Etats-Unis

23 novembre 2019 11:36; Act: 23.11.2019 13:18 Print

«Je ne pensais pas que c'était lié au vapotage»

Un étudiant américain de 22 ans a frôlé la mort à cause d'une consommation intensive de cigarettes électroniques. Il témoigne.

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Gregory Rodriguez a été hospitalisé durant 12 jours. (Photo: AFP/ho)

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Brûlant de température, vomissant et diarrhéique, Gregory Rodriguez était persuadé d'avoir attrapé un quelconque virus quand il s'est présenté aux urgences d'un hôpital new-yorkais en septembre. Deux jours plus tard il était inconscient, branché sur un poumon artificiel et candidat à une double greffe pulmonaire.

«Je pensais que ça n'avait rien à avoir avec le vapotage», raconte l'étudiant en informatique de 22 ans à l'AFP, deux mois après un calvaire qui l'a rapproché de la mort à quelques heures, et attribué par les médecins à une consommation intensive de cigarettes électroniques. Les autorités américaines ont qualifié le phénomène, qui a fait 47 morts, d'épidémie.

Les urgentistes dans ce quartier du Queens n'ont pas fait le lien immédiatement avec le vapotage. Comme souvent au début de cette épidémie découverte cet été, ils ont d'abord renvoyé Gregory chez lui avec des antibiotiques, croyant à une infection. Jusqu'à ce que Gregory revienne à l'hôpital, essoufflé, et confesse qu'il vapotait du cannabis depuis deux ans. «Je ne voulais pas leur dire au départ car c'est illégal dans l'Etat de New York», dit-il.

«A quelques heures de mourir»

Ce 18 septembre, son organisme s'effondre vite. Il est placé sous respirateur artificiel, mais cela ne suffit pas. Ses poumons étaient remplis d'une substance visqueuse, comme du flan, fruit de l'inflammation extraordinaire de ses voies respiratoires. L'oxygène ne pouvait plus passer dans le sang.

«Il était à quelques heures de mourir», dit la docteur Mangala Narasimhan, qui l'a traité. Gregory est branché sur une machine de dernier recours, ECMO (oxygénation par membrane extra-corporelle): la machine aspirait son sang pour l'oxygéner hors du corps, puis lui réinjecter dans les veines. Le jeune homme est plongé dans un coma artificiel pendant trois jours pour ne pas souffrir.

Il s'en sort sans greffe

«Quand je me suis réveillé, j'avais un tube dans la bouche qui allait dans les poumons», se souvient Gregory. Sa mère lui montre des photos de lui inconscient.

Ses poumons ont profité de la pause pour récupérer, pendant que la machine les remplaçait. Cela l'a sauvé, il n'a pas eu besoin de greffe. 12 jours après son hospitalisation, il rentrait chez lui, un temps relativement court comparé à d'autres malades.

Son cas est néanmoins typique des situations les plus sévères. Au Long Island Jewish Medical Center, sur 40 malades, cinq ont été aussi graves que Gregory.

Capacité pulmonaire réduite

«Les premiers jours ont été très, très durs. C'était vraiment dur, dur de monter les escaliers», se souvient Gregory du retour dans l'appartement familial. Deux mois plus tard, il n'est plus à bout de souffle. Mais sa capacité pulmonaire reste réduite à 60%, dit son médecin.

«Physiquement, je me sens normal, mais mentalement, je vais mettre longtemps à récupérer», précise Gregory. Le cannabis lui manque. «Je ne veux pas dire addiction, mais il y a des jours où je ne pense qu'à ça».

Ce qu'il hésite à appeler une dépendance lui coûtait environ 16 dollars la cartouche de THC, l'ingrédient stupéfiant du cannabis. Il les achetait par paquets de 25, de sources douteuses sur le dark web, la face cachée d'internet où se cachent les criminels, en payant en Bitcoins. Une méthode plus compliquée mais moins chère que les 40 dollars la cartouche demandés par les dealers à New York. «C'est un peu comme Amazon mais pour les drogues».

Dépressif

L'été dernier, déprimé, il s'est mis à vapoter plus, jusqu'à une cartouche entière tous les deux jours. «Comme le THC est illégal, le problème est qu'on est obligé d'aller sur le marché noir», dit-il.

«Si c'était légal ce serait plus sûr car on en achèterait dans un dispensaire officiel», selon lui. Une affirmation pas forcément juste, puisque le cannabis est fortement taxé et plus cher qu'au marché noir dans les Etats où il a été légalisé.

L'étudiant pointe néanmoins une contradiction de la réglementation américaine: les autorités fédérales débattent d'une interdiction des cigarettes électroniques aromatisées, pour prévenir le vapotage des jeunes...

Mais puisque le cannabis est interdit au niveau fédéral, elles ne régulent et contrôlent pas les e-liquides au cannabis qui sont autorisés localement. Une interdiction des arômes «ne changerait rien» à l'épidémie de malades, conclut Gregory. «Mais les cartouches au THC, ce sont elles qui tuent les gens».

(afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Seb le 23.11.2019 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    20 minute psychose

    Il faut quand-même arriver à la moitié de l'article pour avoir l'information que son intoxication n'a rien à voir avec le vapotage mais bien avec la consommation de produits illégaux achetés sur le darknet. Est-ce que 20 minutes toucherai de l'argent de Philip Morris pour vouloir à tout prix tuer la meilleure alternative actuelle au tabagisme?

  • Ts le 23.11.2019 13:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui

    Donc c'est de nouveau ce liquide au thc... si vous mettez du roundup dans votre café aussi vous allez crever....

  • lulux le 23.11.2019 13:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    liquide cannabis et marché noir

    Noté le dans le titre que c'est du liquide au canabis acheté au marché noir. ca éviterait peux être que la population fasse la chasse aux vapoteurs classique. Merci.

Les derniers commentaires

  • Mékisonkons! le 24.11.2019 22:32 Report dénoncer ce commentaire

    Si c'était légal, bien sûr.

    Tentez donc de vous donner un grand coup de marteau sur les doigts! La douleur sera-t-elle différente, plus intense, de plus grande durée si vous utilisez un marteau acheté au marché noir ou un marteau parfaitement légal acheté à l'épicerie du coin? N'hésitez pas à renouveler l'expérience à de nombreuses reprises pour vous convaincre de la validité du résultat de vos observations.

  • Robit111 le 24.11.2019 09:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Biologiquement incorrect

    Moi je dis toujours la même chose; les poumons n'était jamais prévu pour respirer de la fumé fumée ou de vapeur de huile dense... À partir de là de mon côté la discussion est close... Pour ceux qui vapote je vous dis, que vous pouvez défendre votre propre connerie, mais ça ne changera pas la biologie...

    • Teller le 24.11.2019 12:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Robit111

      Les intestins humains ne sont pas prévus pour digérer des quantités d'alcool plus hauts que ce qui est produit par la fermentation d'un fruit trop mûr non plus. Mais, puisque on parle des poumons on va aussi parler de microparticules, de poussière de ciment et toute sorte de pollution urbaine. Ah, et puisque mon cerveau n'est pas prévu pour ingérer des inepties et autres conneries la discussion est close pour moi...

  • Fabien le 24.11.2019 09:04 Report dénoncer ce commentaire

    Antigel

    Moi je pense que de respirer de l'antigel pour voiture c'est pas terrible, mais personne en parle!

    • thomas le 24.11.2019 10:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Fabien

      c est pas de l antigel..c est de la glycerine ou glycerol on en respire en boite de nuit depuis 40 ans. l anti gel est de l ethylene glycol chimiquement proche est mortel...par contre chauffer a haute temperature des additifs chimiquement complexe n est pas une bonne idee car un grand nombre de petite molecule instable type radical vont se former...et c est tres irritant pour les poumons...bref faites du sport en plein aire...pour vous,nos enfants la nature et ds le meilleurs des cas la lamal sinon l AI...

    • Teller le 24.11.2019 12:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Fabien

      Vous devrez lire les étiquettes des biscuits, gâteaux et tout autre aliment de supermarché dans le futur... Oh les grosses surprises que vous aurez....

  • Momo le 24.11.2019 07:58 Report dénoncer ce commentaire

    L'OMS outrée par la campagne de Philip Morris ?

    L'OMS est outrée. Alors qu'elle sait pertinemment que les cigarettes avec tabac sont remplis de produits toxiques. Le plus impressionnant dans l'histoire, c'est qu un nombre incalculable de personnes en a été victime . Et elle , sa sainteté l'OMS elle a fait quoi ? RIEnN , ou presque vu que sur les paquets c'est écrit que ça peu nuire à la santé . Cette Organisation mondiale sur la santé devrait être poursuivi pour genocide contre l'humanité , vu qu'avec son statut de régulateur elle n'a pas su faire interdire certains produits dans le tabac et ainsi sauvé des vies .

    • John le 28.11.2019 16:08 Report dénoncer ce commentaire

      Vrais

      Tout a fait d'accord : " Cette Organisation mondiale sur la santé devrait être poursuivi pour genocide contre l'humanité".

  • billy le 24.11.2019 05:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Par curiosité.

    Si demain on titrait "Mort d'un homme ayant consommé un espresso en capsule", et qu'on mettait à la moitié de l'article, après avoir bien craché sur nespresso, que cette personne assaisonnait son café à la mort-aux-rats, comment réagirait le service juridique Nestlé?