Retour de Libye

22 février 2011 18:20; Act: 22.02.2011 18:36 Print

«La situation est très tendue»

Des expatriés sont arrivés mardi à l'aéroport de Roissy (Paris). Certains ont accepté de témoigner.

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Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, mardi 22 février 2011. (Photo: AFP)

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Quatre-vingt-sept passagers en provenance de Tripoli sur un vol régulier Afriquiyah Airways ont débarqué mardi à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle où ils ont décrit aux nombreux journalistes présents une «situation très tendue».

L'avion initialement prévu à 11H00 s'est posé mardi à 14H55 à l'aéroport de Roissy. A leur descente d'avion, plusieurs femmes d'expatriés restés sur place ont refusé de s'exprimer.

Des hélicoptères ont ouvert le feu

«Mon mari est encore sur place, la situation est très tendue. Un avion affrété doit le ramener. Je suis très stressée, j'espère qu'il va revenir», lâche Caroline qui pousse son chariot sur lequel sont assis deux jeunes enfants.

«Il y a des mercenaires d'Afrique subsaharienne présents, des hélicoptères ont ouvert le feu vers 18H00 (lundi, ndlr) sur la foule», explique Paul, expatrié français, qui requiert l'anonymat,

«Nous ne risquions rien tant que nous ne nous mêlions pas à la foule. Je suis resté à l'abri. Dès 17H00 on rentrait à la villa, on entendait des tirs lointains», ajoute-t-il.

«Nous sommes partis pour l'aéroport à 5H00 du matin, là nous avons vu des poubelles et des bâtiments incendiés», décrit Paul qui sur le chemin de l'aéroport «a été arrêté trois fois par des barrages de militaires qui ont contrôlé (ses) papiers, sans menaces».

Accélération rapide de la situation

A l'aéroport, Philippe Althabegoity, qui travaille pour le groupe de génie civil APAVE, a passé «une nuit entassé sur les gens qui voulaient partir, plusieurs ambassades ont recommandé de quitter le pays». «Lorsqu'on commence à tirer pendant des manifestations, il ne faut pas hésiter à partir», explique cet homme installé depuis deux ans en Libye.

Il décrit une situation «qui s'est accélérée rapidement». «Jusque jeudi, il n'y avait rien sur Tripoli et puis jeudi, les gens sont sortis avec des flingues et des mitraillettes», explique-t-il.

Plusieurs voyageurs décrivent des «rues très calmes la journée» et des «tirs de fusils et de mitraillettes la nuit». «Les gens ne parlent pas beaucoup car c'est un pays dans lequel il ne faut pas parler», souligne l'un d'eux.

Un petit groupe de cinq touristes arrivés samedi aura passé son séjour à l'aéroport. «On a fait un aller-retour», sourit une dame qui reproche au voyagiste «d'avoir eu la bonne idée de (les) laisser partir samedi».

La France a décidé l'envoi mardi de trois avions à Tripoli pour rapatrier de Libye les Français dont la présence dans le pays «n'est pas indispensable».

(afp)