France

25 janvier 2019 19:47; Act: 25.01.2019 19:47 Print

«La réforme, les enfants, c'est pas open bar»

«Je ne veux pas monopoliser la parole»: Emmanuel Macron s'est longuement invité jeudi à un débat citoyen à Bourg-de-Péage (Drôme) jouant aux questions-réponses avec des Français courtois mais bien décidés à lui «remettre les idées en place».

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Ce n'était pas officiellement prévu au programme de l'Elysée. Après une journée marathon dans la Drôme avec un déjeuner d'au moins 2H30 avec une soixantaine d'élus à Valence et la visite d'un Ehpad, il est arrivé vers 18H00 à la salle François Mitterrand de cette petite commune de 10'500 habitants, fief de son ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume.

«Pardon de m'inviter au dernier moment», a-t-il lancé. Les forces de l'ordre, à cran, s'attelaient au dernier moment à sécuriser à la zone tout en filtrant les quelque 250 personnes inscrites au débat, dont une poignée vêtues de gilets jaunes.

Le président debout, micro en main, a répondu pendant 3H15, n'éludant aucun sujet: l'ISF, l'école, le glyphosate, l'emploi et même des sujets techniques ou plus insolites comme la cyber-sécurité ou les courses hippiques.

Auparavant, à la sortie du déjeuner-débat de Valence, la plupart des élus, à commencer par le patron des Républicains Laurent Wauquiez, avaient exhorté Emmanuel Macron à aller «au contact» des Français. «A portée d'engueulade», prônait même Jean-François Débat, maire PS de Bourg-en-Bresse.

Mais les échanges n'ont pas été si musclés. Il a parfois été applaudi et la parole a été distribuée dans la bonne humeur par l'hôtesse de la soirée, la maire PS de Bourg-de-Péage, Nathalie Nieson.

On retient tout de même quelques petites phrases lancées pour défendre sa politique et égratigner les revendications des «gilets jaunes». «Faut proposer des vraies réformes, mais la vraie réforme, elle va avec la contrainte, les enfants! a-t-il lancé à son auditoire. Parce que si derrière on veut ceci, comment on le finance? C'est pas open-bar ! Le bar c'est le nôtre.»

Toutefois, comme à son habitude, le président est resté ferme face aux critiques. «Est-ce qu'il y a deux ans, quand il y avait l'ISF, on vivait mieux et il y avait moins de SDF ? Non, je ne l'ai pas fait pour faire un cadeau à des gens». «Ben si», répond en coeur l'assemblée. «Non, c'est pas vrai», rétorque Emmanuel Macron.

Retraités, chefs d'entreprise

Puis arrive le sujet des banques, un homme d'une cinquantaine d'année lit fébrilement sa question. Et, face à une salle qui bruisse, le président revient sur l'image de banquier qui lui colle à la peau sur les ronds-points.

«Vous savez, je suis pas un héritier moi, je suis né à Amiens (...) Si j'étais né banquier d'affaires, vous pourriez me faire la leçon. Si j'étais né avec une petite cuillère dans la bouche ou fils de politiciens, vous pourriez me faire la leçon. Ce n'est pas le cas».

Dans la salle, beaucoup de retraités, de chefs d'entreprise. Certains impressionnés comme cette ancienne institutrice en «Zep» qui «ne s'attendait pas du tout à rencontrer (le président) aujourd'hui».

«Toute ma vie j'ai rêvé d'un cours préparatoire à 15 élèves», commence-t-elle, «ravie» que les classes de CP soient désormais limitées à 12 élèves en «Zep». Et de lancer, trémolos dans la voix: «les gilets jaunes mais bonté, qu'est-ce qu'on a loupé» pour en arriver là. «On a assigné des gens à résidence», a reconnu Emmanuel Macron. Et «le seul moyen de le corriger, c'est d'abord l'école», opine-t-il.

«Ce que vous avez dit avec beaucoup d'émotion était bouleversant», ajoute-t-il, estimant que l'enseignement était «le plus beau métier avec les soignants». «Ma vie personnelle est émaillée» d'enseignants, a-t-il lancé dans une allusion à sa femme, déclenchant les rires de la salle.

Au premier rang, Didier Guillaume, Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État à la Transition écologique, un retraité qui boit la parole présidentielle, ou une dame au béret qui mâche frénétiquement son chewing-gum. Derrière elle, un handicapé interpelle Emmanuel Macron sur son cas personnel. A ses côtés, un «gilet jaune» arborant un bandeau jaune et des lunettes de soleil sur la tête.

«On peut pas dire qu'il m'a convaincu mais on sent que dans ses réponses, il fait sincère. Mais quand il parle de l'Europe, là ça fait un peu meeting», commentait après les échanges Marc Benistand, syndicaliste CFDT.

A 21H15, Emmanuel Macron a conclu les débats, s'attardant quelques minutes avec des citoyens et promettant déjà des «mesures très concrètes à l'issue du débat».

(cga/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Kronic le 25.01.2019 20:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Faut quand même le faire, je dis bravo

  • Herve le 25.01.2019 20:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plaisir

    La classe Macron! Un président qui a des coui...es et qui va au contact ! Laissez lui ça chance ! On ne change pas un pays qui tourne pas rond depuis 30 ans en 2 ans.. courage !!

  • Ryan le 25.01.2019 21:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo!

    Je trouve qu'il a été très bien, convaincant et surtout il maîtrise son sujet. Malheureusement, en face de lui, c'était tout le contraire. Rien qu'à la façon de formuler les questions, on a vu que l'assistance était composée de gens bien peu au fait des mécanismes fondamentaux d'un système social, économique ou politique. Un vrai désert culturel et un requiem accablant contre un système éducatif clairement déficient. Je ne comprendrai jamais comment on peut avoir de telles lacunes en 2019, à l'heure où tout est accessible sur internet!

Les derniers commentaires

  • Marc Bénistand le 27.01.2019 15:35 Report dénoncer ce commentaire

    correction

    pouvez vous corrigez ce n'est pas ma phrase le paragraphe meeting c'est la phrase d'un gilet jaune

  • Veritas le 27.01.2019 13:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Fumisterie démagogique

    Quand le petit Roi est obligé de sauver sa peau en organisant un « grand » débat! De la poudre aux yeux.

  • René Gat le 26.01.2019 21:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dictateur dans l'âme!

    Un véritable petit dictateur de la pensée commune et réductrice ce « président »!

    • Duchnit le 27.01.2019 13:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @René Gat

      Condescendance de petite taille!

  • gag le 26.01.2019 10:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Genève, 500 000 habitants

    avec un Maudet qui fait se déchirer la population... La France, 66 millions d'habitants, une crise comme il peut y en avoir partout, et UN homme qui essaie de satisfaire tout le monde... Je lui reconnais du courage, de l'envergure, un sens de l'écoute et de la comminication hors du commun, mais il ne pourra jamais rassembler tout le monde... Cela ne lui enlève pas sa valeur.

  • NoufNouf le 26.01.2019 08:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    les paroles s'envolent les écrits restent

    De toute manière la politique c est je vous souris quand je suis en fasse et je suis courtois. Mais avec la distance ils nous chient dessus et nous pompe nos ressources. Tous le même combat influencer les masses pour les soumettre.