russie dans la crise ukrainienne.

«Il était un pont entre l'Ukraine et la Russie, et ce pont a été détruit par les coups de feu d'un assassin. Je pense que ce n'est pas par hasard», a réagi le président ukrainien.

Parmi les nombreuses condamnations à l'étranger, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a dénoncé samedi dans un communiqué «un meurtre brutal». Il souhaite que les autorités russes fassent tout leur possible pour que ce crime soit élucidé et que les coupables ne restent pas impunis.

«Epouvantable assassinat politique»

L'ancienne dissidente Lioudmila Alexeeva a résumé le sentiment de ceux qui soutenaient Boris Nemtsov dans sa lutte contre les autorités: «C'est un épouvantable assassinat politique».

Comme d'autres membres de l'opposition, Boris Nemtsov était aussi parti en lutte contre la corruption. Dans des rapports, il avait dénoncé le coût pharaonique des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi et dressé la liste de nombreux bâtiments publics, hélicoptères et avions mis à la disposition de Vladimir Poutine.

Quelques heures avant d'être assassiné, il appelait les Russes - sur l'antenne de la radio indépendante Echo de Moscou - à manifester dimanche dans la capitale contre «l'agression de Vladimir Poutine» en Ukraine et pour l'arrêt de la guerre dans l'Est séparatiste.

«La décision a été prise d'annuler la manifestation et d'organiser à la place une marche dans le centre de Moscou» à la mémoire de Nemtsov, a déclaré l'un de ses compagnons de l'opposition, Mikhaïl Kassianov, ancien Premier ministre de M. Poutine.

«Relancer l'hystérie antirusse»

Du côté des alliés du Kremlin, l'accent était mis sur l'aspect «provocateur» de cet assassinat, et les risques de déstabilisation pour la Russie.

«M. Poutine a déclaré que cet assassinat brutal portait les marques d'un meurtre commandité et avait tout d'une provocation», a dit son porte-parole Dmitri Peskov.

«Manifestement, il faut que le sang coule pour que des troubles éclatent dans le centre de Moscou», a commenté le chef du parti communiste Guenadi Ziouganov. Un autre responsable du parti, Ivan Melnikov, a estimé qu'il s'agissait d'une «provocation destinée à relancer l'hystérie antirusse à l'étranger».

(afp)