Brexit

10 avril 2019 13:26; Act: 10.04.2019 14:04 Print

«Nous serons le cheval de Troie au sein de l'UE»

Des Brexiters sont prêts à tout pour saboter le travail du Parlement européen de l'intérieur sur le sujet épineux du divorce entre l'UE et le Royaume-Uni.

storybild

(Photo: Keystone/Andy Rain)

Sur ce sujet
Une faute?

C'est la stratégie du cheval de Troie: des Brexiters comptent se faire élire aux élections européennes si elles ont lieu au Royaume-Uni en mai pour siéger au Parlement européen et saboter, de l'intérieur, son travail.

L'image, évoquée par le député conservateur europhobe Mark Francois, renvoie à la ruse de guerre du Grec Ulysse, qui parvint à prendre la ville de Troie après s'y être introduit, accompagné d'autres guerriers, caché dans un grand cheval de bois présenté comme un cadeau aux Troyens.

«Si nous restons dans l'UE contre notre volonté, démocratiquement exprimée, parce que certains dans l'UE espèrent que nous changerons d'avis... Ils vont le regretter», a déclaré mardi Mark Francois lors d'une conférence de partisans du Brexit, à Londres, trois ans environ après le référendum de juin 2016 ayant décidé de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

«Nous deviendrons le cheval de Troie au sein de l'UE et ferons échouer leurs tentatives de poursuivre un projet plus fédéraliste» pour l'Union, a asséné Mark Francois, alors que les dirigeants européens examinent mercredi une demande britannique de repousser le Brexit au 30 juin.

Ce délai, réclamé par la Première ministre Theresa May après trois rejets par les députés du plan de sortie de l'UE qu'elle a conclu avec Bruxelles, implique que le Royaume-Uni participe aux élections européennes le 23 mai. Même si le gouvernement britannique a assuré vouloir quitter l'UE avec un accord avant le 22 mai, ce qui lui permettrait d'annuler ce scrutin.

Mais pour Mark Francois, les 27 «doivent garder à l'esprit toutes ces vérités dérangeantes» avant de prendre leur décision sur le report, a-t-il prévenu.

«Impossibles»

Ces «vérités dérangeantes» ont d'abord été pointées par Jacob Rees-Mogg, autre député conservateur farouchement opposé à l'accord de Theresa May.

«Si un long délai nous coince dans l'UE, nous devons être impossibles», a-t-il twitté vendredi alors que Mme May venait d'écrire au président du Conseil européen Donald Tusk pour demander un report et éviter une sortie sans accord le 12 avril.

Jacob Rees-Mogg a ainsi promis des vétos britanniques sur «n'importe quelle augmentation du budget» européen, d'«entraver l'armée européenne putative» et de «bloquer les plans intégrationnistes de Macron», le président français.

Son message n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Guy Verhofstadt, référent sur le Brexit au Parlement européen, a retwitté ses propos, en alertant : «Ceux qui seraient tentés d'étendre encore la saga du Brexit, je peux seulement (vous) dire, faites attention à ce que vous voulez». «Je n'aurais pas mieux dit», a gloussé M. François.

«Etincelles»

Jacob Rees-Mogg et Mark Francois ont voté trois fois contre l'accord de retrait de Theresa May. Mais, lors du troisième vote, seuls 26 conservateurs sur 314 l'ont recalé. Et la Première ministre espère qu'ils seront encore moins nombreux si elle présente une quatrième fois son traité.

La possibilité de voir le Brexit encore repoussé semble toutefois avoir fait monter la colère des députés Tories. Mardi, ils étaient 97 à voter contre une mesure visant à éviter un scénario de divorce sans accord.

Un mécontentement dont l'eurodéputé et chantre du Brexit Nigel Farage compte bien tirer profit. «Si nous devons disputer ces élections européennes le 23 mai, nous les disputerons parce qu'il est temps que nous leur donnions une leçon», a-t-il déclaré dans une vidéo de campagne.

Et même ceux qui ne comptent pas se présenter aux élections européennes sont séduits par l'idée d'un Royaume-Uni trublion et nuisible au sein même des instances européennes. «Je dois admettre que si je devais (me présenter), il y aurait des étincelles au Parlement européen», a ainsi dit à ses collègues le député conservateur William Cash.

(afp)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • PB le 10.04.2019 14:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sûr que

    Indiquer aux camps adverses leur stratégie de destruction avant même de pouvoir réaliser leur sabotage, c est tuer le poussin dans l oeuf...

  • Soon le 10.04.2019 15:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et après....

    On s'étonne que le monde, que dis- je, l'Europe ne tourne pas rond. Décidément la politique et surtout les politiciens sont chaque fois plus détestables.

  • Marc K. le 10.04.2019 14:58 Report dénoncer ce commentaire

    Mais qui fait cette demande????

    Marrant qu'ils pleurent sur l'Europe alors que c'est leur gouvernement qui fait cette demande. Il ne fallait pas voter la confiance à Thérésa May, et ensuite venir pleurer. Mais bon quand on est pas capable de déployer un once de logique, cela n'est pas étonnant.

Les derniers commentaires

  • Asavouar le 11.04.2019 17:57 Report dénoncer ce commentaire

    Vision politique

    Attendre autre chose de la part des nationalistes que de la destruction ? Oui, la mafia car ces deux courants sont identiques et font bon ménage. Les contribuables ne vont rien recevoir en retour. Seule l'élite va en profiter. C'est leur vision et il y a peu d'élus mais beaucoup de moutons bons à tout faire.

  • Oligator le 10.04.2019 17:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Anti EU

    Bravo torpillez cette dictature de l UE de l intérieur pour qu elle implose une fois pour toute!

    • Avygael le 11.04.2019 02:41 Report dénoncer ce commentaire

      @Oligator

      Justifiez donc l'utilisation du terme dictature à l'encontre de l'UE! A l'heure actuelle, la dictature, c'est en GB qu'elle a lieu et c'est ce que vous soutenez! On parle de parlementaires qui refusent de s'accorder sur quoi que ce soit et d'appliquer la volonté populaire. En gros, vous soutenez une "dictature" contre une entité démocratique!

    • Oligator le 11.04.2019 03:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Avygael

      L UE refuse de faire voter le peuple sur des sujets important, menace ceux qui ne veulent pas en faire partie ou en sortir, impose ses lois par la force et agresse la Russie ou les USA. Ça suffit ou il en faut d autres de raisons? Parce que je peux en lister d autres... l UE méprise et harcele les agriculteurs et les pêcheurs, etc...

    • Avygael le 11.04.2019 09:05 Report dénoncer ce commentaire

      @Oligator

      Le refus de faire voter le peuple, ça s'appelle une démocratie représentative, hors c'est la forme de démocratie la plus courante dans le monde: appeler les gens à voter tous les 3 mois, c'est une particularité helvétique et vous ne pouvez pas leur tenir rigueur de ne pas appliquer le système suisse. Selon votre logique, il n'y a donc que des dictatures à travers tout l'occident!

    • Avygael le 11.04.2019 09:07 Report dénoncer ce commentaire

      @Oligator

      Pour ce qui est des menaces, citez-m'en donc. Il faut clairement distinguer le fait de menacer et de prévenir. Dans le cas de la GB, l'UE n'a rien menacé du tout et c'est même montrée plus que conciliante. Pour les USA et la Russie, citez-moi un exemple d'agression. Et pour les agriculteurs et pêcheurs, en quoi l'UE est-elle pire que les gouvernements des pays qui la composent? Et quand l'UE a-t-elle imposé ses lois par la force? Chaque pays membre a l'occasion de partir s'il le souhaite et la GB en est un exemple. Par contre, il est normal que les décisions prises par les 27 soient appliquées

    • Claude le 12.04.2019 17:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Oligator

      Café du commerce de bas étage.

  • Fabienne le 10.04.2019 17:26 Report dénoncer ce commentaire

    Détruisons cette dictature

    Il a raison, il faut tout faire pour détruire cette dictature qu'est devenue l'europe qui ne profite qu'aux multinationales pleines de fric.

    • Fabien le 10.04.2019 20:44 Report dénoncer ce commentaire

      Ah bon ??

      Dis donc Fabienne... tu vas bien ?

    • Avygael le 11.04.2019 02:42 Report dénoncer ce commentaire

      @Fabienne

      Même question qu'à Oligator: justifiez donc l'utilisation du terme "dictature" à l'encontre de l'UE. Ce n'est pas la première fois que je pose la question mais à ce jour, personne n'a encore fourni la moindre réponse à cette question... probablement parce que vous ne faites que reprendre ce que d'autres ont dit avant vous sans comprendre.

  • Bobby Lewitt le 10.04.2019 17:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les jeux sont faits...

    En vérité je vous le dis, il n'y aura pas de Brexit....car les deux camps ,UK et UE ont plus à perdre qu'à gagner dans ce marché de dupes...c'est une stratégie vieille comme le monde on laisse pourrir la situation, un deuxième vote sera organisé, cette fois le NO Brexit l'emportera et l'honneur des anglais sera sauf....enfin, admettons.

    • Avygael le 10.04.2019 22:15 Report dénoncer ce commentaire

      @Bobby Lewitt

      J'espère que ce ne sera pas le cas... J'espère sincèrement que l'UE refusera de prolonger le délai et que le Brexit doive se faire maintenant. Ces ahuris qui font des menaces à l'encontre de l'UE seraient alors les responsables de la situation et devraient rendre des comptes face au peuple britannique. Il y en a marre de voir ces ahuris de parlementaires britanniques tous plus gamins les uns que les autres, incapables de s'entendre sur quoi que ce soit. A croire qu'ils s'opposent les uns aux autres par principe, peu importe le sujet.

  • Pied au fesse le 10.04.2019 16:59 Report dénoncer ce commentaire

    Malheureux

    Tous ces extrémistes ont la même tête en Suisse et ailleursz