Venezuela

18 février 2019 22:07; Act: 18.02.2019 22:36 Print

«Nous devons éviter une escalade militaire»

L'Union européenne se dit très inquiète des troupes américaines qui se trouvent actuellement près de la frontière entre la Colombie et le Venezuela.

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L'Union européenne a mis en garde lundi contre les dangers d'une escalade militaire au Venezuela. Ses ministres des affaires étrangères ont souligné que Bruxelles allait poursuivre sa participation aux initiatives internationales pour tenter de régler pacifiquement la crise dans ce pays.

«Nous avons exclu de manière catégorique tout soutien de l'Union européenne ou toute acceptation à l'égard d'une escalade militaire au Venezuela», a averti la cheffe de sa diplomatie Federica Mogherini. Elle s'exprimait au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE à Bruxelles.

Le chef de la diplomatie espagnole Josep Borell s'est déclaré préoccupé par les informations faisant état d'un «déploiement de militaires américains à la frontière entre la Colombie et le Venezuela». «Ces informations doivent être confirmées (...) Mais nous devons par tous les moyens éviter une escalade militaire au Venezuela», a-t-il déclaré à son arrivée à cette réunion.

Mission prévue

Coprésidents du groupe de contact international, l'Union européenne et l'Uruguay vont envoyer une mission technique «cette semaine» à Caracas. Elle devra «évaluer le soutien à apporter pour ouvrir la voie à une transition démocratique et pacifique» et notamment à l'organisation d'«une élection présidentielle libre», a précisé Mme Mogherini.

«L'Union européenne déplore la décision des autorités du Venezuela de refouler dimanche cinq députés conservateurs européens». Mais «la mission UE-Uruguay ne devrait pas rencontrer de difficultés», a-t-elle assuré. Les membres de la mission doivent «rencontrer les différents acteurs», a poursuivi Mme Mogherini. «Nous cherchons une sortie pacifique de cette crise», a-t-elle insisté.

Seule une élection

«On ne sortira de la crise politique au Venezuela que par une élection présidentielle (...) et cette sortie démocratique, pour nous, est confiée à M. Juan Guaido (le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, ndlr) car il a aujourd'hui la légitimité pour organiser cette élection», a pour sa part soutenu le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

«Il n'est pas question que (le président Nicolas Maduro) joue la montre et soit au final le vainqueur. Pour cette raison, il est important que nous maintenions la pression sur le régime», a affirmé son homologue allemand Heiko Maas, évoquant la possibilité de prendre de nouvelles sanctions.

Federica Mogherini a écarté toute mesure qui frapperait la population et l'économie du Venezuela, mais n'a pas exclu d'ajouter de nouveaux noms à la liste des personnalités du régime de Nicolas Maduro interdites de séjour dans l'UE. «Il s'agira de sanctions ciblées justifiées par une responsabilité particulière dans les violences ou par l'obstruction à la démocratie», a-t-elle précisé.

L'unanimité est toutefois nécessaire pour adopter de telles mesures et plusieurs Etats membres sont opposés à toute nouvelle sanction, a-t-on fait savoir de sources diplomatiques.

Nouvel essai après un refoulement

Quant aux cinq députés conservateurs refoulés dimanche à leur arrivée à Caracas, ils ont annoncé lundi qu'ils tenteraient à nouveau d'entrer au Venezuela samedi. Ils sont invités à profiter de l'aide humanitaire américaine entreposée en Colombie.

Le ministre colombien des Affaires étrangères m'a appelé et m'a dit: '«venez en Colombie samedi prochain», a déclaré à la presse à Madrid l'eurodéputé espagnol Esteban Gonzalez Pons. «Nous avons accepté l'invitation et (...) nous allons essayer de passer avec des vivres et des médicaments depuis Cucuta», ville de Colombie frontalière du Venezuela.

M. Gonzalez Pons dirigeait une délégation de cinq députés du Parti populaire européen (PPE), trois Espagnols, une Néerlandaise et un Portugais, que le gouvernement du président Nicolas Maduro a refoulée à l'aéroport de Caracas. Madrid et Paris ont dénoncé lundi leur expulsion.

(nxp/ats)