Trump attaque le patron de la Fed

23 août 2019 20:29; Act: 23.08.2019 22:18 Print

«Notre pire ennemi est-il Powell ou le président Xi?»

En pleine guerre commerciale avec la Chine, le président américain a tiré une nouvelle salve contre le chef de la Banque centrale américaine, qu'il a pourtant choisi pour diriger l'institution.

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Le patron de la Fed a prévenu que l'institution n'avait pas de mode d'emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, vendredi, dans un discours qui était très attendu par les marchés et Donald Trump. (Photo: AFP)

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Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a promis vendredi d'agir pour soutenir l'expansion de l'économie des Etats-Unis mais prévenu que la Fed n'avait pas de mode d'emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, qui se sont exacerbées vendredi.

Si les perspectives économiques américaines restent favorables, M. Powell a décrit dans un discours à Jackson Hole (Wyoming) une aggravation de la situation internationale en partie due «aux incertitudes commerciales».

Au même moment, Pékin a annoncé vendredi son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis d'ici la fin de l'année. Dans la foulée et dans un signe d'escalade, le président américain Donald Trump a affirmé sur Twitter préparer une réponse et entre temps «ordonner» aux entreprises américaines «de chercher des alternatives» à leur production en Chine. Il n'a pas précisé comment il comptait imposer cela.

«Un nouveau défi»

M. Powell a noté que les tensions commerciales semblaient «jouer un rôle dans le ralentissement mondial et la faiblesse du secteur manufacturier et des investissements des entreprises aux Etats-Unis». Mais, dans ce contexte, il a prévenu que la politique monétaire n'avait «pas de mode d'emploi» tout prêt et que la guerre commerciale constituait «un nouveau défi» pour la Fed.

«Nous pouvons toutefois (...) nous concentrer sur la manière dont les questions commerciales affectent les perspectives et ajuster notre politique», a ajouté le numéro un de la Fed lors de cette conférence traditionnelle de la Fed de Kansas City dans la station de montagne du Wyoming.

Attaques de Donald Trump

Les marchés tablent sur l'annonce d'une baisse des taux d'intérêt lors de la prochaine réunion monétaire du 18 septembre, après celle d'un quart de point de pourcentage décidée fin juillet, décrite par M. Powell comme «un ajustement de milieu de cycle».

Le président Donald Trump a pour sa part immédiatement repris ses attaques contre la Fed et Jerome Powell, qu'il a pourtant choisi pour la diriger. «Comme d'habitude, la Fed n'a RIEN FAIT», s'est insurgé le président américain sur Twitter après le discours prudent de Powell.

L'hôte de la Maison Blanche s'est demandé dans un tweet si le patron de la Fed n'était pas «un pire ennemi» que le président chinois Jinping Xi.

M. Trump s'est aussi offusqué que la Banque centrale ne se renseigne pas sur «ce que je fais et qui sera annoncé bientôt». Il s'est aussi indigné «d'un dollar fort et d'une Fed faible», estimant que des taux d'intérêt trop hauts (actuellement en dessous de 2,25%) renforcent indûment le billet vert. Car un dollar fort handicape les Etats-Unis en pleine guerre commerciale.

Détérioration internationale

Sur le front international, M. Powell a dressé une longue liste d'obstacles économiques, citant «les nouveaux signes de ralentissement en Allemagne et en Chine», mais aussi «les circonstances géopolitiques» comme «la possibilité grandissante d'un Brexit dur» ou encore les tensions à Hong Hong et la crise politique en Italie.

Il a pris note également de la volatilité des marchés boursiers et la chute des rendements sur les bons «dans le monde entier».

Wall Street avait d'abord réduit ses pertes vendredi matin après la prise de parole de Jerome Powell, les investisseurs semblant accueillir ses propos comme la confirmation d'un geste accommodant sur les taux. Mais la tendance s'est inversée, après des tweets menaçants de Donald Trump sur la guerre commerciale avec la Chine. Le Dow Jones perdait 1,17% en fin de matinée.

Le patron de la Fed a aussi montré l'engagement de la Banque centrale à soutenir l'inflation, dont le niveau trop bas «est le vrai problème de l'époque». «L'inflation est restée inférieure à 2% en moyenne ces 25 dernières années et cette hausse des prix a été le principal souci de la dernière décennie», a-t-il expliqué alors que la Fed juge qu'une cible de 2% d'inflation est saine pour l'économie.

L'inflation annuelle est tombée à 1,4% en juin aux Etats-Unis, selon l'indice PCE, baromètre favori de la Fed.

La plupart des économistes estiment qu'une nouvelle modeste baisse des taux en septembre est désormais acquise.

Pour Ian Shepherdson, économiste en chef chez Pantheon Macroeconomics, la mention que la situation économique internationale s'est davantage détérioriée «semble constituer un indice très fort que la Fed va être plus accommodante en septembre». «Rien ne suggère dans ce discours que la Fed va faire une pause (sur les baisses de taux) en septembre. Les faucons ont donné de la voix récemment mais ils sont minoritaires», ajoute-t-il, faisant référence à la division du Comité monétaire de la Banque centrale, dont deux membres avaient voté contre la baisse de taux en juillet.

Pour Mark Zandi de Moody's Analytics, M. Powell «a donné aux investisseurs ce qu'ils voulaient».

(20 minutes/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Maurice le 23.08.2019 20:44 Report dénoncer ce commentaire

    Méconnaissance fondamentale

    La Fed, ton pire ennemi Donald ? Quelle ingratitude pour une institution qui agit en véritable garde-fou de ta politique ! Sans elle, ce serait open bar sur l'endettement à gogo, ce qui aggraverait d'autant le prochain retournement conjoncturel. Trump a déjà considérablement aggravé dette et déficit en augmentant drastiquement le budget militaire et en concédant de gros rabais d'impôts aux entreprises. La Fed lui a déjà concédé une baisse de 0,25% que rien ne justifiait d'un pur point de vue conjoncturel. Mais les leitmotiv de Trump c'est "tout, tout de suite" et "jamais assez" !

  • Thierry le 23.08.2019 20:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    lui-même est le pire ennemi

    notre pire ennemi se prénomme Donald....

  • Le Donald le 23.08.2019 20:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et quoi après ?

    et si le monde entier arrêtait d'écouter le Donald ?

Les derniers commentaires

  • Fesseur Pro le 24.08.2019 18:09 Report dénoncer ce commentaire

    Pas un homme d'Etat

    Trump ne connait rien à rien, c'est vraiment un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le problème c'est que ce n'est pas un homme d'Etat qui entend faire passer un message politique et des convictions. C'est plutôt un clown qui s'amuse à être président et qui va tout faire pour se faire réélire et garder son jouet. Pour cela il s'adresse uniquement à ses électeurs, qui ne savent même pas à quoi sert la Fed...

  • dav le 24.08.2019 17:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    usa

    Pire ennemi de la terre c'est les usa...

  • riri le 24.08.2019 16:12 Report dénoncer ce commentaire

    il se prend pour picsou

    donald de disney est con mais celui la remporte haut la main la couronne

  • Jean Luc le 24.08.2019 14:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cherche pas si loin

    Le pire ennemi est peut-être Donald Trump.....

  • yesyes le 24.08.2019 13:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    menteur

    Le dollars est pas fort comme il dit... google USD CHF