Les milliards du pétrole

08 février 2019 21:46; Act: 08.02.2019 21:46 Print

«Le métier de Total consiste à être profitable»

Les géants du pétrole et du gaz ont engrangé d'énormes bénéfices l'an dernier, grâce au maintien d'une discipline financière qui risque toutefois de limiter leur production à moyen terme.

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Les cinq «supermajors» ont réalisé ensemble près de 80 milliards de dollars de bénéfices. (Photo: AFP)

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Les cinq «supermajors» - les américaines Chevron et ExxonMobil, la britannique BP, l'anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et la française Total - ont réalisé ensemble près de 80 milliards de dollars (montant identique en francs) de bénéfices nets l'an dernier.

Leurs résultats ont, dans tous les cas, progressé et atteignent pour certaines d'entre elles des niveaux qui n'avaient plus été vus depuis la chute des marchés pétroliers à partir de l'été 2014.

L'ensemble du secteur a bien sûr profité de cours en hausse l'an dernier, malgré un quatrième trimestre marqué par une forte volatilité. Ils se sont établis à 71 dollars le baril de Brent en moyenne en 2018 contre seulement 54 dollars un an plus tôt.

Mais cela n'explique pas tout. Ces groupes ont aussi maintenu la discipline financière - avec plans d'économies et réduction des volumes d'investissements - adoptée à la suite de la chute des cours il y a quelques années et qui leur permet désormais d'être rentables en toutes circonstances, voire d'engranger beaucoup d'argent lorsque les cours remontent.

«Le métier de Total consiste à être profitable et à baisser le point mort quel que soit le prix du pétrole», souligne Patrick Pouyanné, le PDG de Total. «On garde la discipline, la volatilité est là», ajoute-t-il.

Les récents soubresauts du marché et les incertitudes géopolitiques empêchent en effet ces entreprises de se reposer sur leurs lauriers. Le directeur général de BP, Bob Dudley, estime ainsi comme ses homologues que les cours devraient «rester volatils» en 2019, désignant «de nombreuses incertitudes» allant des conflits commerciaux à l'instabilité au Venezuela.

Sous-investissement

Leurs dépenses restent donc limitées. Les investissements en exploration-production ont certes de nouveau progressé de 7% l'an dernier pour atteindre environ 382 milliards de dollars, selon les chiffres de l'IFP Energies Nouvelles.

Toutefois, ce niveau reste très loin du pic de 2014 quand 655 milliards avaient été dépensés. En outre, la croissance des investissements reste fortement concentrée en Amérique du Nord, avec l'explosion de la production des pétroles de schiste, et très modeste dans le reste du monde.

Pour 2019, l'IFP Energies Nouvelles prédit une nouvelle croissance modeste des investissements de 3 à 8% dans le monde.

Reprise lente du marché

Le secteur parapétrolier, qui a été très durement touché par le retournement du marché il y a quelques années, n'est d'ailleurs toujours pas à la fête. «La reprise du marché est lente», remarque ainsi Gaël Bodénès, le directeur général de Bourbon, une société de services maritimes qui entrevoit un frémissement des investissements.

A moyen terme, le sous-investissement chronique des géants du secteur pourrait aussi menacer le renouvellement de l'offre, met en garde l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Il faut «remplacer une mer du Nord chaque année» pour compenser l'essoufflement des champs matures tout en répondant à une demande en hausse, tirée par les pays émergents, souligne l'agence.

Certains groupes voient certes leur production augmenter, parfois de manière importante, mais il s'agit du résultat d'investissements engagés dans le passé. Dans cette industrie aux temps longs, les effets négatifs pourraient se faire sentir dans quelques années seulement.

«Cette industrie investit peu depuis quatre ans et la chute des cours du pétrole», reconnaît Patrick Pouyanné, le PDG de Total. «On verra à un moment que ces capacités que l'on n'a pas lancées risquent de manquer sur le marché», si elles ne sont pas compensées par les pétroles de schiste américains, poursuit-il en évoquant un horizon 2021-2023.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • PC le 08.02.2019 22:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Répartition équitable et soutenable

    Leur demander le 10% de leurs bénéfices Soit entre 7 et 8 MILLIARDS Vous imaginez ce que l'on pourrait en faire pour le climat, les indigents, les retraites, etc? ...

  • Gg le 08.02.2019 22:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gg

    Faire du fric et détruire la planète sans payer d'impôts

  • Empereur le 08.02.2019 22:29 Report dénoncer ce commentaire

    Rapport Meadows

    J'ajoute que le FMI alerte sur le niveau record de la dette mondial et qu'avec un autre choc pétrolier, l'effondrement économique n'est pas loin. En cas d'effondrement, la démographie en occident diminuera très fortement... Nous ne serons plus que 4 milliards en 2050 disent les scientifiques.

Les derniers commentaires

  • andres manuel le 09.02.2019 20:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    arrêtons de dormir

    Allée production en masse des batteries et voiture eletric avec trois fois plus pollution des voiture abandonnés mieux desserts et les états contents avec consommation et chiffre affaire la pollution et le climat sait même arrêtons fermer les yeux réveil vous les amis

  • andres martinhos le 09.02.2019 20:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    arrêtons avec la peur

    Nous encore comme des robots ont besoin tout ça depuis ils ya le vélo personne peut nous taxé rien ha part des pneus et chambre d'air montre vous avais pas besoins eux avec la peur eux pas clients pas vente pas argent pas menace

  • Jackobin le 09.02.2019 15:39 Report dénoncer ce commentaire

    Pas nouveau

    But de chaque entreprise est dêtre profitable, après seulement l'éthique et l'équité, depuis si longtemps.

  • Amateur le 09.02.2019 13:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A vomir !!

    Un article sur les pires entreprises au monde !! Pollueurs à grande échelle ne pensant qu'au fric en allant cacher leur bénéfices dans des paradis fiscaux !! Le titre de l'article montre leurs arrogances !!

  • Jean-Kevin le 09.02.2019 12:24 Report dénoncer ce commentaire

    Bénéfices monstres

    D'énormes bénéfices sur des resources naturelles. Donc qui appartiennent à voys et moi. Ils nous rackettent la bouche en coeur. Et nous on s'offusque pour quelques centimes de taxes. Hold up parfait. Chapeau bas....