Attentats à Paris

16 novembre 2015 13:39; Act: 16.11.2015 13:43 Print

«Je voulais qu'on se souvienne des sourires»

Pour témoigner, à sa manière, de ce qu'il a vécu vendredi au Bataclan, un photographe a publié ses clichés sur Facebook. Une façon d'envoyer des «ondes positives».

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Emmanuel Wino est un photographe spécialisé dans les concerts. Vendredi soir, cet homme de 37 ans était au Bataclan pour immortaliser la prestation des Eagles of Death Metal, un groupe qu'il apprécie tout particulièrement et qu'il a vu «au moins cinq fois» à l'oeuvre. «Nous étions sept ou huit photographes. Nous avons eu trois chansons pour faire nos clichés devant la scène, avant de nous répartir dans la foule», raconte-t-il aux «Inrocks».

Après être monté au premier étage, Emmanuel est redescendu au bar, où il a rejoint des amis. «Nous étions «du bon côté» du bar», précise-t-il, faisant allusion à la sortie de secours toute proche. A l'arrivée des jihadistes, le photographe a d'abord cru à une fusillade, pas à un attentat terroriste. «Les gens nous hurlaient de partir, de nous enfuir. Puis j’ai entendu les coups de feu. Vingt, trente, cinquante. Je ne sais plus», témoigne-t-il. Emmanuel a pu sortir rapidement, avant de «courir et partir loin». «Je crois que j’ai été parmi les cent premières personnes à sortir», ajoute-t-il.

«Je me suis dit qu’il fallait envoyer des ondes positives»

De retour chez lui, le photographe s'est retrouvé avec cette carte mémoire pleine d'images du concert. Au début, le photographe a décidé de ne rien en faire et de laisser son sac fermé, comme pour garder ces souvenirs enfermés. «Et petit à petit on sort du choc et en discutant avec des amis, je me suis dit qu’il fallait envoyer des ondes positives. J’ai eu envie qu’on se souvienne des sourires, du rock’n’roll et qu’on était tous là pour faire la fête», confie-t-il. Sur son compte Facebook, le trentenaire a donc apporté son témoignage très personnel de cette soirée. Il a publié les photos du concert, précisant qu'elles étaient libres de droit mais priant les internautes de ne pas s'en servir à des fins commerciales, «par respect pour les victimes».

Loin des récits d'horreur et des images insupportables circulant sur les réseaux sociaux, les clichés réalisés par Emmanuel montrent des gens souriants, heureux d'être là et de passer un bon moment. L'initiative du photographe a touché des proches de victimes: «Des gens m’ont remercié car ils avaient un proche qu’ils ont vu sur les photos et qui avait l’air de s’amuser. J’avais envie que le souvenir de cette soirée, ça soit aussi un peu ça : nous étions là pour faire la fête et danser sur de la musique qu’on aimait», conclut-il.

(joc)