Affaire Ramadan

27 octobre 2018 11:36; Act: 27.10.2018 12:47 Print

«Je suis soulagé, j'ai dit une parole de vérité»

Alors que l'islamologue genevois vient de reconnaître des relations sexuelles consenties, la justice s'interroge sur son revirement.

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Il continue à réfuter tout viol mais a finalement reconnu une relation sexuelle avec les deux femmes qui l'accusent: face aux juges, l'islamologue suisse Tariq Ramadan a justifié ses mensonges, se disant «soulagé» après avoir tenu pendant des mois une «position bête».

«Je voulais simplement revenir sur mes déclarations et la reconnaissance du fait que je n'avais pas dit la vérité, que j'avais menti. Sur les deux cas. Et donc qu'il y avait bien une relation sexuelle, totalement et absolument consentie», a concédé l'intellectuel musulman dès le début de son audition du 22 octobre, dont a eu connaissance l'AFP.

Inculpé de viols

Tariq Ramadan est incarcéré depuis son inculpation le 2 février pour le viol présumé de deux femmes. L'affaire avait éclaté en octobre 2017, avec la plainte de Henda Ayari, une ancienne salafiste devenue militante laïque. Quelques jours plus tard, une autre femme, surnommée «Christelle» dans les médias, avait à son tour dénoncé dans une plainte un viol d'une grande violence.

Petit-fils du fondateur de la confrérie islamiste des Frères Musulmans, Tariq Ramadan a souvent été accusé par ses détracteurs de dissimuler le projet d'un islam politique sous couvert de discours réformiste.

Professeur d'études islamiques à Oxford au Royaume-Uni, «Frère Tariq» bénéficie d'une forte popularité dans les milieux musulmans conservateurs.

Il a nié des mois

Le célèbre prédicateur de l'islam francophone avait jusqu'ici nié toute relation sexuelle avec ces anciennes admiratrices, les qualifiant de «mythomanes». Mais la révélation fin septembre de centaines de SMS explicites exhumés d'un vieux téléphone de «Christelle» l'a contraint à solliciter cette audition et à faire volte-face.

Pendant près de deux heures ce lundi 22 octobre, le théologien suisse de 56 ans laisse poindre à plusieurs moments des signes d'agacement face aux questions des trois juges, qui lui demandent à plusieurs reprises d'être davantage synthétique, quand lui donne de nombreux détails crus de ses relations avec les deux accusatrices.

Une constante dans ses réponses: il assure ne jamais avoir imposé quoi que ce soit, même si les rapports sexuels pouvaient donner lieu à des étranglements ou à des gifles. «Rien n'a été fait en termes de relation contre sa volonté», affirme-t-il d'abord au sujet de Mme Ayari. Quant à Christelle, «j'ai toujours respecté la volonté de ma partenaire», poursuit-il.

«Que valent vos nouvelles déclarations ?»

«Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non», affirme l'islamologue.

Face à ce revirement, les juges tentent de savoir pourquoi Tariq Ramadan n'a pas admis plus tôt ces rapports sexuels, alors qu'il avait finalement concédé en juin des relations extra-conjugales de «domination» avec d'anciennes maîtresses et une troisième plaignante pour laquelle il n'est pas inculpé.

«Quand je suis arrivé le 31 janvier (date de son placement en garde à vue, ndlr), j'avais une première préoccupation qui était de défendre et de protéger ma famille et moi-même de cette espèce de déversement concernant ma vie privée. Et, donc, à un moment donné, je me suis tenu à cette position, c'était une erreur», détaille Tariq Ramadan. «C'était une position bête et je l'admets. Je me suis enfermé là-dedans bêtement», confesse-t-il quelques instants plus tard.

«J'ai été d'une grande naïveté»

Autre élément de sa ligne de défense: il raconte qu'il ne pouvait «pas imaginer que ces dépositions puissent être crédibles en quoi que ce soit». «J'ai vraiment pensé qu'on allait aller vers un non-lieu. J'étais à mille lieues de penser... Alors, aujourd'hui, en repensant à ces trois mois (entre les dépôts des plaintes et sa garde à vue, ndlr), je me dis que j'ai été d'une grande naïveté», explique Tariq Ramadan.

«Que valent vos nouvelles déclarations ?», demandent en conclusion les juges, après lui avoir rappelé ses dénégations répétées devant eux.

«Je suis soulagé, parce que j'ai dit une parole de vérité. Ce qu'elles valent, avec ce que vous avez sous la main maintenant, c'est que vous savez qu'il y a eu relation consentie sans viol», rétorque l'intellectuel, dont l'avocat a déposé lundi une quatrième demande de remise en liberté.

«Je ne suis pas un violeur. Les neuf mois de prison que vous m'avez infligés sont injustes, injustes et injustes», conclut-il au terme de cette brève audition où n'a pas été abordée la question de «l'emprise» dénoncée par les plaignantes.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • quinette le 27.10.2018 12:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sournois

    ce type est un grand manipulateur et ce depuis toujours ! il est très dangereux, c'est un serpent .

  • Enzo le 27.10.2018 11:44 Report dénoncer ce commentaire

    Honnêtement

    Qu'il mente ou dise la vérité, il peut se victimiser en se plaignant de 9 mois de prison préventive : il en est l'auteur à lui tout seul ! S'il avait dit sa vérité dès le début, sans changer de version à chaque audition, il aurait déjà gagné du temps. Et ses changements de version à chaque nouvelle pièce au dossier mise en évidence ne sont à mes yeux que la preuve du mensonge. Homme de religion ? C'est du beau !

  • Greg le 27.10.2018 11:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ben alors?

    Ben pourquoi tas pas dit la vérité avant? Qqch à te reprocher peut-être...

Les derniers commentaires

  • Pompidou Etcouvedemurville le 28.10.2018 21:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gros menteur

    Cette ordure ment comme elle respire! Regardez son nez qui s ´ allonge de jour en jour et ses yeux qui rétrécissent aussi vite. Ce frère islamiste est dangereux! Il doit rester dedans!

  • Jtelafékourte le 28.10.2018 16:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    En présumé...

    Un accusé qui se dit innocent est présumé innocent avant le jugement du tribunal. Mais un accusé qui se dit menteur, il est présumé quoi ?

  • Lehcim Trebor le 28.10.2018 10:17 Report dénoncer ce commentaire

    Ami des bêtes

    Et les chameaux hein? On y pense aux chameaux qui n'ont jamais pu porter plainte?

  • Romano le 28.10.2018 09:54 Report dénoncer ce commentaire

    Comparaison

    Sans vouloir justifier ce "Monsieur", je dois avouer que le niveau de ses déclarations est largement au-dessus de celui des "envoyeurs de commentaires".

    • Je suis bien d'accord avec toi le 28.10.2018 13:50 Report dénoncer ce commentaire

      Bassesse

      C'est ce qui caractérise la plupart de commentateurs de 20 min.

    • Silly le 28.10.2018 19:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Romano

      Ces déclarations ne font aucun mal contrairement aux faits reprochés

    • eli le 29.10.2018 09:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Romano

      Effectivement quand on lit le vôtre vous avez raison.

  • Sociando le 28.10.2018 09:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nimporte quoi !

    Que des conneries...