Trafic d'organes au Kosovo

12 février 2011 16:20; Act: 12.02.2011 18:01 Print

«Les pays occidentaux ont toujours su»

Selon Dick Marty, les gouvernements occidentaux ont toujours su que des dirigeants du plus haut niveau au Kosovo étaient impliqués dans un trafic d'organes.

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Selon Dick Marty, les témoins qui se sont confiés à lui seraient «immédiatement en danger de mort». (Photo: Keystone)

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«Les pays occidentaux ont toujours su ce qui se passait au Kosovo mais personne n'a jamais rien fait», a dénoncé le Rapporteur du Conseil de l'Europe pour les droits de l'homme dans une interview au quotidien slovène «Delo».

Dans un rapport adopté le mois dernier à Strasbourg par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), M. Marty évoque un trafic présumé par des maquisards kosovars d'organes prélevés sur des prisonniers essentiellement serbes à la fin des années 90. Ce trafic aurait eu lieu en territoire albanais.

Le rapport appelle les autorités du Kosovo et de l'Albanie à ouvrir «des enquêtes sérieuses et indépendantes» sur ce trafic présumé d'organes prélevés sur des prisonniers détenus par l'Armée de libération du Kosovo (UCK) dont l'actuel Premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, était alors l'un des commandants.

Les autorités kosovares, et notamment M. Thaçi, ont rejeté le contenu de ce rapport, mais se sont déclarées «intéressées par la vérité à ce sujet quelle qu'elle soit».

M. Marty a assuré au quotidien slovène que le nom de l'actuel Premier ministre kosovar avait été mentionné durant des années dans des rapports de services diplomatiques ou de renseignement mais que «les responsables politiques occidentaux sont restés sans rien faire».

Selon le parlementaire suisse, les témoins qui se sont confiés à lui seraient «immédiatement en danger de mort» s'il communiquait leur noms à la mission Eulex de l'Union européenne, chargée d'assister les autorités kosovares en matière de justice.

«La seule solution serait une unité spéciale d'enquête depuis l'étranger, qui disposerait de pouvoirs spéciaux au Kosovo, ainsi que d'un programme sérieux de protection des témoins», a déclaré M. Marty au quotidien slovène.

Mais, a-t-il affirmé, les Européens «n'accepteront jamais une telle solution car ils savent que dans ce cas les gens qui se sont confiés à moi parleraient et révéleraient que beaucoup d'hommes politiques européens savaient tout le temps ce qui se passait au Kosovo».

(afp)