Venezuela

07 février 2019 20:35; Act: 08.02.2019 03:55 Print

«Le plus grand dilemme est la paix ou la guerre»

Une réunion internationale entre Européens et Latino-américains se tient à Montevideo pour tenter de trouver une issue à la crise au Venezuela.

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Les pays européens et latino-américains réunis à Montevideo pour la première réunion d'un Groupe de contact international sur le Venezuela ont appelé à une «élection présidentielle libre, transparente et crédible» afin d'éviter une déstabilisation de la région.

Le «groupe appelle à forger une approche internationale commune pour soutenir une résolution pacifique, politique, démocratique et purement vénézuélienne de la crise, en excluant l'usage de la force, à travers une élection présidentielle libre, transparente et crédible, en accord avec la Constitution vénézuélienne», selon la déclaration finale signée jeudi par tous les pays participants, à l'exception de la Bolivie et du Mexique.

«Le plus grand dilemme auquel le Venezuela est confronté est celui de la paix ou de la guerre», a mis en garde le président uruguayen, Tabaré Vazquez, en ouverture de la réunion, appelant à «la prudence de la communauté internationale», alors que la tension politique est à son comble dans le pays sud-américain.

«Il est fondamental d'éviter la violence intérieure et une intervention extérieure», a renchéri la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Elle a souligné «l'urgence» de la situation faisant courir «le risque d'une déstabilisation pas seulement dans la région».

Mme Mogherini et les émissaires de huit pays européens - France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède, Italie - et de cinq pays d'Amérique latine -Uruguay, Costa Rica, Bolivie, Equateur, Mexique - participent à la première réunion du Groupe de contact lancé fin janvier par l'UE. Le Mexique participe aux discussions, mais ne fait pas officiellement partie du Groupe.

Premiers camions

Mercredi, le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro, qui a rejeté un ultimatum européen sur l'organisation d'une élection présidentielle anticipée, a salué la tenue de la réunion et apporté son soutien à «tous les pas et initiatives pour faciliter le dialogue».

Mais le chef du Parlement, Juan Guaido, autoproclamé le 23 janvier président par intérim et désormais reconnu par une quarantaine de pays, Etats-Unis en tête, a sèchement rejeté tout dialogue avec le gouvernement. Il compte sur une nouvelle mobilisation de ses partisans le 12 février pour réclamer un «gouvernement de transition» et des «élections libres».

Au moment où se terminait la réunion des diplomates à Montevideo, les premiers camions d'aide humanitaire américaine destinée au Venezuela, mais refusée par le président Nicolas Maduro, sont arrivés du côté colombien de la frontière avec ce pays pétrolier, confronté à de graves pénuries, a constaté une équipe de l'AFP sur place.

Près d'une dizaine de véhicules, transportant notamment des aliments non périssables, ont pénétré à 14h43 locales (20h43 en Suisse) dans le centre de stockage organisé par les autorités colombiennes près du pont international Tienditas, dans la ville frontalière de Cucuta, en réponse à l'appel à l'aide de Juan Guaido.

Bras de fer politique

Dans son bras de fer avec le pouvoir, l'opposant âgé de 35 ans reste déterminé à faire entrer ces vivres et ces médicaments au Venezuela. Mercredi, il a exhorté l'armée à ne pas bloquer cette aide après la neutralisation du pont de Tienditas par des militaires vénézuéliens.

Le chef de l'Etat vénézuélien, soutenu par ses alliés russes, chinois et turcs, rejette toute assistance, un prélude, selon lui, à une intervention militaire américaine. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, dont le pays a regretté de ne pas avoir été invité à Montevideo, a qualifié jeudi l'envoi d'aide de «summum du cynisme» de la part de Washington. «La décision d'un recours à la force a déjà été prise. Tout le reste n'est qu'une opération de camouflage», a-t-elle ajouté.

Face au blocage politique, le Groupe de contact international, qui se donne trois mois pour parvenir à un accord sur l'élection présidentielle, veut croire à une solution négociée, en coordonnant notamment les efforts internationaux en faveur d'un dialogue.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Pfffff le 07.02.2019 21:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le pire reste à venir

    Tout les pays vont pour s'octroyer une part du gâteau sous le prétexte qu'ils sont là pour sauver le Venezuela. .... l'histoire se répète sans cesse.

  • Pierre le 07.02.2019 21:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'Amérique va à nouveau créer une guerre

    On peut compter sur Trump pour envenimer la situation, envoyé son armée , pour mettre main basse sur le petrol! Un certain Busch du même parti avait envahit l'Irak pour la même raison

  • Barbara le 07.02.2019 21:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Europe vs USA vs Petróleo

    Ça va très mal fini cette histoire si les USA et l'Europe si mêle dans ce conflit sud américain, ça va fini comme l'Irak, Afghanistan et etc., des que les européens et les usa se mêlent dans un conflit, ça fini juste pour empirer encore plus la situation, et les européens comme les USA, n'aide jamais un pays pour rien, Venezuela pays riches en pétrole, juste par hasard, pourquoi personne s'interpose à l'Arabie saoudites en venant en aide aux yéménites par exemple??? Quelle intérêt non???

Les derniers commentaires

  • Alf Red le 08.02.2019 08:04 Report dénoncer ce commentaire

    Sanctions US

    Le Vénezuela irait bien mieux si les USA levaient leurs sanctions illégales. Le peuple ne crèverait plus de faim ni de manque de médicaments car la politique actuelle du pays consiste à vendre du pétrole pour importer des biens.

    • Gandalf le Blanc le 08.02.2019 19:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Alf Red

      Il me semblait que cet aspect avait été éclairci et réglé. Je vois que non. Alors on répète : Chavez et Maduro se sont très bien débrouillés tout seuls en pillant les caisses, en ne développant pas le pays et en dilapidant les profits. Le socialo-communisme, quoi.

  • Jee-el le 08.02.2019 03:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ingérence ? quelle ingérence ?

    «Il est fondamental d'éviter la violence intérieure et une intervention extérieure», et que font USA et F ? ah, mais c'est parce que les venézueliens n'ont pas voté comme on leur avait dit ? c'est pas de l'ingérence, non, juste la protection de ceux des USA et Macron jappe derrière..

  • Kronic le 07.02.2019 22:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La guerre

    Quand les USA sont dans le coin, ils veulent la guerre, comme d'habitude....

    • Jose Martinez le 08.02.2019 00:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Kronic

      oui comme d'hab, il y a du pétrole dans le coin !!!

  • Nelson le 07.02.2019 22:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Paix pour les faibles !!!!!!!!

    Là guerre bouge des milliards,alors ?

  • Barbara le 07.02.2019 21:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Europe vs USA vs Petróleo

    Ça va très mal fini cette histoire si les USA et l'Europe si mêle dans ce conflit sud américain, ça va fini comme l'Irak, Afghanistan et etc., des que les européens et les usa se mêlent dans un conflit, ça fini juste pour empirer encore plus la situation, et les européens comme les USA, n'aide jamais un pays pour rien, Venezuela pays riches en pétrole, juste par hasard, pourquoi personne s'interpose à l'Arabie saoudites en venant en aide aux yéménites par exemple??? Quelle intérêt non???