France

06 décembre 2011 17:25; Act: 06.12.2011 17:34 Print

«Le Monde» a bien été espionné par la justice

La plus haute instance judiciaire française a estimé mardi qu'un haut magistrat français, réputé proche du pouvoir, avait bien fait espionner des journalistes français dans l'affaire Bettencourt.

Une faute?

Dans un arrêt, la Cour de cassation estime que le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a bien enfreint la loi sur la protection des sources des journalistes.

«L'atteinte portée au secret des sources des journalistes n'était pas justifiée par l'existence d'un impératif prépondérant d'intérêt public et la mesure n'était pas strictement nécessaire et proportionnée au but légitime poursuivi», a considéré la Cour de cassation.

En septembre 2010, le procureur de Nanterre avait demandé l'examen des factures détaillées correspondant aux téléphones de trois journalistes du Monde. Le chef de la police française et le chef du contre-espionnage, réputés proches du président Nicolas Sarkozy, avaient finalement été entendus par la justice en octobre dans cette enquête pour espionnage.

Le chef du contre-espionnage a été inculpé le 17 octobre, notamment pour «atteinte au secret des correspondances», «collecte illicite de données» et «violation de recel du secret professionnel». L'affaire Bettencourt était née d'un différend familial entre Liliane Bettencourt, héritière des cosmétiques L'Oréal, et sa fille.

Elle a rapidement dégénéré en un scandale politico-financier, mêlant soupçons de favoritisme et de financement politique illégal, qui a coûté son poste fin 2010 de ministre du Travail à Eric Woerth. Ce dernier avait été le trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007.

(ats)