Indigènes en colère

10 octobre 2019 20:42; Act: 10.10.2019 20:48 Print

«La mobilisation n'est pas terminée»

«Sans aucun doute, cela va se résoudre très vite», a assuré mercredi le président équatorien en écho à une manifestation monstre à Quito pour dénoncer la hausse des prix de l'essence. Les indigènes eux sont toujours insatisfaits.

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Le président équatorien Lenin Moreno a tenté jeudi de renouer le dialogue avec la communauté indigène en colère, au lendemain d'une manifestation monstre à Quito pour dénoncer la hausse des prix de l'essence.

«Sans aucun doute, cela va se résoudre très vite», a-t-il assuré mercredi, d'un air confiant, dans une vidéo diffusée par une chaîne de télévision d'Etat. Confronté à la pire crise de son mandat, avec de violents heurts à Quito, le chef de l'Etat a déplacé lundi le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest) avant de revenir brièvement mercredi dans la capitale, au moment où des dizaines de milliers d'indigènes traversaient la ville.

«Je suis venu à Quito afin de tendre la main et de pouvoir vous annoncer que nous avons déjà de bons premiers résultats en ce qui concerne le dialogue», a-t-il déclaré, avant de repartir à Guayaquil dans la soirée. Des contacts ont en effet été noués entre le gouvernement et les manifestants, sous la médiation des Nations unies et de l'Eglise catholique.

Indigènes toujours en colère

Malgré l'optimiste du président, le dirigeant indigène Salvador Quishpe a affirmé à l'AFP que «la mobilisation n'est pas terminée». Car la condition indispensable que posent les indigènes - qui représentent 25% des 17,3 millions d'Equatoriens - est bien claire : abandonner d'abord la réforme mettant fin aux subventions sur le carburant, qui a fait bondir les prix à la pompe de plus de 100%.

Mais pour Lenin Moreno difficile de revenir en arrière. Sa mesure, si impopulaire soit-elle, s'inscrit dans un accord conclu avec le FMI en échange d'un prêt de 4,2 milliards de dollars censé relancer l'économie du pays.

Quito tourne au ralenti

En une semaine, les manifestations ont fait au moins 122 blessés, selon la Croix Rouge. Quito tourne au ralenti, entre cours suspendus dans les écoles et transports publics aux abonnés absents. L'état d'urgence a été décrété pour une durée de 60 jours, tout comme un couvre-feu autour des lieux de pouvoir, afin que les forces armées puissent rétablir l'ordre.

Au total, 74'000 militaires et policiers ont été déployés pour faire face à la crise. Le dernier bilan annoncé jeudi par les services du Défenseur du peuple fait état de cinq civils, dont un dirigeant indigène.

«La première victime est un homme qui a été écrasé dimanche dans la province d'Azuay (sud). Les quatre autres sont décédées à Quito», a précisé une source de cette institution, sans indiquer les circonstances des quatre nouveaux décès.

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Circo Loco le 10.10.2019 21:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il serait bien...

    ...de mentionner le reste des mesures annoncées (réduction des salaires publics de 20%, réduction des vacances de 30 à 15 jours, ...) qui participent aussi au mécontentement de la population.

Les derniers commentaires

  • Circo Loco le 10.10.2019 21:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il serait bien...

    ...de mentionner le reste des mesures annoncées (réduction des salaires publics de 20%, réduction des vacances de 30 à 15 jours, ...) qui participent aussi au mécontentement de la population.

    • KOMOK le 10.10.2019 22:18 Report dénoncer ce commentaire

      La population indigène de l'Equateur

      Doit être de plus de 50%. Au moins. Beaucoup qui ont adopté les vêtements a l'occidental et l'español comme langue sont toujours de originaires..

    • Medidas imprescindibles le 11.10.2019 05:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Circo Loco

      Et aussi de mentionner que la horde de fonctionnaires publics qui a fortement augmenté sous l'ère Correa (un emploi=un vote pour les adeptes du socialisme du 21ème siècle) coûte 700 millions de dollars par mois à l'état équatorien, que l'élimination des subsides au diesel et à l'essence normale produise une économie de 1,4 milliards de dollars. Subsides hautement régressifs car destinés autant aux plus riches qu'aux plus pauvres et alimentant les mafias qui font la contrebande. On peut aussi mentionner cela.