Affaire Bettencourt

12 juin 2011 17:37; Act: 12.06.2011 17:43 Print

«Ma fille est un peu dérangée»

L'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, a jugé que sa fille, avec laquelle elle s'oppose judiciairement, était «un peu dérangée» et lui a conseillé d'aller «voir un psy».

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L'ambiance n'est pas au beau-fixe entre mère et fille dans la famille Bettencourt. (Photo: AFP)

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La milliardaire française Liliane Bettencourt, 88 ans, héritière des cosmétiques L'Oréal, opposée à sa fille Françoise dans une bataille judiciaire à rebondissements, a estimé dimanche que cette dernière était «un peu dérangée» et lui a conseillé de «voir un psy».

Six mois après leur réconciliation en grande pompe, les hostilités ont repris entre la femme la plus riche de France et sa fille unique. Mardi, Françoise Bettencourt-Meyers a déposé une nouvelle requête devant un juge, accusant l'entourage proche de sa mère de mettre en péril les intérêts financiers de l'octogénaire.

Elle est très changeante

«Ma fille n'est pas heureuse... Elle est très changeante. Elle aurait besoin de se confier à un psy», réplique Liliane Bettencourt dans le Journal du Dimanche, ajoutant qu'elle a refusé de voir sa fille jeudi car «c'est fatigant de recevoir quelqu'un qui est psychiquement un peu dérangé».

«Ulcérée et malheureuse», Liliane Bettencourt avait prévenu sa fille cette semaine dans un entretien accordé au Point.fr qu'elle aurait «la monnaie de sa pièce».

La saga judiciaire familiale remonte à 2007, avec des procédures entamées par Françoise Bettencourt-Meyers. Elle accusait alors l'écrivain-photographe François-Marie Banier d'avoir abusé de la faiblesse de sa mère pour obtenir près d'un milliard d'euros de dons en assurances-vie et en tableaux dans les années 1990 et 2000.

Le conflit familial avait débordé sur le terrain politico-fiscal à l'été 2010, en impliquant l'ancien ministre Eric Woerth pour des soupçons de conflits d'intérêts.

Demande au juge des tutelles

Cette fois, la fille de la milliardaire met en cause plus particulièrement l'avocat de sa mère, Pascal Wilhelm, devenu le 20 janvier son protecteur, chargé de gérer son patrimoine. Elle lui reproche d'avoir investi, pour le compte de Liliane Bettencourt, près de 140 millions d'euros dans les jeux en ligne, dans une société dont Me Wilhelm est l'un des avocats.

Françoise Bettencourt-Meyers demande à la juge des tutelles de Courbevoie (près de Paris) de se pencher sur les conditions d'exécution du mandat de protection. La magistrate a rendu en mars une ordonnance constatant la nette altération des «facultés cognitives» de Liliane Bettencourt, souffrant d'une «maladie cérébrale et d'une grande surdité».

(afp)