Paris

19 août 2019 13:56; Act: 19.08.2019 13:56 Print

«Notre-Dame n'est pas sauvée, on perd du temps»

Mis en suspens en raison de taux de concentration importants de plomb, les travaux ont repris lundi matin sur la cathédrale. Et l'avenir de l'édifice reste incertain.

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Une cinquantaine d'ouvriers ont repris lundi les travaux de sécurisation de Notre-Dame de Paris qui étaient interrompus depuis le 25 juillet en raison des risques de contamination au plomb. «Les travaux ont repris à 8h ce lundi avec une cinquantaine d'ouvriers maximum», a indiqué le ministère de la Culture contacté par l'AFP. Le préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot, a donné son feu vert à leur reprise après une visite sur le chantier.

«Les nouveaux moyens de décontamination installés permettent la montée en charge du chantier tout en assurant la santé des travailleurs», a affirmé le préfet à l'issue de sa visite. Des dispositifs drastiques (pédiluves, douches, tenues jetables, stricts protocoles d'entrée et de sortie du site...) ont été mis en place. «Les tourniquets (pour entrer et sortir du chantier à l'aide de badges) seront installés dans la semaine», a précisé le ministère de la Culture.

Unité de décontamination mise en place

Le passage sur le chantier se fait par une entrée unique. Les personnes pénétrant dans le chantier doivent obligatoirement passer par une unité de décontamination. Toute personne pénétrant dans le chantier doit se déshabiller entièrement et se rhabiller avec des vêtements jetables et non plus porter une simple combinaison étanche comme c'était le cas avant le 25 juillet. Ces nouvelles mesures doivent garantir la sécurité du personnel travaillant dans l'édifice et empêcher la dispersion de poussières de plomb hors du chantier, hermétiquement bouclé.

Les travaux de consolidation consistent à placer des cintres sous les arcs-boutants, installer des plafonds provisoires au-dessous et au-dessus de la voûte (pour pouvoir la contrôler et en dégager les gravats), démonter l'échafaudage édifié autour de la flèche qui a été soudé par le feu. Tout cela en évitant toute chute de pierres ou tout déséquilibre qui abîmerait la structure gothique. A l'issue de la phase complexe et longue de consolidation, les premiers travaux de restauration ne débuteront pas avant le premier semestre 2020.

«Les arcs-boutants, on ne les a pas encore stabilisés»

Il reste à définir la nature des travaux de restauration, les matériaux, les sociétés retenues, la reconstruction ou non de la flèche à l'identique et le concours d'architectes qui doit le déterminer, la construction d'une cathédrale éphémère sur le parvis pour les fidèles et les touristes, etc... Mercredi, le ministère de la Culture avait jugé d'une «impérieuse nécessité» la réouverture du chantier en mettant en avant un risque potentiel d'effondrement de l'édifice.

L'entreprise Pierrenoel, spécialisée dans la taille de pierre et la maçonnerie, sera sur place avec sept salariés. Et son patron, Didier Durand, ne cache pas son impatience: «Là où je commence à bouillir, c'est que Notre-Dame de Paris n'est pas sauvée! Les arcs-boutants, on ne les a pas encore stabilisés, et surtout, il faut que les 250 tonnes d’échafaudages puissent être retirés. Et là, on perd beaucoup de temps», explique-t-il à Franceinfo.

Le ministère de la Culture indique pour sa part que «de nouvelles chutes de pierre des voûtes de la nef se sont très récemment produites suite à l'épisode de canicule.»

(joc/afp)