France

29 avril 2019 16:14; Act: 29.04.2019 16:29 Print

«Les gouvernements grignotent nos libertés»

Une commission étatique estime que les libertés fondamentales sont «en très mauvais état» dans l'Hexagone.

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Plusieurs centaines de «gilets jaunes» ont défilé samedi dans plusieurs villes de France, alors que le mouvement fêtera bientôt une année d'existence. (Samedi 2 novembre 2019) Près de six mille «gilets jaunes», selon le ministère de l'Intérieur, ont défilé en France samedi lors de l'acte 33, qui marque un nouveau recul de la mobilisation. (Samedi 29 juin 2019) Réunis ce week-end en Saône-et-Loire, quelque 600 «gilets jaunes» de toute la France se retrouvaient pour évoquer la suite du mouvement avant les vacances d'été. (Samedi 29 juin 2019) Selon le ministère de l'Intérieur,«gilets jaunes» étaient quelque 7000 manifestants sur l'ensemble du territoire - contre 10'300 la semaine dernière. (Samedi 15 juin 2019) Quelque 12'500 «gilets jaunes» ont manifesté samedi en France, ce qui marque la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement il y a plus de six mois. (Samedi 25 mai 2019) Un noyau dur de «gilets jaunes» continuait samedi à défiler dans toute la France, lors de l'acte 28 du mouvement. À Amiens, ville natale d'Emmanuel Macron, entre 1200 et 2000 personnes ont manifesté. (Samedi 25 mai 2019) Le président français dévoile lundi soir ses réponses au grand débat et à la crise des «gilets jaunes». (15 avril 2019) La tension est montée samedi à Toulouse dès le début de la manifestation de milliers de «gilets jaunes». Moins d'une heure après le début du cortège, les manifestants se sont heurtés à des barrages policiers sur la grande avenue point de départ du rassemblement. (13 aVRIL 2019) Ces rassemblements, à Toulouse, Marseille, Grenoble ou Lille sont les premiers à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les manifestants. (13 avril 2019) Toulouse est samedi la «capitale» d'un acte 22 des gilets jaunes sous le coup de la loi anticasseurs. (13 avril 2019) Le Premier ministre français doit remettre lundi les conclusions du Grand débat national initié par la crise des Gilets jaunes. (8 avril 2019) Trois jours après un premier oral marathon, Emmanuel Macron retourne sur la scène du grand débat face à 600 maires d'Occitanie rassemblés à Souillac, cité paisible du Lot qui tente de renaître loin des grandes villes. (Vendredi 18 janvier 2019) Les autorités redoutent un regain de mobilisation dans les manifestations des «gilets jaunes» samedi. (12 janvier 2019) Les «gilets jaunes» se sont rassemblé devant le Palais des Nations, sans bloquer la circulation. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. En colère, ils brandissent des pancartes compréhensibles dans toutes les langues aux pieds de la Genève internationale: S.O.S, HELP, S.O.S. Les «gilets jaunes» se sont rassemblé devant le Palais des Nations, sans bloquer la circulation. A 12h10, la police leur demande de quitter les lieux. Les «gilets jaunes» se sont rassemblé devant le Palais des Nations, sans bloquer la circulation. A 12h10, la police leur demande de quitter les lieux.

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Les libertés fondamentales en France sont «grignotées» depuis plusieurs décennies par les gouvernements successifs et en «très mauvais état», dénonce la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), organisme public.

«En apparence, nous sommes un Etat de droit et, l'on s'en flatte assez, nous avons un corpus juridique étoffé, des juges chargés de protéger nos libertés... En apparence, rien de tout ça n'est menacé. Dans la réalité, c'est autre chose. Au nom de la sécurité, toutes nos libertés le sont», dénonce le président de la commission, Jean-Marie Delarue, dans un entretien au quotidien Le Monde paru lundi.

«On n'arrête pas de nous dire que la sécurité est la première de nos libertés , selon une formule désormais consacrée. C'est faux! La sécurité est éventuellement l'une des conditions de notre liberté. Cet aphorisme est une dangereuse illusion qui pousse depuis plusieurs décennies les gouvernements à grignoter nos libertés toujours davantage», s'insurge M. Delarue.

Pour cet ex-directeur des libertés publiques au ministère de l'Intérieur (1997-2001), le «point de départ» de ce recul est la loi «sécurité et liberté» de l'ancien ministre de la Justice Alain Peyrefitte en 1981.

La France n'avait alors «pas besoin de nouvelles lois pour mettre en prison des terroristes. Et ça n'est pas plus le cas aujourd'hui», poursuit M. Delarue.

«Désormais, il suffit de se trouver dans les environs d'une manifestation pour devenir un Français suspect faisant l'objet de mesures extraordinaires, comme des fouilles», déplore-t-il, citant la récente loi «anticasseurs» adoptée dans le contexte du mouvement social inédit des «gilets jaunes».

«Il est par ailleurs très inquiétant de voir des gouvernements donner toujours raison à leur police. Les policiers sont des gens très estimables, mais comme tout le monde, ils peuvent faire des erreurs et avoir tort», estime-t-il encore.

En outre, le président de la Commission «s'inquiète beaucoup» de l'absence de réaction face au recul des libertés fondamentales, «comme si toutes ces lois successives avaient fini par tétaniser la protestation, comme si tout cela n'intéressait pas l'opinion».

Or, «les droits de l'Homme, ce n'est pas un machin qu'on met en avant de temps en temps comme une cerise sur le gâteau, ce n'est pas une décoration ni un sapin de Noël qu'on installe une fois par an, c'est la base de tout», souligne Jean-Marie Delarue.

(nxp/afp)