Affaire Polanski

14 novembre 2019 16:23; Act: 14.11.2019 16:28 Print

«Le talent n'excuse pas les éventuelles fautes»

Le ministre français de la Culture Franck Riester s'est exprimé sur la nouvelle accusation de viol qui vise le réalisateur Roman Polanski.

Une faute?

Le ministre français de la Culture Franck Riester a estimé jeudi qu'une oeuvre, «si grande soit-elle, n'excuse pas les éventuelles fautes de son auteur», alors que le réalisateur Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol de la part d'une photographe française.

«Le talent n'est pas une circonstance atténuante; le génie, pas une garantie d'impunité», a insisté Franck Riester - sans jamais nommer le réalisateur franco-polonais - tout en mettant en garde contre le «tribunal de l'opinion», dans un discours tenu jeudi à Paris lors des Assises de la parité et de la diversité au cinéma.

Il a insisté sur les particularités des métiers du 7e art «où le corps et l'intime sont très souvent en jeu, où de jeunes talents ont des envies de réussite, et des personnes en profitent. Où il ne faut pas confondre aura et emprise», tout en assurant de son souci de protéger «la liberté de créer».

«Rouée de coups»

Le ministre avait déjà salué le courage de l'actrice Adèle Haenel, qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'«attouchements» et de «harcèlement» quand elle était adolescente, relançant le mouvement #MeToo en France.

Il a marqué une nouvelle fois jeudi son soutien à «toutes celles qui osent briser le silence». «Votre parole est nécessaire» et n'est «pas vaine».

Roman Polanski accusé de viol

«Une seule voix, parfois, peut faire toute la différence», a souligné Franck Riester dont le ministère a été touché par «les agissements innommables de l'un de ses anciens hauts fonctionnaires» qui a humilié des femmes en les poussant à uriner devant lui et en les photographiant. L'homme est poursuivi notamment pour agression sexuelle.

Cette affaire au ministère «est révélatrice de l'omerta qui a longtemps prévalu en matière de violences sexistes et sexuelles», a ajouté Franck Riester.

Quelques jours avant la sortie du film «J'accuse», en salles depuis mercredi, la photographe Valentine Monnier, a révélé au «Parisien» avoir été «rouée de coups» et violée par Roman Polanski en 1975 à l'âge de dix-huit ans, en Suisse. Une accusation contestée «avec la plus grande fermeté» par l'avocat du cinéaste.

Artiste multi-récompensé

Cette nouvelle affaire survient alors que Roman Polanski, artiste multi-récompensé (Oscar, Palme d'or à Cannes, Grand prix à la Mostra de Venise...) a été accusé d'agressions sexuelles par plusieurs autres femmes ces dernières années, pour des faits prescrits.

Il est en outre sous le coup de poursuites de la justice américaine depuis 1977 pour relations sexuelles illégales avec une mineure. Ce qui a poussé l'Académie des Oscars à finir par l'exclure.

(nxp/afp)